avril 2017
Mehdi Qotbi

« Nous sommes fiers d’être à la croisée des talents »

Par Zyad LIMAM
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Nommé président de la Fondation nationale des musées au Maroc, par le roi Mohammed VI en 2011, le peintre Mehdi Qotbi développe la culture à vitesse grand V dans le pays. 
 
AM : On connaissait plusieurs facettes du roi Mohammed VI. Roi des pauvres, roi diplomate, roi tourné vers l’Afrique, roi entrepreneur… Ce roi culturel, qui investit dans l’art, dans les musées, en est une nouvelle, qu’il n’avait peu ou pas montrée auparavant.
 
Mehdi Qotbi : Je me souviens d’une histoire particulière et révélatrice sur le tempérament de Mohammed VI. Dans les années 1990, il y a eu un accident grave de car. Celui qui était alors prince héritier est allé à l’hôpital s’enquérir de la santé des blessés. Pour tous les Marocains, ça a été incroyable de voir le futur roi embrasser un citoyen lambda. C’est une dimension essentielle du personnage, la proximité et l’humanisme. C’est dans ce contexte que l’on peut comprendre ce retour à la culture. Comme le retour à l’Afrique… C’est le roi qui a donné le « la » pour la renaissance culturelle du Royaume. Jamais les artistes n’ont été admis au palais comme ils le sont aujourd’hui. Aujourd’hui, le Marocain lui-même commence à être collectionneur. Aujourd’hui, les musées marocains sont en train de prendre une envergure mondiale.
 
Justement, en 2011, vous – le calligraphe, le lobbyiste, le grand voyageur – vous êtes nommé à la tête de la Fondation nationale des musées du Royaume, cela ne vous fait pas peur ? Tout alors est à faire…
 
J’ai été surpris mais ce n’est pas le mot peur qui s’impose. C’était le défi qu’il fallait relever. Le plus important pour moi était de ne pas décevoir mon roi. J’ai une immense affection pour lui. En 1986, au cours d’une conversation, il m’a demandé quelles étaient mes origines et je lui ai raconté que je suis issu d’un milieu très modeste. Son attitude n’a pas changé à mon égard. Il m’a accepté tel que je suis. Je lui dois de m’avoir donné confiance en moi et d’assumer avec fierté mes origines, mon passé. Je lui en reste toujours redevable.
 
La fondation est, par nature, un appareil institutionnel, bureaucratique. Or, vous n’êtes pas, disons, un administrateur. Comment vous en êtes-vous sorti ? 
 
Quand on est animé par la passion, la rigueur, l’amour de son pays et de son roi, on y arrive. Pas besoin d’être entouré de beaucoup de gens pour cela. J’ai été nommé en décembre 2011 et j’ai dû trouver de bons commissaires pour démarrer immédiatement et préparer les expositions « Le Maroc médiéval », avec le Louvre, et « Le Maroc contemporain », à l’Institut du monde arabe (IMA) qui ont eu lieu fin 2014, début 2015. Il fallait ouvrir en même temps le musée Mohammed VI d’Art moderne et contemporain (MMVI) de Rabat (en octobre 2014). Je suis certainement allé trop vite, comme un ouragan, mais en deux ans, on a réussi, avec des œuvres prêtées par des particuliers. Je suis allé frapper aux portes, chez des amis collectionneurs, en disant : « Sa Majesté vous donne un écrin exceptionnel pour exposer. » À l’époque certains responsables sont partis en courant en me répondant : « Vous êtes fous, vous n’avez pas de collection, comment voulez-vous ouvrir aussi vite ! »
 
Ce sont toujours les mêmes œuvres exposées actuellement ou cela a changé ?
 
Nous avons rendu la plupart des œuvres prêtées pour l’inauguration. Petit à petit, nous les remplaçons. Des privés ont fait des dons à la fondation. L’Académie du Royaume du Maroc a une exceptionnelle collection constituée par l’ancien secrétaire perpétuel [le Pr Abdellatif Berbich, décédé le 1er janvier 2015, NDLR]. Sur instruction royale, toutes les œuvres ont été transférées à Rabat. Ça a été un geste magnifique de l’Académie. 
 
Est-ce que, dorénavant, vous achetez des œuvres ?
 
Oui, en fonction de nos moyens. Nous avons créé une commission pour cela. Côté administratif, j’ai de très bonnes relations avec le ministre de l’Économie et des Finances, la Direction du budget et la Direction des entreprises publiques et de la privatisation (DEPP). Ils ont compris l’importance que le roi accorde à la culture. Ils nous soutiennent et nous facilitent les choses.
 
Que retenez-vous de positif sur ces premières années à la tête de la fondation ?
 
Beaucoup de choses ! Tout d’abord, avec l’appui du roi, nous  avons installé le Maroc sur la scène internationale. Pour « Le Maroc médiéval » au Louvre, à Paris, il y a eu près de 170 000 visiteurs : un vrai succès. À l’IMA, « Le Maroc contemporain » a eu un retentissement considérable. Et puis, « Maroc-Russie, une histoire antique partagée », en 2016 au musée Pouchkine de Moscou, qui devait juste durer quinze jours, s’est prolongée deux mois… Il y a aussi les partenariats, notamment avec le Louvre, pour la restauration des œuvres et la formation des restaurateurs. C’est un aspect essentiel car nous en avons besoin.
 
Au début, on pouvait craindre que l’ouverture du musée Mohammed VI ne phagocyte les autres musées et les autres projets…
 
Au contraire. Le succès de l’un a permis d’accélérer le programme des autres. Comme la restauration du musée de Tanger qui était un vieux palais et qui est devenu le musée des Cultures méditerranéennes. La rénovation a été financée à 80 % grâce à des fonds privés. Aujourd’hui, les visiteurs s’y pressent. Le parcours est digne des plus grands musées du monde. Les lieux racontent une véritable histoire, ce ne sont plus juste des objets déposés au hasard. L’ancien musée archéologique de Rabat va devenir le musée de l’Histoire et des civilisations. Nous avons là – ce que les Marocains ignorent – la troisième collection au monde de bronzes de l’époque romaine. Nous continuons avec la rénovation du musée national de la Céramique de Safi, en collaboration avec la Fondation OCP. C’est un projet essentiel car la culture va aider à redynamiser la ville. Notre stratégie se base sur la complémentarité des musées. Partout dans le pays, nous avons des lieux, des salles archéologiques ou ethnographiques. L’objectif est de donner à chacun son véritable rôle pour que les Marocains s’approprient leur histoire et la diversité de leurs cultures.
 
Et du côté de Marrakech ?
 
Nous y avons mené la restauration de Dar el Bacha qui est devenue le musée des Confluences. Nous avons bénéficié de l’appui décisif de mécènes, notamment la fondation Xavier Guerrand-Hermès qui nous a apporté 500 000 euros. L’inauguration est prévue à l’automne 2017, avec l’exposition « Lieux saints partagés » (qui a également été programmée au musée national du Bardo à Tunis), en partenariat avec le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) de Marseille.
 
Et de ces premières années de la fondation, avez-vous des regrets, des frustrations ?
 
Aucun regret ! Nous avons fait du mieux que l’on pouvait. On aurait peut-être pu gagner du temps si certaines administrations avaient tout de suite compris que personne n’est propriétaire des musées, qu’ils appartiennent à tous les Marocains. Mais, Dieu merci, aujourd’hui, le message est passé.
 
Certains vous reprochent d’avoir pris la place du ministère de la Culture, qu’après avoir été le « monsieur Lobby », vous êtes devenu le « monsieur Culture » du Royaume. 
 
D’abord, je ne prends la place de personne. Je fais le travail que l’on m’a confié ! Le défi était réel, les musées étaient dans un tel état… L’essentiel était de s’élever rapidement au niveau des meilleurs. En 2015, nous avons eu le sculpteur César ; en 2016, Giacometti, et cette année nous avons Picasso. En 2018, il y aura une exposition sur la modernité méditerranéenne, prêtée par le Centre Pompidou. Si tout va bien, en 2019, nous accueillerons les impressionnistes, avec Monet, puis en 2020, Delacroix…
 
Comment arrive-t-on à financer une exposition sur Picasso ?
 
C’est un budget considérable, qui englobe le transport, les assurances, les droits photo, le musée à Rabat qui a des exigences… Le président Hollande a apporté son soutien. L’ambassade de France a été précieuse. Des entreprises privées ont participé activement, la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI), Dior… J’ai réussi à mobiliser des gens qui ont cru en cette belle aventure.
 
C’est la première exposition de Picasso sur le continent ?
 
C’est la première exposition d’œuvres originales et de peintures du maître en Afrique et dans le monde arabe ! Quand le musée Picasso de Paris prête des œuvres uniques, inestimables, il témoigne de sa confiance vis-à-vis du Royaume, de la sécurité du pays, du travail de la fondation… Il reconnaît l’importance du cap stratégique pris par le Maroc, et en particulier par le roi, concernant la culture. 
 
On raconte que vous êtes tyrannique sur le plan scénographique, que vous décidez de tout…
 
Au contraire, je connais mes limites et j’ai toujours fait appel à de véritables scénographes. Mais je suis très exigeant et je donne mes idées. C’est plus fort que moi. Je suis un moteur ! Mais je laisse faire les professionnels. J’en profite pour rendre un hommage appuyé à Abdelaziz Idrissi, le directeur du musée Mohammed VI, très compétent, très précieux. J’apprends tous les jours avec lui.
 
C’est à la demande du roi que vous avez organisé le grand événement qu’est « L’Afrique en capitale » (jusqu’au 28 avril), et vous n’avez eu que quelques mois pour le faire… Comment peut-on concevoir une manifestation de cette ampleur en aussi peu de temps ?
 
Dans l’esprit du roi tout était programmé. « Afrique en capitale » fait partie d’un grand mouvement de retour du Maroc vers le continent. Son discours au sommet d’Addis-Abeba (en janvier 2017) nous a tous émus : « L’Afrique est ma maison et je reviens chez moi. » Et donc, là aussi, il ne fallait pas le décevoir. 
 
On arrive à faire tous ces projets avec une équipe de quelques dizaines de personnes ?
 
Mais je n’ai pas des dizaines de collaborateurs ! La fondation tourne essentiellement avec quatre ou cinq personnes dévouées. En revanche, pour « L’Afrique en capitale », nous avons pris un coordinateur expérimenté. Et il faut également rendre hommage aux partenaires qui nous ont très vite rejoints. Tous les organismes concernés se sont mobilisés, ministère de la Culture en tête. Évidemment, avoir le soutien du roi est très utile. 
 
Picasso, Giacometti, César… Cette programmation plutôt élitiste pourrait apparaître comme une « forme culturelle de communication politique » ?
 
Non, absolument pas. Les Marocains ont rêvé d’avoir sur leur sol de telles œuvres. Ils sont fiers d’être à la croisée des talents, fiers de cette ouverture sur le monde. Au moment où, par ailleurs, on détruit le patrimoine commun de l’humanité en Irak, en Syrie, au Mali, au Yémen…
 
Mais ces maîtres ne sont-ils pas destinés à être vus par un public d’initiés ?
 
Vous avez tort. Les belles choses interpellent tout le monde. L’entrée au musée de Rabat est gratuite le vendredi. Vous devriez voir le nombre de Marocains qui se précipitent pour aller admirer les œuvres. Il n’y a pas de haut de gamme, de moyen de gamme ou de bas de gamme, il n’y a que la culture ! Et puis nous n’avons pas négligé l’art qui émane du Royaume. Dès l’ouverture du musée Mohammed VI, nous avons rendu hommage à la création marocaine, en particulier à l’Institut national des beaux-arts de Tétouan. Ensuite, l’exposition « Femmes, artistes marocaines de la modernité » a eu un retentissement international, en Espagne et jusqu’à New York… D’autre part, dans la convention que nous avons signée avec le Centre Pompidou, il y a le prêt d’œuvres, la formation et mais aussi l’acquisition d’œuvres d’artistes marocains. C’est essentiel.
 
Est-ce qu’on peut imaginer une collaboration Sud-Sud en matière de politique culturelle ?
 
Chaque chose arrivera en son temps. Le Maroc commence à avoir une réelle expertise qu’on peut partager avec nos frères africains. « Partage », j’aime ce mot. Nous allons partager plus qu’enseigner. Pour le moment, un master en muséologie est créé à l’université Mohammed V de Rabat. Nous allons être un pôle d’attraction. Les Africains vont apprendre avec nous, et en même temps que nous, les métiers inhérents à la muséologie moderne. Quand Bernard Blistène, directeur du musée national d’Art moderne de Paris, vient faire un séminaire au Maroc, il montre comment il faut travailler, il transmet sa passion. Des stagiaires vont pouvoir assister à l’accrochage et à la mise en place de « Face à Picasso », une exposition de grande ampleur. 
 
Vous êtes devenu en fait un collecteur de fonds professionnel, un fundraiser à l’américaine ?
 
Je ne sais pas… Parfois, le plus souvent même, les choses se passent simplement. J’ai une anecdote à ce sujet. Pour pouvoir exposer l’un des plus grands photographes africains, le Malien Malick Sidibé dans le cadre de « L’Afrique en capitale »1, j’avais besoin d’argent pour l’assurance et le transport. Je rencontre par hasard un ami collectionneur et je lui explique mon projet. Il me répond tout de suite : « Magnifique, bravo ! » Et il nous a aidés. Voilà !
 
En tout cas, de votre parcours ressort au moins un réel talent en relations humaines…
 
Je réussis ce que j’entreprends parce que je travaille par passion et non par calcul. Quand l’exposition « Le Maroc contemporain » à l’IMA se préparait, j’ai réuni les commissaires et j’ai demandé qu’ils ne mettent pas mes peintures ou mon nom. Je suis là pour servir et non pas pour me servir. 
 
Vous avez bien des défauts tout de même ?
 
Bien sûr, j’en ai plein ! Disons que je suis embêtant, car rigoureux, excessif aussi. Il y a des nuits où je ne dors pas, et si je pouvais réveiller les gens qui travaillent avec moi à 5 h du matin pour leur parler de mes idées, je le ferais. Je me retiens…
 
Vous dites que vous venez d’un milieu défavorisé. Considérez-vous votre réussite comme une forme de revanche sociale ?
 
Revanche non, vraiment pas. Et je ne considère pas mes origines comme un handicap. C’est un bonheur de ne pas avoir eu de chaussures jusqu’à l’âge de 7 ans. J’ai appris par le dénuement. Quand quelqu’un frappe à ma porte, j’ai plaisir à lui rendre service si je le peux. Et cela, sans calculs parce que j’ai toujours trouvé dans ma vie des gens qui m’ont tendu la main. 
 
Ceux qui vous connaissent depuis longtemps ont la sensation que vous avez pris de la consistance, que votre stature a changé.
 
Les premières années de ma carrière, je manquais certainement de maturité. La maturité, elle s’acquiert avec le travail mais aussi et surtout avec les rencontres. J’ai eu la chance de collaborer avec de grands auteurs comme Aimé Césaire2, Léopold Sédar Senghor, Octavio Paz et Yves Bonnefoy, de rencontrer Michel Tournier et Louis Aragon. Leur proximité, leur talent et leur modestie obligent à avoir sur soi-même une réflexion. 
 
Quel est votre sentiment quand on vous qualifie « d’artiste du système » ?
 
Ça ne me touche pas. Je suis un artiste totalement libre. Mais je suis heureux de servir mon pays et mon roi. Et je -l’assume pleinement.
 
Avec ce travail à la fondation, regrettez-vous de moins peindre ?
 
Cela me manque évidemment, j’ai un besoin réel de ces respirations. Mais pouvoir contribuer à ouvrir les esprits, à élargir les horizons, c’est une immense satisfaction. Surtout dans le monde d’aujourd’hui : la haine, les murs qu’on dresse, l’intolérance… Ces passerelles qu’on construit entre les cultures, c’est important. Il y a des moments d’épuisement physique et j’espère trouver des gens de qualité pour me soutenir et ensuite reprendre le flambeau pour continuer. 
 
Giacometti, comme de nombreux artistes, était pauvre et méconnu. Vous, vous êtes un artiste déjà riche et connu…
 
Riche, il ne faut pas exagérer…
 
Un artiste bourgeois, alors…
 
Cela ne me dérange pas. Je vis très bien et j’en suis très heureux. Cela correspond à un travail acharné entrepris il y a plusieurs années, fruit d’exigences et de passion. Cette passion m’a toujours animé, même dans mon travail personnel. 
 
Pouvez-vous imaginer une rétrospective Mehdi Qotbi au musée Mohammed VI ?
 
Ah non ! Comme je vous l’ai déjà dit, je ne suis pas là pour me mettre en avant. Les rétrospectives, ce sera après ma mort ! [Rires]
 
Qu’envisagez-vous pour les cinq ou six prochaines années ?
 
Continuez à œuvrer pour que le Maroc s’impose par sa politique culturelle. C’est important car la culture participe au développement, au renouvellement des lieux. Regardez le musée Guggenheim de Bilbao en Espagne, et ce que cela a apporté à la ville et à la région. Autour du musée MMVI, tout un tissu économique s’est mis en place. C’est aussi le cas progressivement à Tanger, puis ça le deviendra à Safi… 
 
Vous avez longtemps vécu à Paris, en animant par ailleurs un réseau très opérationnel d’amitiés France-Maroc. Regrettez-vous cette vie-là ?
 
Je suis très heureux d’être au Maroc, d’être utile et de construire. Et puis, la qualité de vie ici est incomparable avec les rigueurs parisiennes. Mais j’ai toujours de nombreux amis en France, certains de longue date, comme Jean-Marc Ayrault, l’actuel ministre des Affaires étrangères, et aussi des nouveaux. 
 
Au-delà de la passion, pensez-vous avoir eu de la chance dans votre vie ?
 
Évidemment ! Ma chance a été de rencontrer des personnalités extraordinaires. Quelqu’un m’a fait connaître le directeur du musée Picasso, Laurent Le Bon. Je lui ai dit : « Je veux faire une exposition ». Il m’a répondu : « Oui, je veux bien en parler. J’ai entendu ce que vous aviez fait avec l’exposition -Giacometti ». Et pour Giacometti, ça avait été la même chose : on m’a présenté les responsables et je les ai convaincus. Il faut avoir la bonne clé pour ouvrir la bonne porte. Toute ma vie a été parsemée de coups de chance. Mais je n’oublie ni d’où je viens, ni les gens qui m’ont tendu la main. 
 
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