août 2017
Touria El Glaoui

« Sur les trois continents, tous les ans »

Par Zyad LIMAM
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La fondatrice et directrice de la foire d’art contemporain africain 1:54 se lance à Marrakech, pour la première fois, après Londres et New York. Un retour ambitieux vers les origines du sujet. Et le pays natal.
 
Touria a la foi, de l’énergie, du dynamisme. C’est le moins que l’on puisse dire quand on la rencontre. La fondatrice de la foire d’art contemporain africain 1:54 se bat sur tous les fronts pour faire vivre son concept, défendre les artistes, mais aussi construire une entreprise, un label unique sur ces territoires encore fragiles, tout en étant déjà hautement compétitifs. Touria est née à Casablanca, l’une des trois filles du grande peintre Hassan El Glaoui et du mannequin Christine Legendre.
 
Jeune élève, elle a fréquenté les classes du fameux Collège royal à Rabat avant de prendre la route d’une université américaine. Elle fait une carrière dans le business, la banque d’affaires, les télécoms. Elle réussit, et se cherche aussi. Nomade, elle adore les avions et déteste les bureaux. Elle vit, disons, entre Londres et un peu « ailleurs », elle parcourt le continent de long en large et découvre l’immensité de la création africaine. Il est là, son projet, son aventure, la fusion entre la trace familiale, son histoire, son ambition. La première édition de 1:54 s’est tenue à Londres en 2013. Le cinquième anniversaire aura lieu en octobre prochain dans le cadre prestigieux de Somerset House. New York a vu le jour en 2015. Arrive enfin, l’étape attendue, nécessaire et incontournable, le retour au Maroc, avec 1:54 Marrakech, prévu en février 2018. Une manière de renouveler avec force ses voeux africains.
 
AM : Votre grand-père Thami était pacha de Marrakech, et fut un ami de Winston Churchill. Votre père, Hassan, est l’un des peintres figuratifs majeurs de sa génération. Votre mère, un mannequin connu de la maison Givenchy… Comment parvient-on à s’émanciper de telles figures familiales ? 
Touria El Glaoui : S’émanciper, c’est un bien grand mot ! Je suis très proche de ma famille. Toute ma vie, j’ai été inspirée par leurs choix, leurs parcours, leur liberté et leur créativité. Je me suis construite avec eux, pas contre eux. Si j’ai, au début de ma vie d’adulte, pris un chemin bien différent de la plupart de mes proches en travaillant dans le milieu bancaire à New York, c’est notamment grâce à leur inspiration constante que j’ai eu le courage de changer tout à fait de voie et lancer 1:54 Contemporary African Art Fair. Je suis consciente de la chance que j’ai d’avoir grandi au sein d’un milieu multiculturel, ouvert sur le monde tout en étant riche d’une histoire berbère fascinante. Avec 1:54, je ne marche pas dans les pas spécifiques des uns ou des autres, mais j’espère leur rendre hommage et respecter cette filiation.
 
 
D’où vous est venue cette idée de créer une foire d’art contemporain africaine ? Vous êtes issue du monde de l’entreprise, des télécoms, de l’information et de la communication. Pourquoi cette aventure dans un monde difficile ? 
Avant de créer 1:54, je dirigeais le département Afrique et Moyen-Orient d’une grande entreprise de télécommunications et j’étais, de fait, amenée à voyager énormément, notamment dans certaines capitales africaines. À chacun de ces déplacements, et puisque j’ai grandi dans un environnement qui a toujours mis la culture au coeur de tout, j’en profitais pour observer les scènes artistiques locales, visiter des studios et des galeries. Progressivement, j’ai fait un constant accablant : l’extraordinaire créativité que j’observais sur le continent était trop peu visible en Europe. Seuls quelques artistes étaient représentés dans des galeries à l’étranger ou exposés dans des musées d’art contemporain, et peu de collectionneurs internationaux s’intéressaient à ces scènes. C’est donc très naturellement que j’ai décidé de quitter mon job et de lancer la foire à Londres. Il n’y a pas eu un moment de « rupture », je n’ai pas l’impression d’avoir pris une décision radicale. Quand je regarde cinq ans en arrière, je réalise à quel point cette aventure a pris une ampleur, notamment internationale, à laquelle je n’aurais pas pu rêver à ses débuts.
 
 
C’est un débat récurrent : faut-il « ghettoïser » l’art contemporain africain, lui organiser ses propres événements ? Pourquoi ne pas tenter de s’introduire sur le marché mondial, les foires comme celles de Paris, Londres, Bâle, Dubaï… 
Ce sont deux démarches différentes et complémentaires, je ne pense pas qu’il faille soutenir l’une ou l’autre, mais l’une et l’autre. En 2013, avant que je ne crée 1:54, il y avait moins de 1 % d’artistes d’origine africaine dans les grandes foires internationales que vous citez, je les ai comptés à l’époque ! La réponse que j’ai trouvée fut d’apporter à ces créateurs et à ces galeries – ne les oublions pas car leur travail est fondamental et souvent exceptionnel – une plateforme sur mesure, de très grande qualité, permettant de combattre les idées reçues d’un monde occidental parfois refermé sur lui-même. Je ne dis pas que c’est la solution idéale, juste un projet qui m’a semblé indispensable alors. Depuis, 1:54 a énormément fait pour mettre sur le devant de la scène certains acteurs. Nous sommes par ailleurs proches des organisateurs de plusieurs foires internationales, avec qui nous discutons et que nous soutenons avec enthousiasme lorsqu’elles décident de faire un « focus Afrique » pour l’une de leurs éditions. Mais ne nous trompons pas, bien trop souvent encore, il s’agit d’intégrer ces galeries pour une année seulement, pas sur le long terme… C’est pour cela que je pense que 1:54 a encore un rôle à jouer aujourd’hui. Lorsque toutes les galeries que nous défendons auront trouvé leur place dans ces grandes manifestations, alors 1:54 disparaîtra. J’aurai répondu à ma problématique de départ et j’en serai ravie.

 

Pourquoi parler d’art contemporain « africain » ? Y a-t-il quelque chose de spécifiquement « africain » qui ferait la différence ? 
C’est la question à laquelle j’ai essayé de répondre à travers le nom de « 1:54 », en référence aux 54 pays qui composent le continent, pour systématiquement rappeler, au coeur de notre identité même, à quel point l’Afrique est faite de diversité, de multiplicité. Les artistes que nous présentons à la foire ne sont pas « africains », ils sont issus d’un ou de plusieurs pays, habitent à l’étranger parfois, y sont nés pour d’autres, leur pratique étant liée à leur continent de naissance ou d’adoption. Ce terme n’entend pas exclure mais inclure.

 

Le concept 1:54 s’adresse à toute l’Afrique. Mais y a-t-il encore véritablement un lien entre l’art qui émerge du Maghreb et de l’Afrique du Nord et l’art qui émerge d’Afrique subsaharienne ? 
Les références ont l’air si fortement différentes… Pour moi, les distinguer revient à oublier que le Kenya est tout aussi différent de l’Afrique du Sud que le Maroc l’est de l’Éthiopie, ou Madagascar du Liberia. Cette fameuse « frontière » que le Sahara serait censé matérialiser n’a pas de sens. Au contraire, l’histoire culturelle, économique et même politique du continent prouve que ce désert fut à travers le temps un lieu de passage, de commerce, d’échanges. C’est à mon sens avoir une vision « eurocentrée » que de comparer ou d’opposer systématiquement le nord au sud du continent. Chaque pays d’Afrique a ses multiples identités et influences artistiques propres. Il est indispensable que les États du Maghreb occupent leur siège autour de la « table culturelle » africaine.

 

Comment voyez-vous l’évolution du marché de l’art contemporain africain ? Avons-nous affaire à un effet de mode ou à une tendance à long terme ?
Tout ce à quoi je travaille à travers 1:54 vise à mettre en place des dynamiques sur le long terme, avec cette plateforme mobile capable de se réinventer à chaque édition, et qui sera désormais présente sur trois continents chaque année. Ce qui est certain, c’est qu’à Londres tout autant qu’à New York, nos publics ne cessent de grandir, nos collaborations avec des institutions de se renforcer et notre influence de s’étendre en offrant à ces mondes de l’art occidentaux d’autres façons d’appréhender ce qu’ils connaissent mal. Mais il est vrai qu’il faut faire attention à ces éphémères effets de mode autour d’une poignée d’artistes très bien « marketés », dont tout à coup le prix des oeuvres s’envole – pour probablement aussi vite retomber. Et être tout autant attentifs à ces art advisors trop avides de gain rapide ou ces collectionneurs plus intéressés par leur portefeuille que leurs oeuvres d’art. Si certaines galeries ont été tentées de jouer avec le feu il y a quelques années, je pense que chacun a pris conscience de l’importance de construire ces scènes artistiques sur le long terme. Et que les aspects de mode et d’investissement de court terme ne prennent clairement guère le pas sur l’intérêt véritable que l’on ressent de la part de la très grande majorité des acheteurs.

 

Qui achète de l’art contemporain africain ?
 
En tout cas, à 1:54 Londres et New York, ce sont des collectionneurs et amateurs d’art, tout simplement ! Certains sont très connus et présenteront dans leur collection des artistes rencontrés à 1:54 à côté d’autres, occidentaux, de renom. D’autres sont plus jeunes, très mobiles, ont moins de budget, mais la même curiosité. Nous avons aussi, à la foire, vu grandir notre base de collectionneurs d’origine africaine, qu’ils vivent sur le continent, y travaillent ou s’en soient éloignés. Certains pays sont particulièrement présents, comme l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Maroc, dont nous avons de nombreux représentants. Mais on rencontre tout type de nationalité de collectionneurs à 1:54, des Soudanais autant que des Ougandais, des Français, des Britanniques ou encore des Chinois. Il n’y a pas de profil type, même si bien entendu, et puisque nous parlons ici du monde de l’art, les revenus et le patrimoine comptent.

 

Les Africains sont-ils eux-mêmes intéressés par « leur » art contemporain ? 
Bien évidemment ! Mais il y a une énorme différence entre être intéressé, acheter et promouvoir. L’action des ministères de la Culture est minimale. Il y a un manque crucial de structures dans la plupart des pays du continent, ce qui freine de fait l’accès aux oeuvres. Acheter et promouvoir impliquent d’autres dynamiques, financières ou d’influence notamment. Les artistes ne pourront réellement prendre leur envol que lorsqu’ils bénéficieront d’un soutien massif et direct de leurs concitoyens. Mais je suis de nature optimiste et je pense que les choses changeront vite, sentiment d’ailleurs encouragé par mes observations à 1:54, où nous accueillons chaque année toujours plus de collectionneurs africains.

 

Globalement, le marché de l’art contemporain connaît un net recul depuis 2015. Faut-il continuer à y croire ?
Oui, car aucun de nous ne travaille dans ce milieu uniquement pour les bénéfices commerciaux, ou alors pas comme nous le faisons à 1:54 ou pour pas très longtemps… Ma vision s’applique au long terme, si certains soutiens habituels – grandes fortunes privées, collections et fondations d’entreprises, institutions publiques européennes notamment – sont un peu frileux en ce moment, d’autres prendront le relais progressivement. Je ne pense pas être aveugle ou obstinée, et pourtant il me semble évident qu’il faut continuer à avancer. C’est peut-être une autre leçon apprise à travers mon éducation familiale : la culture n’est pas un moyen, un « goodie », elle est une fin en soi, indispensable à nos sociétés.

 

Comment financez-vous les éditions de 1:54 ? Est-ce une bonne affaire ? 
Pas vraiment, d’ailleurs je ne conseille à personne cherchant à faire fortune de lancer une foire d’art contemporain ! Plus sérieusement, une foire et notamment un événement très spécialisé et de qualité comme 1:54, avec des frais de production importants, ne peut survivre que grâce à ses sponsors. Nous avons la chance immense que Floreat [groupe londonien de conseil en investissements, NDLR] renouvelle son soutien en tant que sponsor principal de 1:54 Londres. Un dialogue s’est mis en place entre nous grâce à leur regard d’expert via Modern Forms, la collection d’art contemporain issue de pays émergents de Floreat. Nous recevons aussi le soutien de Nando’s, une chaîne de restaurants d’origine sud-africaine, peu connue en France mais présente dans le monde entier et qui possède la plus grande collection au monde d’art contemporain d’Afrique australe. Nous sommes très chanceux d’avoir des sponsors qui sont passionnés eux aussi, qui apprécient et comprennent le travail que nous fournissons. Sans eux, 1:54 ne pourrait continuer à exister.

 

Les mécènes et les sponsors ont-ils leur mot à dire sur les contenus ? 
Sur le contenu, nous dialoguons, nous échangeons, mais jamais nos sponsors n’interviennent dans ce qui fait l’identité même de 1:54, c’est-à-dire les galeries que nous sélectionnons et le programme de FORUM. Bien entendu, et puisque nous travaillons ensemble sur le long terme, nous discutons de certains projets avec eux. Ainsi, nous avions envie de travailler avec l’artiste Emeka Ogboh, très connu pour ses installations sonores, pour notre cinquième édition à Londres. Nous en avons parlé avec Floreat qui, enthousiasmé par le projet, s’est engagé à supporter cette installation. Mi-juillet, Nando’s a transformé l’un de ses restaurants du centre de Londres en galerie d’art pour quelques jours, présentant au grand public certains artistes sud-africains de sa collection. Nous avons accompagné Nando’s dans ce projet avec une table ronde sur le marché de l’art en Afrique du Sud et des intervenants aussi prestigieux que Hannah O’Leary, qui dirige le département d’art contemporain africain chez Sotheby’s à Londres, ou encore Emma Menell, directrice de Tyburn Gallery, à Londres.

 

Londres fonctionne remarquablement bien aux dires des galeries participantes — et des visiteurs concernés. New York, en revanche, semble avoir du mal à sortir d’une certaine confidentialité.
Je ne suis pas certaine de partager cet avis. Bien sûr, 1:54 fut d’abord créé à Londres, nous y accueillons davantage de galeries et un public très large, car nous sommes situés en plein centre-ville, dans un bâtiment adoré des Anglais. Mais l’affluence du public de 1:54 New York n’a cessé de croître depuis notre lancement en 2015. Les galeries qui y participent, internationales, sont sérieuses. Près de la moitié des exposants sont venus de pays africains lors de l’édition en mai 2017, ce qui est impressionnant lorsque l’on pense aux coûts de transport. Nous avons d’excellentes relations avec les institutions new-yorkaises, notamment le Brooklyn Museum et le Studio Museum, deux grands musées qui se sont ouverts, voire spécialisé dans le cas du second, aux scènes africaines et afro-américaines depuis de longues décennies ; mais également avec Performa, structure dédiée à la performance artistique, ou avec Aperture, une fabuleuse maison d’édition et fondation consacrée à la photographie, qui s’intéresse de près à l’Afrique.

La différence de poids entre nos éditions est leur localisation : si à Londres nous sommes en plein centre-ville, à New York nous avons fait le choix de nous installer dans un quartier très « arty » mais en dehors de Manhattan, accueillant historiquement et aujourd’hui encore une nombreuse population noire et défavorisée. Ce quartier, Red Hook, à Brooklyn, est à nos yeux une partie de ce qui constitue 1:54 New York et nous comptons y rester encore, continuer à accueillir ce public pas vraiment habitué aux foires d’art contemporain et à travailler avec des écoles locales par exemple. S’il faut que, une fois par an, les grands collectionneurs de Manhattan traversent l’Hudson River pour venir visiter 1:54 New York, je vous avoue que cela ne me dérange pas beaucoup.

 

Vous vous lancez pour la première fois en territoire africain, avec Marrakech en février prochain. On serait tenté de vous demander : pourquoi avoir attendu si longtemps ? 
Parce que le moment n’était pas encore venu. Parce que lorsque j’ai créé 1:54, je voulais d’abord répondre à un manque, à un problème de visibilité en Occident de la créativité artistique du continent africain. Progressivement, d’autres difficultés sont apparues, et j’ai mis plusieurs années à trouver le bon moment et le bon lieu pour lancer la foire en Afrique. C’est maintenant chose faite, je suis certaine que les collectionneurs marocains et internationaux vont nous soutenir ainsi que nos exposants et que 1:54 Marrakech aura une longue vie.

 

Y aura-t-il une particularité 1:54 Marrakech ? Quelque chose de différent par rapport à Londres ou New York ? 
Son ancrage territorial, bien sûr. On ne peut pas monter une foire aussi spécifique que ne l’est 1:54 « clés en main », la déplacer d’une ville d’Europe aux États-Unis et enfin en Afrique avec exactement le même modèle. Chacune de nos éditions est différente. Nos galeries et les artistes présentés ne seront pas nécessairement les mêmes que dans nos autres éditions. Mais, surtout, ce qui va beaucoup changer, c’est l’ampleur des collaborations que nous mettons en place à Marrakech avec des structures locales, des galeries, des musées, mais aussi des collectifs d’artistes, des espaces de résidence, etc. Mon objectif est que la ville entière soit vivante pendant la semaine de 1:54, que tous les lieux d’art soient ouverts, proposent un programme hors norme et qu’ils dialoguent entre eux.

 

Marrakech, c’est vraiment chez vous, à divers points de vue. Avez-vous eu un soutien des autorités ou de sponsors privés ? 
Nous sommes en train de chercher nos sponsors et je dois bien avouer que, pour l’instant, on ne se presse pas vraiment au portillon. Comme je l’ai fait dans les autres villes, je me bats et tente d’expliquer pourquoi cette plateforme est importante, et ça n’est pas plus facile à Marrakech qu’ailleurs.

 

Aura-t-on un jour l’occasion de voir une foire 1:54 en Afrique subsaharienne ? 
Peut-être, je ne sais pas encore. Chaque chose en son temps, j’ai travaillé deux années au lancement de 1:54 à Marrakech, donc pour l’instant mon énergie se focalise sur cette édition, pour en faire la plus belle et intéressante foire possible.

 

Si je devais investir dans de l’art contemporain africain, quels conseils nous donneriez-vous ? 
Réfléchissez avec votre coeur, pas autour d’hypothétiques valeurs d’investissement. L’art contemporain africain est encore relativement abordable, par rapport au marché international en tout cas, et vous pouvez acquérir de belles pièces de jeunes artistes. Soyez curieux, n’écoutez pas trop ce que l’on vous dit et choisissez des oeuvres qui vous parlent, aux côtés desquelles vous pourriez vivre cent ans.

 

Vous vivez entre Londres et « ailleurs ». Avez-vous été tentée d’avoir un lieu fixe, une galerie peut-être, pour promouvoir vos propres artistes ? 
Pas pour l’instant, car le projet de 1:54 me tient trop à coeur, je m’y suis investie à 100 %. Le métier de galeriste est très différent de celui de directrice de foire, où je ne défends pas une poignée d’artistes corps et âme, mais aide une scène gigantesque et diverse à se structurer, à faire porter une voix, à convaincre sur sa raison d’être et sa qualité.

 

Vous sentez-vous dépositaire de l’oeuvre de votre père ? 
Je me sens responsable de la pérennité de son oeuvre, oui, et j’entends bien, avec l’aide de ma famille, faire perdurer sa présence, voire protéger ses intérêts. Mon père est aujourd’hui âgé ; nous devrons prendre le relais un jour, continuer à faire voyager son travail grâce à des prêts à travers le monde, organiser un catalogue raisonné de l’intégralité de son oeuvre afin de s’assurer qu’elle soit toujours protégée, délivrer des certificats d’authenticité, et bien sûr continuer à raconter l’histoire de mon père et de son travail, pour que la reconnaissance qu’il a acquise à travers sa vie ne se ternisse pas mais au contraire continue à inspirer les plus jeunes.

 

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