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BAD : revue de détails
En complément de son reportage paru dans Am actuellement kiosques, notre envoyé spécial Said Aid-Hatrit fournit quelques précisions utiles sur la Banque africaine de développement, institution qui a investi 5 milliards et demi de dollars en Afrique en 2008.
Le Groupe de la BAD La BAD : banque de développement multilatérale créée en 1963, elle compte 53 pays membres africains, dit « régionaux », et 24 pays actionnaires non régionaux. Elle accorde des prêts aux conditions du marché aux secteurs publics et privés, avec assistance technique, et privilégie les projets favorisant l’intégration économique régionale. Le Fond africain de développement (FAD), créé en 1973, accorde des prêts concessionnels (conditions privilégiées), des lignes de crédit et des dons aux pays régionaux à faible revenus. Le Fonds spécial du Nigeria, créé en 1976 et destiné à aider les pays à faible revenus… est dans un sommeil prolongé. Le Conseil des gouverneurs, composé d’un représentant par pays membre, est l’instance suprême de décision de la BAD et du FAD. Il élit un président, toujours africain, et délègue ses pouvoirs à un conseil d’administration de 18 membres (12 Africains, 6 non africains), lui-même dirigé par le président.
Prêts et dons accordés par région de 1967 à 2008 Sur un total de 3276 prêts et dons accordés, et se chiffrant à 44,75 milliards d’unités de compte (une unité de compte = 1,54 dollars US au 31 décembre 2008) : Afrique du Nord 30,7% Afrique de l’Ouest 22,6% Afrique de l’Est 16,3% Afrique australe 17,7% Afrique centrale 9,4% Opérations multirégionales 5,3% (Source : rapport annuel 2008 BAD)
« Opération louer-bâtir » : alléger la facture Pour faire respirer ses 1300 employés qui s’entassent à Tunis, la BAD va louer un bâtiment en cours de finition dans le nouveau quartier d’affaires et de résidence de standing de Berges du Lac, initié par l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, ses locaux coûtent à la BAD 3 millions d’UC (4,62 millions $) par an à Tunis, où elle n’a pas le droit d’acheter, pas plus que les particuliers étrangers, et 2,6 millions d’UC (4 millions $) sur le reste du continent (25 bureaux). Afin de faire baisser cette facture, un plan « louer-bâtir » est en cours : il prévoit la construction de treize bureaux régionaux et l’achat de trois autres, alors que neuf vont continuer d’êtres loués. L’économie, sur vingt ans, est estimée à 32 millions d’UC (49 millions $). Autre projet : la rénovation du site d’Abidjan, vieux de trente ans. « Je l’ai visité récemment et son état est alarmant, indique Ibrahima N’Diaye, directeur du Département des services généraux et des achats. La demande de rénovation a été faite au conseil d’administration, sans considération de retour ou non dans la capitale ivoirienne. Nous en sommes à la phase d’étude. Le coût des travaux est évalué à 47 millions d’UC (73 millions de dollars). »
La vie d’un projet Lorsqu’un projet arrive sur le bureau d’un service de la BAD, celui-ci vérifie son intérêt, sa rentabilité, son impact social et environnemental, de même que sa correspondance avec les axes prioritaires du pays dont il émane, décidés en collaboration avec la BAD. Il élabore ensuite une note de présentation brève dispersée auprès des départements - départements pays, juridique, finance, économiste en chef… - invités à la commenter. Également sollicité, le département « qualité à l’entrée », qui vérifie la viabilité du projet sur la base des enseignements tirés par la BAD depuis plusieurs décennies : sur 394 opérations réalisées entre 1987 et 2008 et analysées par la Division évaluation – indépendante – de la BAD, le taux de réussite est estimé à 68%, un chiffre en constante progression, mais encore un peu loin des taux de la Banque mondiale. Après une série d’allers-retours du projet, amendé au cours de réunions multidisciplinaires, celui-ci peut être validé et soumis à l’approbation finale du Conseil d’administration. L’accord de prêt peut être signé et la mise en oeuvre débuter. Elle sera suivie, là encore, d’une évaluation.
Chiffres : 4012 : c’est le nombre de réunions (conseils et comités de la BAD et réunions organisées avec les partenaires) organisées en 2008 par le secrétariat général de la BAD, vidéoconférences (514) comprises. 20 : c’est, à la demande du Département traduction, le nombre de pages que la plupart des documents de travail de la BAD ne doivent plus excéder - annexes non comprises.
S.A.-H.
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