Qu’avons-nous fait de nos 50 ans ?
Regards croisés de dix personnalités sur les commémorations et sur l’évolution du pays après un demi-siècle d’indépendance.
CAMEROUN 1ER JANVIER 2010. Le Cameroun est le premier des 17 pays africains qui fêtent cette année le cinquantenaire de leur indépendance. Sauf que lui, dans la foulée, célébrera aussi le ralliement de sa partie anglophone et la proclamation de la République fédérale du Cameroun, et surtout la date de la réunification du pays le 20 mai, jour de sa fête nationale. Bref, des festivités qui devraient courir jusqu’en octobre 2011. Lors du traditionnel discours de fin d’année que le président, Paul Biya, adresse à la nation depuis le palais d’Etoudi, il a longuement parlé d’indépendance, de liberté, de courage aussi, en faisant allusion à la révolte bassa, qui a débuté en 1955 et fait couler du sang. D’où polémique en ville sur le nombre de victimes ou sur le nom des martyrs non cités… Autre débat en ce début d’année : le grand bilan du cinquantenaire et l’évolution du pays depuis les années 1960, à travers cinquante ans d’histoire politique, économique, sociale, placés sous la houlette de deux chefs d’État successifs, Ahmadou Ahidjo et Paul Biya. L’occasion pour dix Camerounais triés sur le volet, politiques, intellectuels ou membres de la société civile, de commenter ici cette période, de juger de ses acquis ou de déplorer ses retards. On parle beaucoup de construction et de stabilité, mais aussi de chantiers non achevés et de progrès à faire. On se projette dans l’avenir, on brosse le portrait du Cameroun de demain, à la lumière du Cameroun d’hier. Tribune ouverte. PAR EMMANUELLE PONTIÉ ET JEAN-MARIE MOLLO OLINGA
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