Rejoignez le groupe Afrique magazine sur Facebook
Home Infos Le Magazine L'éditeur
Infos
AM Plus
COMMUNIQUÉS
PARTENAIRES
Le magazine
CE MOIS-CI DANS AM
À LIRE
ÉDITOS / OPINIONS
V.I.P.
AM BUSINESS
L'éditeur
QUI SOMMES-NOUS ?
PUBLICITÉ ET COMMUNICATION
ABONNEMENT
Changement d'Air : Le blog de Zyad Limam
Une semaine dans le monde

Accueil > Le magazine > AM BUSINESS

Afriquemagazine.com / 01.11.2009 /©AM International


Qatar : l'émirat anticrise
Revenus sans limite, investissements mondiaux à travers son fonds souverain, Doha veut s'imposer comme une place financière de premier plan.

DEPUIS QU’IL EST DEVENU le troisième actionnaire de référence du groupe allemand issu du rapprochement Volkswagen-Porsche, contre un chèque de 7 milliards d’euros, l’émirat du Qatar a sans doute montré son vrai visage au moment où toute la planète redécouvrait les vilaines expressions de récession et, pis, de « décroissance » : celle du pays de l’anticrise.
C’était en plein mois de juillet dernier, date à laquelle les annonces de faillites d’institutions financières se télescopaient un peu partout sur la planète. Le miracle qatari n’est pas très mystérieux. Assis sur des réserves d’or noir estimées à 27 milliards de barils, cet État du Golfe dispose aussi de la troisième réserve prouvée de gaz naturel liquéfié de la planète (GNL, 26 mille milliards de mètres cubes, soit 14 % des réserves mondiales), de quoi tenir le choc quand les cours du pétrole s’effondrent. L’émirat est aujourd’hui le premier exportateur mondial de GNL. Une vraie assurance-vie de qualité pour le 1,6 million d’habitants, dont un tiers de Qatariens, crédités d’un PIB moyen annuel par tête de 110 000 dollars, le deuxième plus fort de la planète, après celui du Liechtenstein. De quoi aussi alimenter une croissance solide : 16 % en 2008, prévision révisée de 11,5 % pour cette année. Dans sa note datée du début de l’année, le FMI pariait sur 29 % de croissance. « Le Qatar est l’économie qui enregistre la croissance la plus rapide dans la région CCG (Conseil de coopération du Golfe) et qui, jusqu’ici, a bien géré l’impact de la crise financière mondiale », pouvait-on lire. La preuve : on estime que la place devrait attirer environ 150 milliards de dollars d’investissement d’ici à 2012. Deux tiers seront consacrés au secteur des hydrocarbures, le dernier tiers servira à financer le nouvel aéroport international, plusieurs ports, des infrastructures routières et ferroviaires régionales, une usine d’aluminium (bientôt opérationnelle) et d’autres programmes immobiliers, touristiques, technologiques, culturels... Le seul projet du pont le plus long du monde (40 km), baptisé Qatar-Bahrain Friendship Causeway, censé relié, comme son nom l’indique, les deux émirats de Bahreïn et du Qatar, mobilisera plus de 2 milliards de dollars. Mot clé voulu par Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani : diversification économique. Objectif, ambitieux : faire en sorte que les secteurs non énergétiques comptent pour 80 % dans l’économie nationale d’ici à 2015. À ce stade, c’est encore le pétrole qui boucle 70 % de son budget national.
L’arrivée remarquée de la Qatar Investment Authority dans le capital de Volkswagen est, à ce titre, symptomatique. QIA est le bras armé des ambitions de l’émirat, multipliant les prises de participations sur tous les marchés, nationaux, régionaux, mondiaux. Allemagne, Angleterre… En France, le fonds souverain est présent dans plusieurs grands noms de l’industrie comme EADS, Vinci, Suez environnement, Lagardère… En Suisse, il détient des parts dans plusieurs banques. À Cuba aussi, il investit dans le tourisme. Et, en général, partout où les opportunités répondent au cahier des charges qataries : des placements à forte valeur ajoutée, dans des compagnies ou des marques réputées, de préférence susceptibles de créer un jour des emplois dans l’émirat, voire de conduire à des échanges de savoir-faire ou de transferts de technologie. L’idéal étant, pour l’émirat, de continuer à briller, avec un taux de chômage officiellement nul (en dessous de 1 %). Fin juillet, on estimait le montant total des investissements réalisés par QIA à environ 60 milliards de dollars. Chaque année, le fonds souverain serait crédité d’une rallonge de 20 milliards de dollars alimentés en majorité par les revenus du GNL. Le tout sous le contrôle du cousin de l’émir, Cheikh Hamad Ibn Jassim Ibn Jaber Al Thani, qui est aussi le Premier ministre.
L’attrait du Qatar, c’est aussi sa stabilité, garantie par une présence militaire des États-Unis, et un style plutôt « tolérant », voulu par le prince héritier dès sa prise de pouvoir contre son père en 1995. On présente Cheikh Hamad comme un grand réformateur, briseur de tabous et ayant le sens des affaires : la chaîne de télé par satellite lancée sous son impulsion, Al-Jazira, a récemment fait l’objet d’une offre de rachat pour un montant de plusieurs milliards de dollars. Inutile de préciser aussi que tout le gotha du secteur mondial de l’énergie est aujourd’hui présent dans l’émirat : Exxon Mobil, Total, Royal Dutch Shell, ConcoPhillips, Mitsui… Tout comme plus d’une centaine de grands noms de la finance internationale sont désormais membres du Qatar Financial Centre, qui veut se positionner comme la place onshore incontournable du Moyen-Orient. Signe qui ne trompe pas : au mois de juin dernier, le groupe boursier transatlantique Nyse Euronext, issu du rapprochement de la Bourse de New York et de la Bourse paneuropéenne Euronext (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et les marchés dérivés de Londres) a pris 25 % de la Bourse de Doha pour un montant de 250 millions de dollars. Et quand Bercy veut rendre la place parisienne compatible avec la finance islamique, c’est encore une fois le Qatar qui se déclare le premier prêt à tenter le pari.
Tout récemment, Doha a confirmé son intérêt pour un projet surpassant toutes les folies architecturales : participer au financement d’un nouvel aéroport imaginé par le maire de Londres, Boris Jonhson, qui verrait le jour sur une île artificielle en plein milieu de l’estuaire de la Tamise. Ne restera plus que la consécration ultime pour se faire connaître du grand public mondial : servir de décor à une Coupe du monde de football. Candidat au nom du Moyen-Orient, où l’événement se jouerait pour la première fois, l’émirat croit à ses chances pour 2025. Nul doute qu’il mettra le prix pour convaincre la FIFA.
Jérôme Bourgeois

Fonds souverains du Golfe : 350 milliards de pertes
À LA FIN des années 1990, les États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont décidé de réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole en diversifiant leurs placements, notamment via leurs fonds souverains. « Avec la flambée des cours du pétrole, ces fonds ont commencé à prendre des positions sur des marchés relativement à risque, boursiers ou immobiliers », indique le dernier rapport sur l’investissement mondial, diffusé il y a quelques semaines par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). « L’idée stratégique n’était plus seulement de soutenir la stabilité économique ou de simplement diversifier son portefeuille, mais surtout de maximiser les retours sur investissements, quitte à augmenter les parts de risque aussi », souligne le document qui estime à 350 milliards de dollars le montant des pertes totales subies par les Fonds souverains du Golfe, à cause de la crise financière mondiale. D’après les chiffres publiés, la Qatar Investment Authority (QIA) a perdu 94 milliards entre décembre 2007 et décembre 2008, derrière Abou Dhabi qui a enregistré la plus grosse chute, estimée à 183 milliards sur la même période. La Saudi Arabian Monetary Agency affiche 46 milliards de pertes et la Kuwait Investment Autorithy 27 milliards. En même temps, les États ont couvert la plupart des pertes en réinjectant dans leurs fonds un montant total de 273 milliards. Fin 2008, la valeur capitalistique combinée de leurs fonds était estimée à 1 200 milliards, contre 1 282 un an plus tôt.
J.B.

Article paru en ouverture du cahier Business d’Afrique magazine numéro 290 (Novembre 2009)





Envoyer l'article à un ami :







Dans les kiosques :
N°299/300 - Août/Septembre 2010


Edition numérique :
Lisez Am en ligne
Rechercher un article :

Communiqués :

30/10/2009
AM recherche des chargés de missions publicitaires

12/10/2009
Expo Ananias Léki Dago

21/07/2009
Rapport économique sur l’Afrique 2009

A lire :

01/08/2010
Tunisie : l’enjeu jeune

01/07/2010
Rwanda, le système Kagamé

01/06/2010
Ambitions : les années Blaise

Ce mois-ci dans Am :

Les défis du Maghreb

RD Congo : un an avant

Baradei, ou l’improbable troisième voie


http://www.westernunion.fr
Pour envoyer de l’argent à vos proches en toute confiance et en quelques minutes.
http://www.relay.fr/pressenumerique/?DirectPage=http://relay.presse-wl.com/Publications/FicheProduit.aspx?publication_id=25&Origin=A1BF081362290C0E
Votre magazine
maintenant en version numérique
sur votre ordinateur
en un seul clic