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Afriquemagazine.com / 22.12.2009 /©AM International


Les chefs traditionnels et la décentralisation
Le 5e sommet africain des collectivités d’Afrique (« Africités ») vient de s’achever à Marrakech. Organisé tous les trois ans depuis 1998, cet événement a pour but de promouvoir la décentralisation, encore peu effective sur le continent. Les discussions ont porté sur l’accroissement des pouvoirs et des ressources des collectivités, les moyens d’améliorer leurs ressources budgétaires propres et de créer de la richesse localement. Depuis le sommet Africités 4, organisé à Nairobi en 2006, une catégorie d’autorités qui voudrait prendre le train de la décentralisation en marche s’est ajoutée à celle des maires, présidents de conseils régionaux ou élus départementaux : celle des chefs traditionnels. Trois d’entre eux étaient invités à s’exprimer sur le thème du sommet : « Réponse des collectivités locales à la crise ».

Interrogé sur les  « aspects traditionnels et moraux des initiatives de développement local et d’emploi », Sa Majesté Osagyefuo Amotia Ofori Panin Okyenhene, de la République du Ghana, a préféré se servir de la demi-heure qui lui était impartie pour faire valoir la pertinence encore actuelle de l’autorité des chefs traditionnels. « Nous dirigions nos peuples bien avant l’arrivée de l’homme blanc, mais nous ne pouvons pas continuer à vivre dans le passé » a-t-il expliqué avant de préciser : « aujourd’hui, le rôle des rois est devenu polémique, notamment au Ghana, devenu une République, car la loi ne définit pas le rôle des chefs traditionnels, rendus annexes au gouvernement central ».
Même « au niveau local, a ajouté Sa Majesté Yamontche Sossoh Cyprien, roi de Savalou au Bénin, « dès qu’il est élu, le maire ne reconnaît plus la chefferie traditionnelle, alors que nous devrions pouvoir résoudre les problèmes de la communauté ensemble ».


Garants de la culture traditionnelle
D’autant que « nous devons toujours protéger nos gens, poursuit Sa Majesté Osagyefuo Amotia Ofori Panin. Comment ? Par notre autorité morale, historique, et surtout parce que notre autorité est acceptée par le peuple comme pertinente. Nous devons maintenir cette confiance. Certes, on nous a pris notre pouvoir, nos finances, mais nous pouvons toujours être des forces de proposition. »
Alors qu’ils voient leur pouvoir politique fondre dans la plupart des régions africaines, il est un domaine où les chefs traditionnels veulent cependant rester les garants : celui de la culture. « Un peuple qui a perdu sa culture n’existe plus, affirme sa Majesté Yamontche Sossoh Cyprien, roi de Savalou, République du Bénin, qui parle du maintien des langues locales face au français ou à l’anglais.
Sa Majesté Osagyefuo Amotia Ofori Panin ne dit pas autre chose, même s’il insiste davantage sur la nécessité d’instruire les populations, jusque dans les zones les plus reculées. Son Eminence Ibrahim Mbombo Njoya, Sultan de la région de Bamun au Cameroun, commente : « Notre rôle consiste à renforcer et encourager le mariage entre la modernité et la tradition. » Ultime argument, très en phase avec le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique qui s’achève au même moment, avancé par Sa Majesté Osagyefuo Amotia Ofori Panin : « Traditionnellement, nos ancêtres ont toujours respecté la nature, protégé les forêts, préservé nos sources d’eau… Ils croyaient dans les règles de la nature ».
Saïd Aïd-Hatrit

Pour en savoir plus :
http://www.africites.org




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