Voyage en Jacksonland
Depuis cinq mois, on vend à tout-va du King of pop. Apogée : la sortie du film tant attendu sur ses ultimes répétitions.
This Is It, le film… ON LE SAIT, depuis des lustres, la mort d’un artiste est le meilleur argument marketing possible. Mais que dire de cette frénésie paroxystique qui a saisi la galaxie après le décès de Michael Jackson, le 25 juin dernier ? La multiplication des gagne-pain du show-business, CD et DVD (voir plus bas) ; des pins, cartes, calendriers, jeux en ligne, vêtements… et même aliments et tatouages virtuels dédiés à l’auteur de Thriller ! Amuse-gueules pourtant, au regard de la grand-messe financière qu’était la sortie, le 28 octobre, du film This Is It dans quatrevingt-dix-neuf pays. Montage des centaines d’heures d’images des trois mois de répétition, au Staples Center de Los Angeles, du show que Michael devait donner à Londres à partir de juillet 2009. Soixante millions de dollars posés sur la table par Sony pour racheter ces images et, à ce jour, plus de cent millions de dollars engrangés au terme d’une diffusion en salle de quinze jours seulement (en attendant le DVD, en mars 2010…). Alors, comment ne pas aller à la projection avec méfiance ? Premier étonnement : on a affaire à un concert morcelé, certes, mais de premier ordre. Le Bambi chanteur nous préparait un show plus qu’exceptionnel, se dit-on, en l’entendant nous délivrer un superbe « Human Nature », une version soul, totalement extravertie, de « I Just Can’t Stop Loving You. » Ou en voyant son époustouflante chorégraphie de Smooth Criminal. Puis la dimension du film musical disparaît au fil des minutes au profit de l’aspect documentaire. Rien sur Jackson hors scène, mais tout sur son exigence professionnelle lors du montage des clips illustrant les chansons, son perfectionnisme et le contrôle sur son spectacle jusqu’à la moindre mesure. Sur son humilité, son humanité, loin de l’image de star inaccessible, sur son humour. Rien de « négatif » dans cette réalisation de Kenny Ortega tout à la glorification de l’idole. Sa maigreur impressionnante (maladive ?) laiisse deviner que tout n’a pas été idyllique. Mais qu’importe… This Is It est le premier (et dernier) documentaire sur Michael au travail. Pouvait-il y avoir plus beau testament ?
… et le disque ! ATTENTION, lamentable attrape-gogo ! Car cet ultime album n’est pas la BO du film, mais seulement la suite des titres en studio, déjà bien trop connus, et sur lesquels Michaël travaillait en répétition ! La cover, astucieuse, le dit pourtant sans le dire : « La musique qui a inspiré le film »… Un peu comme si on vous offrait un cliché de la cathédrale de Rouen en vous suggérant qu’elle a inspiré le célèbre série de tableaux de Claude Monet… que c’est presque le Monet, quoi ! Reste « This Is It », chanson recyclée, sans grand intérêt. À éviter. Michael Jackson’s This Is It Epic/Sony.
CD, DVD, LIVRES… LE TSUNAMI BAMBI ! À LA MI-NOVEMBRE, pas moins d’une quinzaine de nouveaux CD ou coffrets, autant de DVD et de livres dans les bacs ! C’est le tsunami Bambi ! Évitez les traditionnelles chausse-trapes de notre cher showbusiness. Tel MJ/J5. La Légende de la pop, disque qui vous annonce du Michael alors que c’est du Jackson 5 (le groupe familial seul, ça ne vend plus !). Pour les petites bourses, on recommande The Essential (Epic/Sony), qui contient tous les tubes de Bambi. Pour les plus fortunés, MJ. The Collection, un coffret contenant tous les albums Sony. Ne pas, à la hâte, acheter, par exemple, MJ. Clips + live ni MJ. On stage, deux DVD qui contiennent le même concert de Bucarest ! En DVD, signalons History, vol. 1 et 2. Inédits et clips longue durée. Au rayon livres, MJ. 1958-2009 (Gründ, 29,95 €) vaut pour des photos, souvent peu connues, du King of pop. Et surtout MJ. Pop Life, d’Olivier Cachin (Éd. Alphée, 19,90 €). Bio sérieuse et documentée. La vie de la star sous ses multiples facettes, l’artiste, le « scandaleux », le businessman… Jean-Michel Denis
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