C'est quand même lui, le chef, qui a été nommé pour ses qualités, non ? Pas le portier ou la petite sœur qu’il a placée à l’accueil.
Une seule et unique conception des vacances : disparaître et faire le mort !
On consomme, on achète, mais on ne prend pas le temps d’apprendre ni de comprendre.
La plupart des catholiques auront célébré leurs disparus le 1er novembre, pour les fêtes de la Toussaint. Un moment de souvenir et de recueillement. Et pour certains, un jour de colère, aussi. Parce qu’en Afrique, en 2009, il y a un nombre incroyable de gens, de proches, d’amis, qui n’auraient jamais dû mourir. Là-bas, on apprend régulièrement qu’un homme ou une femme est entré un soir à l’hôpital pour des maux de ventre ou un mal de tête, et qu’il est décédé dans la nuit. Sans explication.
Et si, cette année, on résistait au chant des sirènes de la conso ?
Février, ouf ! On va enfin en finir avec les couvertures de magazines consacrées aux jeux divinatoires venus du Tibet ou d’Inde, aux horoscopes géants ou aux numérologies péremptoires, qui vous assurent que vos finances vont rebondir et l’amour revenir. Rien à faire, même dans les sociétés les plus cartésiennes, ce genre de boniments de bonnes femmes, attestés par de pseudo-techniques de calcul astral venues du plus profond des âges et des cultures les plus lointaines, fait un carton.
Le 8 mars, on fête à nouveau les femmes. En Afrique, les ministères de la condition féminine s’activent, organisent défilés et impressions de pagnes estampillés. En France, dans le même temps, des intellos féministes débattent sur le dernier ouvrage de la philosophe Élisabeth Badinter*, qui s’inquiète de cette société qui pousse les femmes à allaiter, à s’occuper de leur enfant plus que de leur travail, à vénérer l’instinct maternel. On y voit ici un retour en arrière, comparé aux acquis des années 1970 qui ont libéré la femme des diktats de la maternité et du foyer. La presse en parle, des anthropologues américaines répondent, font du buzz sur le Net, avec des questions essentielles sur l’instinct maternel, inné ou culturel, etc.
Quels sont les mots qui reviennent le plus dans les conversations familiales en Afrique ? Personne ne me contredira si je dis : parcelles, terrains, « déguerpissage »… Il est assez remarquable de voir à quel point les questions liées au logement, à la propriété, à sa gestion et à sa transmission lors d’un éventuel héritage sont un « prenage » de tête récurrent pour tout le monde. Les mairies, les bureaux de délégués de communautés urbaines, ceux des avocats et des magistrats regorgent de dossiers empilés dans la poussière, au nom de M. Mfoubou ou de Mme Diop.
Tout le monde connaît la petite histoire de deux Africains qui voient un avion passer dans le ciel. Le premier s’exclame : « Dieu est grand ! », et le second ajoute : « Oui, mais le Blanc n’est pas petit… » Sous-entendu, il a inventé les avions ! Et pourtant… Le même Blanc vient de se retrouver bien minuscule devant le déchaînement de la nature.
Allez, une fois n’est pas coutume, nous allons louer, encenser et vénérer une qualité africaine exceptionnelle. Si, si… Laquelle ? La patience. Cette incroyable faculté à apprivoiser le temps, à se résigner, à ne pas bouger, à attendre. Quelle que soit la situation.
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