avril 2018

En Mai, c'est « rideau»

Par Emmanuelle Pontié
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Bon, la formule est connue : « Si on devait attaquer la France, faudrait le faire en mai ! ». Certes, c’est un mois assez space, où, en gros, tout le monde se la coule douce. Et cette année, en particulier, avec quatre jours fériés qui tombent miraculeusement à proximité des weekends et offrent joyeusement un festival de ponts, ça va être la méga teuf ! En un mot comme en cent, l’Hexagone sera aux abonnés absents. Et cette année encore, il faut rajouter une jolie petite cerise sur le gâteau : les grèves. Celles des trains et d’Air France qui égrènent des dates supplémentaires de débrayage de jour en jour, et celle de tous les fonctionnaires réunis le 22 mai… Et nos amis africains, parmi d’autres, se moquent de nous. Ils boycottent Paris, menacent de collectionner des miles dans les compagnies concurrentes d’Air France, voire, de ne pas venir du tout, vu que leurs interlocuteurs business seront pour la plupart au vert. Normal. Les seuls qui bosseront vraiment, ce sont le Président Macron et ses équipes, sur-occupés à essayer d’enrayer la levée sociale de boucliers contre les réformes côté chemins de fer et fonction publique. Et aussi, la direction d’Air France, empêtrée dans les caprices d’enfants gâtés de ses pilotes rois. Pour le reste, ce sera le mois le pire certainement en matière d’activité touristique. Les agences de voyages, elles, dont le chiffre d’affaires est totalement en berne depuis des semaines, menacent de demander réparation. Bref, comme souvent, la France est à nouveau la risée internationale, et son peuple targué de champion toutes catégories des râleurs. Et sans remettre en cause une seconde le droit sacré de grève, c’est pas faux que les Frenchs aiment bien faire traîner en longueur les conflits sociaux et paralyser tout un pays pendant des semaines et des mois. 
 
EN MAI,C’EST « RIDEAU » Cela dit, puisqu’on est en mai, rappelons qu’en Afrique, on ne se prive pas non plus de se la couler super douce. Car le concept du pont entre les fêtes a été parfaitement intégré dans les mentalités. Y compris dans les services publics, qui n’ont pas peur de fermer hermétiquement. Et si l’on rajoute les cérémonies au village et les convalescences paludéennes curieusement infinies, certains citoyens n’ont pas peur de disparaître royalement durant le mois tout entier (si, si, j’en connais !). Pas terrible non plus pour le business. En mai, donc, évitons d’aller les uns chez les autres. Car des deux côtés, grèves ou pas grèves, c’est « rideau ! »
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