novembre 2017
Cinéma

La montagne entre nous, L'Orage africain... Ces films que vous ne devez pas rater en novembre !

Par Jean Marie Chazeau
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Scénario catastrophe : un avion s’est crashé en pleine montagne. Les rescapés, une photo reporter et un médecin, étrangers l’un pour l’autre, vont devoir s’allier pour tenter de survivre dans des conditions extrêmes… Voici nos recommandations "Écrans" du mois de novembre !

EN CAS D'URGENCE, BRISER LA GLACE !
 
Il y a quelques années, l’actrice américaine Kelly Lynch rapportait cette confidence de Denzel Washington, son partenaire du film Programmé pour tuer : « Je déteste dire ça, mais, tu sais, quand les hommes blancs amènent des femmes au cinéma, ils ne veulent pas voir à l’écran un homme noir avec une femme blanche »… Il faut dire qu’à Hollywood, jusqu’en 1956, une règle interdisait tout rapprochement sexuel interracial à l’écran. Et même si l’industrie a évolué et fait quelques progrès, jusqu’à présent, les films osant montrer un homme noir en couple avec une femme blanche traitaient surtout du problème que ça posait à l’entourage… Ici, il n’en est jamais question. Pourtant, la 20th Century Fox a choisi un comédien noir, le Britannique Idris Elba (The Wire, Mandela), et sa compatriote Kate Winslet (Titanic).
 
Deux stars pour un couple mixte qui va se former sous nos yeux, même s’il leur faudra du temps pour briser la glace. Il faut dire qu’elle, photoreporter toujours pressée, et lui, chirurgien demandé, se retrouvent seuls au monde dans la neige au sommet d’une montagne où s’est écrasé le petit bimoteur qui devait les amener d’urgence à Denver. Inconnus l’un pour l’autre avant l’accident, mariés ou quasi chacun de leur côté, ils vont apprendre à se découvrir dans les pires conditions. Si ce film de survie est très plaisant à suivre, dans des paysages grandioses, lorsqu’il vire à la romance, la mise en scène est parfois maladroite, à coups de flash-back de scènes qu’on vient à peine de voir, pour souligner combien le rapprochement était inévitable. Le réalisateur, Hany Abu-Assad, était plus à l’aise en 2005 pour terminer son excellent film à suspense sur les attentats suicides à Tel-Aviv : Paradise Now.
 
Road movie 
L’ALGÉRIE ET SES FANTÔMES
Un (premier) film qui imprime la rétine et l’esprit : six mois après l’avoir vu à Cannes, ce road movie algérien reste bien ancré en mémoire. Parce qu’il a surpris d’abord par sa
construction en trois parties, abandonnant en cours de route des personnages auxquels on commence à s’attacher, trois générations d’Algériens : un promoteur immobilier taiseux et confronté à la corruption, une jeune fille obligée d’être conduite en voiture par son ancien amoureux pour rejoindre le fiancé à qui elle est promise par sa famille, et un neurologue rattrapé par la terreur des années de guerre civile. Un voyage politique sans le dire, sentimental sans forcer, qui nous fait traverser le désert et la région de Biskra au son de Bach et des rythmes traditionnels revisités par la jeunesse algérienne d’aujourd’hui. Envoûtant et pertinent.
Fable
Une tempête anti-colonialiste
Un président africain décide de nationaliser l’exploitation des ressources naturelles de son pays, aux mains d’entreprises occidentales qui ne vont pas se laisser faire… Le mécanisme de déstabilisation qui s’ensuit est bien décrit, mais qu’est-il arrivé à Sylvestre Amoussou ? Si on retrouve avec plaisir l’acteur et réalisateur béninois, sa bonhomie malicieuse laisse place à une charge sans nuance contre le néocolonialisme : les Blancs sont tous des rapaces, et les Noirs qui les soutiennent viennent de l’étranger…
 
Pas de place à l’humour : un premier degré qui permet d’assouvir un légitime sentiment de revanche sur l’histoire (d’où l’accueil public et l’Étalon d’argent au dernier Fespaco) mais qui semble aussi exonérer toute responsabilité de certains dirigeants du continent dans l’accaparement des richesses de leur pays…
 
Comédie
PAR TOUS LES SAINTS !
En quête d'un succès commercial, un producteur de musique décide de former un groupe composé d’un rabbin, d’un prêtre et d’un imam. On retrouve bien l’humour caustique de son auteur-réalisateur, le comédien d’origine camerounaise Fabrice Eboué. Cette confrontation des différences est prétexte à des gags et dialogues hilarants, exhumant par le rire toutes ces tensions communautaires et ces non-dits, s’amusant des clichés. Dommage que tout cela demeure un peu en surface, avec ce goût de déjà-vu d’un standard « comédie française » gentillet. Pour cette histoire de groupe hors norme, on aurait justement préféré un récit moins convenu, plus audacieux.
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