Villepin Premier ministre
Super. C’est un homme à Chirac, sûrement un homme bien. Et Chirac a besoin de quelqu’un jusqu’à la fin de son mandat, quelqu’un qui le protège.
Disons aussi qu’au ministère de l’intérieur, Villepin n’a pas fait dans la souplesse. Il a même prononcé un ou deux discours ultra-droite et ultra musclée sur le thème de l’immigration.
Il faudra qu’il fasse équipe avec Sarko.
Génial, ça promet.
Chirac ne voulait pas de Sarko, Premier ministre. Trop capable de le trahir ou de l’humilier. Sarko est un tueur. Ce n’est pas à son âge et avec son ambition que l’on se refait.
Sarko qui a retrouvé Cécilia paraît-il. Il va mieux, moins tendu, moins à la rue…
Voilà, la France est sauvée…
Amnesty
Amnesty, courageusement, continue à dénoncer les conditions de détention à Guantanamo.
« G.W. » balaye d’un revers de la main en conférence de presse : absurde, dit-il, puisqu’il n’a pas grand-chose à dire…
Petit article très intéressant sur la question dans le Herald Tribune. Depuis la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, en juin dernier, reconnaissant le droit des prisonniers de Guantanamo à se défendre devant une juridiction fédérale, de plus en plus d’avocats américains s’intéressent à ce qui se passe à Guantanamo, et prennent en charge la défense des prisonniers. Des grands cabinets se sont investis dans ce combat, et à leurs frais. Et aujourd’hui plus du tiers des embastillés ont un avocat.
L’impact de ce mouvement a permis de considérablement humaniser les conditions de détention à Guantanamo.
Il ne faut jamais désespérer de la démocratie, même aux États-Unis…
Fractures
La plupart des grandes villes, Paris en tête, ont voté oui.
On est en pleine fracture « sociale », « spatiale », « géographique », selon les mots utilisés par les spécialistes.
Le non, c’est celui de la France fragile, la France populaire, pour faire un raccourci.
Le non, c’est le ras-le-bol.
Le non, c’est « l’anti-liberalisme », devenu le mot magique, le xanax de ceux qui ont peur.
Le non, c’est le phantasme d’une société sociale, c’est-à-dire miraculeusement protégée des évolutions fulgurantes du monde.
Il faudra bien parler un jour à ces gens, parler à ces « classes populaires », répondre à cette angoisse majeure qui entraîne le repli, le populisme, l’émergence de politiciens sans scrupules.
La démocratie ne peut être uniquement l’instrument des élites, mondialisées, éduquées, ouvertes sur le monde.
La démocratie doit fonctionner pour tous, et en particulier les plus faibles sinon elle meurt.
J’ai lu un jour que l’idéogramme chinois pour exprimer le mot crise est composé de deux symboles. Un symbole pour le mot « danger » et un autre pour exprimer l’idée « d’opportunité ».
La France a-t-elle encore des ressources pour saisir « l’opportunité » ?
Dans un moment de découragement, je m’imagine déménager dans un pays neuf, jeune, qui croit à l’avenir ; je regarde la carte, et finalement, je ne vois pas, je ne trouve pas ce pays…
Pourquoi voter « non » ?
Il y a le non de la peur : celle des gens fragiles, dépassés par l’ampleur du projet, par la dureté du monde, la peur du Roumain et du Polonais, la peur de la mondialisation, de Bolkenstein…
Il y a le non phantasmatique, celui de l’antilibéralisme, le non de ceux qui rêvent d’une révolution soft, d’une autre société improbable et impossible.
Il y a le non du ras-le-bol, contre Chirac, contre Raffarin, contre ce gouvernement de médiocres, contre les patrons…
Il y a le nom cynique et stratégique de ceux qui ont de grandes ambitions, de ceux qui voient loin, du coté de l’Elysée.
Il y a non prévisible, celui des destructeurs, l’extrême gauche, les communistes qui se retrouvent dans une étrange embrassade avec l’extrême droite souverainiste et Lepeniste…
Le bon côté des choses : nous avons vécu une véritable campagne politique, nous avons vécu un incroyable débat, un débat qui a traversé la nation, les familles, les amis. Les passions françaises se sont déchaînées. La France à vécu le débat dans ses tripes.
Il y a toujours quelque chose de magnifique et d’émouvant devant le spectacle de la démocratie.
Je suis privilégié : je vis en démocratie.
Je ne suis pas insensible à certains arguments du non. Je suis passé du oui enthousiaste, idéaliste, à un oui de raison. Bien sur que la Grande Europe est effrayante. Et complexe. Bien sûr que les Polonais et les Roumains font peur. Bien sur que ce texte semble impossible à réviser ou à changer.
Mais y a-t-il un autre chemin ?
Ce projet à 25 nations est unique dans l’histoire de l’humanité.
Non
La France, finalement, elle vous emmerde.
Une Bérézina, une claque historique, un Titanic politique, un Hiroshima électoral
55 %, ou peut être 56 % de non.
Grosse déprime.
Spectacle affligeant, à la télévision, de la classe politique qui se déchire, qui s’engueule, qui s’interpelle, tous des minables, perdants et gagnants.
La France malade, la France repliée sur elle-même, en crise, apeurée, qui torpille au passage le projet européen pour des années, et les voilà, ces élites qui se mettent sur la gueule comme des boxeurs de seconde zone.
Référendum
L’impression de vivre un moment d’Histoire.
La France sur le fil, comme suspendue.
Si elle dit non, c’est la crise et la tempête.
Si elle dit oui, c’est peut-être le changement, le début de quelque chose.
Dîner parisien
Quelles sont les deux grandes aventures de notre période : la construction européenne et la reconstruction de l’Afrique du Sud. C’est ici et là que se retrouvent justement les symboles d’un autre monde, meilleur.
Lu un article remarquable dans Le Monde aujourd’hui : en pratiquant le ni-ni depuis plus de vingt ans, ni socialisme ni libéralisme, la France a renoncé à la reforme pour des raisons de confort politique. Résultat, aujourd’hui, les Français ont plus d’impôts et plus de chômage. La paralysie du modèle à conduit à l’échec social
Dîner parisien tout à l’heure. On parle beaucoup d’Europe. Une belle Italienne conclut définitive et ironique : en France, vous avez quand même quelques vrais hommes politiques, Sarkozy par exemple, ou bien Jospin. En Italie, rien, il n’y a que des magouilleurs ou des médiocres.
Un autre journaliste commente : Les référundums, c’est ce qu’il y a de pire en France. Les Français ne répondent jamais à la question qu’on leur pose.
Paris
Il fait beau sur Paris. Paris en été, capitale sensuelle, magnifique, capitale aussi d’un pays malheureux, divisé, en crise, d’un pays en dépression, qui s’apprête à voter « non », non à l’Europe, non à Chirac, non à la droite, mais aussi non à la gauche caviar, non à ce monde de brute, non au libéralisme, non au capitalisme, non aux grandes fortunes, non à ceux qui claquent des millions, non à l’usine, non au salaires à deux balles, non aux retraites à deux balles…
Il ya quelque chose de vrai et de fondamental dans ce raz le bol explosif.
Mais de quel autre chemin parle-t-on ? De quelle autre société magique, égalitaire, sans violence, ou les pauvres et les riches seront tous riches ?
Je ne crois plus au miracle. Il faut faire avec la société des hommes. Et j’ai toujours dit que je voterais « oui ». Oui à l’Europe. Oui à cette construction unique dans l’histoire de l’humanité qui rassemble des individus des confins de la Lettonie aux rives de la Bretagne et de la Grande-Bretagne.
Le Grand Jacques
Il y a quelque chose de profondément masochiste chez le Grand Jacques. Il aime se mettre en danger, il tente le diable, il échoue, il recommence.
Hier, la dissolution par exemple.
Le référundum aujourd’hui.
Peut-être veut-il se prouver encore et toujours qu’il peut survivre. Mais la politique est-elle uniquement une question de survie. Où est le souffle, la vision, le regard qui porte loin, au-delà d’une génération ?
Un blog ?
Tout le monde en parle. Tout le monde écrit sur la toile. Et je vais faire comme tout le monde. Je suis même en retard.
Ai-je quelque chose à dire ? Suis-je un bon journaliste, suis-je un bon écrivain de l’immédiat ? Ai-je le talent de lire entre les lignes ?
C’est vous, là bas, à l’autre bout des connections incertaines d’Internet qui pourrez me le dire.
