Hillary présidente ?
Je serai en voyage pour deux trois jours, et là où je vais (au bord d’une piscine, la plage pas très loin, un beau mariage le samedi, pas le mien, celui d’un ami…) , je ne sais pas si mes accès à l’Internet seront très fréquents, ou très faciles.
Donc, toutes mes excuses anticipées si le bloggeur n’est pas tout à fait au rendez-vous.
En attendant, je voulais vous parler d’une sacrée femme.
On la croyait un peu sur la touche.
Torpillée par ses idéaux et par les frasques de son mari, Bill Clinton, ex-président des États-Unis.
But Hillary is Back. Dans les derniers sondages, elle fait aussi bien, voir mieux que G. W. Bush. La femme trompée, la femme « de gauche » (aux États-Unis, c’est quasiment une insulte), la révolutionnaire (pire encore comme insulte) a réussi à rétablir son image. La voilà devenue respectable, plus au centre, presque une femme d’État. Bref, c’est déjà une candidate très sérieuse à la course pour l’investiture démocrate (en 2008).
D’où danger…
Elle est donc devenue la cible numéro un des milieux conservateurs. Les sites Internet de droite s’en donnent à coeur joie. Vous pouvez aller jeter un oeil sur stophillarypac.com pour vous faire une idée (« cette femme hait l’Amérique »). Et un bouquin, The Truth about Hillary, vient de sortir, traçant un portait au vitriol de l’ex-First Lady : colérique, hypocrite, impitoyable, lesbienne, et d’ailleurs elle aurait été même violée par son mari, en 1979, aux Bermudes, viol d’ailleurs à l’origine de la conception de sa fille Chelsea…
Dégueulasse…
Trop, c’est trop. La plupart des commentateurs et des journaux conservateurs se sont désolidarisés d’un livre mal écrit, mal construit et douteux…
En attendant, les hommes politiques sérieux s’inquiètent. Comme le dit un stratégiste du parti républicain : « C’est une sacrée bonne candidate, et beaucoup d’entre nous la sous-estiment… »
Hillary présidente ?
En tous les cas, ce sera toujours mieux que G. W. Bush…
Algérie : un plan historique
Un chiffre attrapé au vol dans la presse : boom pétrolier aidant, les réserves de changes de l’Algérie atteignent plus de 40 milliards de dollars, sans parler d’une bonne vingtaine de milliards qui dorment tranquillement dans les coffres des banques publiques. Jamais, depuis son indépendance, le pays n’a possédé un tel trésor.
C’est le nouvel eldorado qui fait fantasmer tous les grands hommes d’affaires, les investisseurs, les banquiers. Un étrange eldorado, d’ailleurs, exemple achevé d’une véritable schizophrénie économique, à la fois très, très riche, mais aussi pauvre et désorganisé.
La réalité quotidienne de l’Algérie laisse perplexe : chômage de masse des jeunes, infrastructures inexistantes ou dégradées, crise aiguë du logement, pénurie d’eau…
Le président Bouteflika a décidé de faire bouger les choses. Un plan très, très ambitieux, pratiquement de proportion historique, prévoit de dépenser près de 55 milliards de dollars en quatre ans, c’est-à-dire avant la fin de son mandat. Travaux public, transport, éducation, santé, logement, tout doit être mis à niveau.
Le plan est aussi séduisant, colossal que risqué. Comment un pays, notoirement sous-administré, pourra-t-il absorber une telle manne financière sans sombrer dans la corruption systématique et la gabegie ?
Un ami de l’Algérie commente : Avoir beaucoup d’argent, c’est bien. En dépenser dans les infrastructures et les grands projets, c’est toujours bon. Mais le problème de ce pays, c’est surtout les réformes nécessaires qui doivent enterrer une économie de rentier et de fonctionnaires pour préparer l’avènement d’une économie productive de biens et de services.
Le drame ivoirien
C’est probablement le conflit le plus révoltant de l’histoire moderne du continent. Une nation divisée, une économie durablement sinistrée, des victimes par milliers, six ans d’une guerre civile larvée, et un pays qui mettra des années à se réconcilier, à se reconstruire, à se retrouver une identité. Au nom de quoi ?
Les protagonistes de la crise ivoirienne sont à nouveau en Afrique du Sud. La mise en oeuvre des accords de Pretoria est au point mort. Les rebelles et les milices ne désarment pas. Les élections prévues fin octobre paraissent entièrement illusoires. Le président Thabo Mbeki s’impatiente. Les Nations unies aussi. On ressort la menace des sanctions. L’Afrique et la communauté internationale sont exaspérées : la crise ivoirienne n’a que trop duré…
Du calcul politique, du jeu des rancoeurs et des armes, rien ne peut sortir, sinon plus de destructions. Car dans une guerre civile, il n’y a jamais de vainqueurs. Il n’y a que des vaincus assis sur un champ de ruines.
La paix, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne, c’est accepter de vivre ensemble, de partager équitablement les richesses et les responsabilités. En Côte d’Ivoire, on en est loin, très loin…
Mystère à Téhéran
Stupéfaction d’un certain nombre d’analystes concernant l’Iran et la victoire presque nette et sans bavures du candidat ultra conservateur (et quasiment inconnu) Mahmoud Ahmadinejad.
Je ne connais pas ce pays et je laisse juste parler mon intuition.
Même très encadré par la morale et les intérêts des religieux, ce scrutin fut quand même relativement ouvert, avec plusieurs candidats, une campagne électorale, des enjeux, une compétition, ce qui est tout de même relativement rare dans le monde musulman.
La plupart de médias occidentaux qui ont couvert l’élection se sont focalisés sur l’Iran moderne, qui leur ressemble, celui des jeunes, des élites intellectuelles et d’argent, des femmes qui veulent s’émanciper. Mais aucun de ces médias n’est allé jeter un coup d’oeil sur l’Iran profond, celui des petites gens, des classes moyennes, des villes de province. On a vu uniquement ce que l’on voulait voir.
Or la victoire d’Ahmadinejad s’est construite sur le ras-le-bol de l’Iran d’en bas, des petites gens, des enfants de la révolution, qui se sentent spoliés, justement par la richesse des « modernes ». Et dépassés par les changements que l’on veut leur imposer. La rue, en quelque sorte, a besoin de justice plus que de démocratie et d’émancipation, et elle compte sur ce personnage austère et révolutionnaire, issu d’un milieu très modeste, pour la lui donner.
À cela s’est probablement ajouté un réflexe nationaliste fort, provoqué par le dossier du nucléaire et en réaction aux pressions américaines.
Deux ultimes remarques enfin :
La victoire du camp ultra conservateur ne résoud rien pour l’Iran. Le pays est profondément divisé, socialement, politiquement et ,d’une certaine manière, « civilisationellement ». Et, surtout, l’économie, archaïque, dirigée, reste en panne, incapable de fournir plus de richesses et plus de croissance.
La victoire du camp ultra conservateur enfonce un peu plus le rêve américain d’un grand Moyen-Orient occidentalisé. La théorie de G. W. Bush se heurte à la réalité d’un terrain bien décidé à ne pas se laisser « néo-coloniser »…
Sarko en fait trop
Nicolas Sarkozy a décidé de ne plus faire de langue de bois. Soit.
Sarko a décidé de parler, de s’exprimer, d’incarner en quelque sorte le ras-le-bol du Français moyen. Soit.
Donc, il faut nettoyer la cité des 4000 au « karcher ». Et « faire payer » les juges qui se trompent, qui relâchent, dans le cas précis, un peu trop vite un criminel déjà récidiviste et auteur par la suite d’un meurtre. Les mots sont malheureux, mais visiblement choisis, le ton est légèrement nerveux, excessif…
Sentiment de malaise. Sur le fond, le superboy de la droite française n’a pas tort. Mais on attend d’un homme politique de la vision, de la hauteur, un sens de la mesure, de l’équilibre. Sarko, lui, m’inquiète. Je le trouve un peu « hyper », un peu « forcé », dans l’auto-allumage, s’estimant capable de tout résoudre. Et un ministre fort n’a pas besoin de hurler, de s’énerver, d’en rajouter pour se faire entendre.
Et puis, si la France était aussi facile à gouverner, s’il suffisait de gueuler un bon coup et de taper sur la table, ça se saurait.
Sexy capital
Paris sous le soleil, c’est à la fois l’enfer et le paradis du « mâle ».
Les Parisiennes sont belles, libérées des pulls et des jupes longues de l’hiver. Elles se dévoilent avec élégance. Les courbes apparaissent, parfois fugitives, parfois entières, les chemises et les ticheurtes laissent deviner les rondeurs et les pointes, les jupes courtes enflamment l’imagination des hommes, un peu hagards (chaleur et désir…)
Les Parisiennes, élégantes, séduisantes, sensuelles avec cette intelligence et cette audace, cette assurance dans le regard…
Les Parisiennes, femmes modernes…
À ce propos, la télévision montre les images de la première femme ministre au Koweït. Une véritable révolution, paraît-il, pour cet émirat conservateur. Elle intervient au Parlement. Des députés la sifflent, essayent de l’intimider, de couvrir ses paroles. Ils ne supportent pas le symbole.
La ministre tient. Elle ne se démonte pas. Elle est courageuse.
Dans quel siècle vivent les pauvres types qui la huent ? Quelle masculinité et quelle culture croient-ils défendre ?
Les pauvres sont sauvés
Retour sur l’affaire de la dette. Mon malaise ne passe pas. L’emphase et l’autosatisfaction des « bons Blancs » m’énerve : « Accord historique, tournant pour l’Afrique, nouveau départ… » On parle d’une cinquantaine de milliards de dollars de « remise de peine » pour « sauver » cent quatre-vingt-cinq millions de personnes réparties sur 18 pays. Une goutte d’eau dans l’océan de la dette globale du sud : 2 500 milliards de dollars !
Bob Geldof, vieux rocker fatigué et figure familière de l’humanitaire qui swingue, nous propose à nouveau un « live aid » grandiose pour le 7 juillet… Super, on respire, tout va bien, la malaria, la malnutrition, l’analphabétisme, sont en voie d’éradication. C’est sûr, nous sommes sauvés…
Au fait, aujourd’hui, au XXIe siècle, la grande pauvreté concerne encore près d’un milliard d’êtres humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour.
Orages
Chaleur caniculaire sur la capitale gauloise.
Puis, orage phénoménal.
Nuit noir en plein milieu de journée. Des trombes d’eau. Des fugitives impressions de fin du monde.
Je suis vissé à mon ordinateur. En attendant que ça passe.
Un bruit d’eau, très proche, trop proche. De l’eau coule de mon plafond. Je patauge. Mon bureau inondé. Je sauve ce que je peux sauver. L’ordinateur, la télévision, les papiers importants, la feuille de l’huissier qui me poursuit pour que je paye mes p.v.
Le bureau est foutu. Il va falloir que je déménage. Dans la pièce d’à côté.
Une vague déprime s’installe. Je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être cette lumière crépusculaire. L’impression aussi que nous ne sommes pas grand-chose, que nos egos démultipliés sont toujours à la merci d’une nature indépendante qui se fiche complètement de nos petits destins…
Je sais, ce n’était qu’un orage. Justement…
Je regarde la télévision.
Six mois après le tsunami, en Indonésie, un père vient de retrouver sa fille de seize ans qu’il croyait morte.
La vie qui tente de vaincre.
Sourire. Je vais aller dîner avec des amis.
La vie sans pétrole ?
Le baril de brut flirte aujourd’hui avec les 60 $ à New York.
On imagine les surplus budgétaires chez les pays producteurs. En Afrique, bien sûr, et au Moyen-Orient, évidemment.
Un homme de la finance me le confirme : c’est un véritable boom de dépenses et d’investissements. Les pays du golfe sont « lâchés ». Ils croulent littéralement sous les dollars. Les avions pour Ryad, Doha, Abu Dhabi, Koweït sont pleins de jeunes aventuriers décidés à capter une part de cette fortune…
Une image me frappe. Et que se passera-t-il si, dans vingt à trente ans, les réserves s’épuisent ? Certains analystes estiment que la possibilité d’un monde avec très peu de pétrole, dans moins d’une génération, n’est pas totalement illusoire. Que deviendra l’industrie automobile ? Comment évoluera le transport aérien ? Ce sera le retour du train et du charbon… Quels rôles auront alors les derniers pays producteurs de pétrole ? Seront-ils capables de protéger leurs puits ?
Un film me revient à l’esprit, Mad Max, vision délirante et cauchemardesque d’un monde sans pétrole ou presque…
Modern work japanese style
Les Japonais, on le sait, sont souvent à l’avant-garde en ce qui concerne la gestion du travail et la motivation des troupes. Cf. l’exemple suivant pioché dans le quotidien anglais Financial Times, repris par Courrier International. Shigenobu Nagamori, patron de Nidec, fabriquant de composants électroniques, propose une nouvelle méthode de formation : « Je veux des salariés qui n’aiment pas seulement faire un travail agréable, ce qui est le cas de tout le monde, mais qui sont également heureux de faire le sale boulot. »
Et donc, les nouveaux jeunes diplômés qui entrent chez Nidec doivent d’abord apprendre à nettoyer les toilettes de l’entreprise…
Étrange culture japonaise tout de même, qui associe encore l’humiliation et la discipline.
