Demain, grandes manifs en France

le 27 mars 2006

Mardi, en France, c’est la grande journée d’action contre le CPE, le contrat premiere embauche.
On peut s’attendre au pire, en particulier à la déferlante des casseurs…
Je reviendrais sur cette histoire que je trouve paroxystiquement française.
Mais, en attendant, une remarque :

Depuis la fin du premier mandat de François Mitterrand, c’est-à-dire 1987, c’est-à-dire bientôt 20 ans, la France a été incapable de faire passer la moindre reforme de son école, de son université, de son marché du travail. Depuis près de vingt ans, les Français refusent une adaptation nécessaire de leur fameux « modèle social ». Et depuis 20 ans, les pouvoirs, de gauche comme de droite, se sont réfugiés dans l’immobilisme, dans le fameux « ni-ni » inventés d’ailleurs par Mitterrand.

Résultat, depuis 20 ans, et grâce donc au fameux modèle :

Le chômage augmente année après année. Ce qui accentue d’autant la fameuse « précarité » que tout le monde cherche à éviter.

La dette publique de l’Etat (donc des Français) a explosé et progresse d’une année sur l’autre.

La richesse globale des Français a diminué. Les Français sont passés du sixième rang mondial en terme de revenu par habitant à 15 ou 16eme…

Demain élections en Israël.

le 27 mars 2006

Ce matin, à la radio, j’entends un commentaire d’un éditorialiste de Haretz (le grand quotidien de gauche israélien). Interview à propos de Kadima, le parti soi-disant « centriste », fondé par Ariel Sharon (dont on connaît évidemment les positions équilibrées sur la question de la paix).

Le commentateur(c’est un Israélien respecté, mais dont je ne retrouve pas le nom) nous dit : « Il ne faut pas se faire d’illusions. Pour les gens de Kadima, les Palestiniens sont des fantômes, des non-êtres qu’il faut pousser d’une manière ou d’une autre au-delà d’une frontière et des murs, qu’il faudra leur imposer par la force… »
Prometteur.

Autre moment d’info qui éclaire un peu plus encore l’état du processus de paix au moyen-Orient.

J’ai lu une interview de Mahmoud Abbas, le président d’une autorité palestinienne assez moribonde. Publiée par le quotidien arabophone Hayat, et reprise par Jeune Afrique, elle donne deux trois choses fortes que je vous résume : « Ariel Sharon détestait Yasser Arafat, c’était physique. Intrinsèque. Il a toujours refusé de lui serrer la main (…). Je n’exclus pas qu’Arafat ait été assassiné. Les médecins français ont été habiles. Ils nous ont dit : les analyses ne contiennent pas de poisons ou de substances connues. Connues, voilà le mot qui compte, tout est là. Mais nous avons besoin de preuves. »

(Futurs) vacances

le 26 mars 2006

Je sais.
Je ne brille pas vraiment par mon assiduité vis-à-vis du blog en ce moment.
La vérité, c’est que je suis un peu « cuit », « toasté », fatigué, carbonisé. Plus une semaine assez rude pour boucler le numéro d’avril de notre magazine, plus d’autres occupations bureautiques diverses mais lourdes…
Pas une raison. Suis d’accord.
Mais écrire ça demande de la vitalité et de l’énergie. Et là, franchement…
D’ailleurs, je ne vais pas tarder à partir en vacances.
Des vacances au soleil, au bord de la mer.
Depuis le temps que j’en parle…

Irak, triste anniversaire.

le 20 mars 2006

Il y a trois ans, la guerre du Golfe 2, la guerre d’Irak, commençait.
Je me rappelle encore de ma stupéfaction dans mon bureau.
À la télévision en direct. Bagdad illuminée et bombardée…

Saddam est tombé.
Le pays est en ruine, occupé, en plein chaos.
Colère devant l’arrogance et l’incompétence de cette Amérique soi-disant libératrice, avec ses George Bush, ses grasses multinationales du pétrole et de l’armement, ses Guantanamo, ses Abou Ghraïb.
Images à la télévision.
Une bombe encore, je ne sais pas où, sur un marché chiite.
Et des sunnites que l’on a retrouvés dans une cave, liquidés par des paras militaires du ministère de l’Intérieur.

Quand commence une guerre civile ?
50 morts par jour, est-ce que ça fait une guerre civile ?
Après tout, ça fait 600 morts par an.
Peut-être est-ce alors la guerre dite larvée ?

La même colère devant les images de ce pays qui se déchire, des gens d’un même peuple, qui s’entretuent au sein de la même communauté de croyants.

La révision des 40 ans

le 19 mars 2006

J’ai fait, à la demande de mon médecin, quelques analyses médicales.
C’est la révision des quarante ans…
Seul problème : à chaque fois que l’on fait des analyses, des prises de sang, on s’imagine le pire.
C’est sûr, j’ai les triglycérides qui ont dû exploser…
La ferritine, j’en parle pas.
Le cholestérol (avec tous ces drinks avec les potes à la terrasse du Flore…) aura largement attaqué mes artères. D’ailleurs, c’est simple, je suis au bord de la crise cardiaque…
Et je ne parle pas du test de séropositivité, devenu pratiquement automatique Et véritable déclencheur de l’angoisse par anticipation (avec retour mental répétitif sur cette fameuse nuit un peu folle…)
En remontant vers le labo, j’ai les jambes comme de la guimauve. C’est mon côté légèrement hypocondriaque.

La laborantine me sourit. Mon regard se perd. Elle porte des bas résilles, juste sous la blouse blanche, étonnant, surprenant dans l’environnement.

Non, finalement tout va bien.
Le corps est à peu prés fonctionnel.
Pas trop déglingué pour un quarantenaire.
Ca me rappelle cette chanson, un truc de boîte qui bouge bien : « physically fit, physically fit… » .

Dommage que pour l’âme et l’esprit, les choses ne soient pas si simples.
Des analyses et hop tout va bien, il n’y a pas d’angoisse, pas de stress, pas de traumatisme lointain…
Vous baignez dans le bonheur, cher Monsieur, vous dit la laborantine en bas résille…

AM 3

le 16 mars 2006

Merci pour tous ceux qui ont fait des commentaires concernant AM.
Ceux qui ont encore des choses à dire, surtout continuez à envoyer vos idées, commentaires, etc, etc…
Nous allons les éditer, et ils seront discutés avec toute l’équipe à la prochaine réunion du magazine, début avril.
Ce sera en quelque sorte le lancement officiel et symbolique du projet
AM 3.
Voilà, les grands connaisseurs du magazine (et du GJA) pourront se demander à quoi correspond le 3. Et que furent le AM 1 et le AM 2…

Un monde de femme

le 15 mars 2006

Un texte de moi-même publié dans le dernier numéro de JAI.
Pour ceux qui ne l’ont pas lu.
Et ceux qui sont concernés, c’est à dire, normalement, tout le monde…
Donc:

Le 8 mars dernier ce fut la journée de la femme.
Étonnante célébration : un jour par an pour appréhender la situation de la moitié (un peu plus même) de l’humanité…
Dans le monde occidental, riche et protégé, on a beaucoup parlé des limites de la parité, des obstacles auxquelles sont confrontées des femmes qui travaillent, qui élèvent des enfants, qui font face aux derniers remparts du machisme. Malgré tout, ici, dans ces sociétés très évoluées, les femmes sont presque au coeur du monde, avec les hommes. La guerre des sexes est presque finie. Aujourd’hui, une femme pourrait s’installer à la présidence de la République française. Hier, il y a peine 50 ans, elle n’avait pas le droit de vote…
Évidemment, ceci ne concerne qu’une minorité de femmes et de pays. On pourrait aussi rappeler que, du nord au sud de la planète, la principale cause de décès, ou d’invalidité, d’une femme entre 16 et 44 ans, avant le cancer ou les accidents de la route, reste la violence domestique. Que 80 % des réfugiés de la planète sont des femmes. Que plus des deux tiers du milliard d’analphabètes sont des femmes. Que les femmes produisent plus de 60 % de la nourriture mondiale (parfois prés de 90 % dans certaines régions d’Afrique et d’Asie) alors qu’elles ne possèdent que 1% des terres. Rappelez aussi que celles qui sont nos mères, nos soeurs, les partenaires de notre vie et les mères de nos enfants sont les victimes d’une violence masculine permanente. Une femme sur trois a été ou sera battue, abusée sexuellement au cours de son existence. Le viol de guerre, en particulier en Afrique centrale, est devenu une véritable arme de destruction massive. Sans parler des autres « atrocités culturelles », comme les crimes d’honneurs ou les mutilations génitales (130 millions de femmes excisées dans le monde).
Cette violence stupéfiante coexiste pourtant avec une évolution fondamentale de la société humaine: sa féminisation. Quelle que soit la région du monde, même avec des variables énormes, des régressions temporaires, l’idée que les femmes sont des citoyennes à part entière et des êtres politiques progresse. L’idée qu’elles sont au coeur du developpement économique et social aussi. C’est une tendance de fond, structurelle, qui a largement influencé le monde occidental et qui touche maintenant l’Asie, le monde arabo-musulman, l’Afrique subsaharienne. Une tendance qui fait que les chiffres désespérants que l’on a évoqués ne sont plus considérés comme une « fatalité », au contraire. Que la maîtrise de la natalité progresse dans de nombreux pays émergents. Que les jeunes femmes représentent du tiers à la moitié des inscriptions universitaires des pays du sud. Il y a cinquante ans, les femmes n’existaient pratiquement pas, ni politiquement, ni socialement, ni économiquement. Ce n’est plus le cas. Certaines régions, comme le Maghreb ou l’Asie du sud est, ont connu une véritable révolution mentale et juridique.
Le monde n’est plus uniquement la société des hommes…

Avions

le 14 mars 2006

J’étais encore en vadrouille.
En avion.
Les avions sont un aspect très important de ma vie, de l’histoire de ma vie, de ma vie professionnelle, de mes rêves et des mes phantasmes.

Un beau spectacle ce matin juste avant d’atterrir à Roissy. Une pleine lune imposante dans une nuit parfaitement claire, avec toute la ville de Paris, surprenament immense et illuminée. L’avion trace lentement, presque sans bruit, tout est silencieux, on plane, comme dans un beau rêve, au-dessus d’une humanité qui paraît à la fois tranquille et majestueuse.
Ce ne serait pas six heures du matin, je n’aurais pas la tête à l’envers que cela aurait mérité une belle coupe de champagne (voir deux).

Je profite toujours de l’avion pour lire, des dizaines de journaux, de magazines, de revues. Je profite du voyage pour laisser mon esprit vagabonder. Je fais des plans sur la comète, je « stratégise », je rêve, je profite de cet aspect clos, confortable (la plupart du temps), ou presque personne ne vous dérange. Et ou vous pouvez regarder le ciel ou les étoiles à tout moment.

Reprendre contact avec la magie de notre monde.

J’ai des images comme ça, fixées au fond de mon esprit.

Un vol de nuit Johannesburg - Paris :
Ces feux de camp au coeur de la forêt équatoriale que je distingue par une nuit exceptionnellement claire, comme autant des petits points rouges dans la masse du continent.

Les chutes du lac Victoria avec un pilote un peu fou qui nous fait voler son Boeing 737 sur l’aile, pour mieux les voir…

Un atterrissage de nuit à Ouaga, moi dans le poste, derrière le pilote d’Air Afrique, fasciné par la piste au loin, ce petit trait de lumière qui tangue dans l’immensité.

Un vol qui revenait de je ne sais ou en Afrique de l’Est vers Paris, et le bras du Nil, mince et interminable, bleu, perdu dans l’immensité du désert soudanais.

Un vol vers New York, vers l’aéroport intérieur de La Guardia, il est 19 heures, nous sommes en été, les tours s’illuminent sur un fond de soleil couchant et l’avion longe Manhattan, je suis du bon coté, l’Amérique orgueilleuse et fascinante défile sous mes yeux.

Et puis cet unique voyage en Concorde, quelques mois avant l’arrêt de l’avion supersonique. On vole à Mach, je ne sais pas combien, on mange du caviar, on boit du champagne, les hôtesses sont presque belles (c’est devenue rare…). On est les maîtres du monde, presque euphorique, malgré cette sensation d’étroitesse, de fragilité. Un seul câble qui lâche et nous serons tous chaleur et lumière (à Mach je ne sais pas combien) au-dessus de l’Atlantique.
Je m’en fous. Je jouis de cette double sensation, absolue maîtrise et absolue fragilité. Je jouis de cette impression d’être comme un funambule de luxe, indifférent au vide.

Les maîtres du monde (2)

le 7 mars 2006

Selon la société de conseil américaine BCG (Boston Consulting Group), il y a 7 millions de « vrais riches » sur la planète, c’est-à-dire dont les avoirs privés en gestion dépassent 5 millions de dollars. Ces 7 millions de riches « pèsent » approximativement 13 000 milliards de dollars. Ces 7 millions de privilégiés représentent 1,1% de la population mondiale et plus de 15% des avoirs mondiaux.
Parmi ces sept millions de personnes, il y a une « super caste » de quelques dizaines de milliers de « super boss ». Industriels, entrepreneurs, rois du show-biz, patrons de la nouvelle économie, des media, d’Internet, ils peuvent, d’un claquement de doigts, faire bouger des centaines de milliards de dollars d’un point à un autre, déplacer des milliers de jobs et d’emplois, d’un pays à un autre, transférer des actifs de là à ailleurs…
Sans que les États, les juges, les institutions de régulations n’aient vraiment quelque chose à dire.

Aurtre chiffre guère plus rassurant :

D’après Jean Peyrelevade, économiste et ancien banquier français (en particulier au coeur de la tempête du Crédit Lyonnais) trois cents millions de personnes contrôlent la quasi totalité de la capitalisation boursière mondiale. Ces trois cents millions de personnes confient en général la moitié de leurs avoirs à quelques dizaines de milliers de gestionnaires dont le seul objectif est d’enrichir leurs mandants. Ces gestionnaires répondent à des exigences de rentabilité excessive qui n’ont plus à grand chose à voir avec le développement normal des entreprises. Les managers et chefs d’entreprises sont devenus dans le processus les esclaves des actionnaires qui exigent plus, et plus vite. Aux dépends de la volonté d’entreprendre, de la création d’emploi, de la croissance durable, ou de l’écosystème de la planète.

Peyrelevade appelle cela « le capitalisme total *», c’est-à-dire un capitalisme modèle unique d’organisation de la vie économique internationale, dirigé uniquement par les possédants et leurs gestionnaires, et qui règnent sans partage, ni contre-pouvoir sur le monde et ses richesses.

Welcome to the XXIst century…

* : Le capitalisme total, par Jean Peyrelevade au Seuil, 10,5€

Amis bloggeurs (et consultants)

le 7 mars 2006

Je viens vers vous et vos conseils.

Comme tous les journaux, AM a besoin d’évoluer et changer, de se renouveler, de s’adapter.
Comme disait, je crois, Charles De Gaulle, tout est ce qui est immobile est mourrant (ou quelque chose comme ça…). C’est particulièrement vrai pour la presse magazine.
C’est particulièrement vrai pour AM et pour des raisons que je ne tarderai pas à vous l’expliquer (un peu plus officiellement).

En attendant, il faut que l’on bouge. Mais sans faire de révolution inutile. L’idée n’est pas de bouleverser. L’idée est de s’améliorer.

Et je me suis dit que vous tous, ceux en tous les cas qui lisent le Mag de temps en temps ou régulièrement, vous aviez certainement une opinion.
Est-ce que vous aimez ce journal ?
Est-ce que vous le trouvez ringard, illisible ?
Quel AM différent aimeriez-vous lire ?
Qu’est ce qu’il faudrait enlever ? Modifier ou ajouter ?
Quelles évolutions rédactionnelles et/ou graphiques ?
Quels genres de rubriques régulières aimeriez-vous voir naître ?
Trop de people ou pas assez ?
Trop de politique ou pas assez ?

Allez, je compte sur vous. Soyez nos consultants d’un jour. Laissez-vous aller, faites votre rédacteur en chef pour un (bon) moment.

Et merci d’avance.