Le dernier homme d’état français ?
Toujours dans l’avion (voir blog ci-dessus), et toujours en lisant, je me dis que les élections présidentielles françaises (mai 2007) s’annoncent vraiment mal.
La France est sérieusement déglinguée. Et je ne vois pas qui, aujourd’hui pourrait incarner une promesse pour ce pays.
J’avoue, j’ai presque failli succomber à la séduction
«Sarkozyste ».
Le coté baroudeur, volontariste, cette impression de jeunesse, de renouvellement possible.
Mais sur le fond politique, le personnage est vraiment trop trouble. Trop à droite. Trop Bushien d’une certaine manière. Trop de phrases inutiles et blessantes (le karcher, la racaille, les étrangers qui n’ont qu’a quitté la France…). Trop prêt à tout pour assouvir son ambition.
On ne voit que cela chez lui, de l’ambition. Une ambition brute, promue au rang d’objectif vitale. On ne sent pas la vision, la maîtrise et la maturité d’un homme d’Etat. Que veut-il faire de la France à part la gouverner ?
Je m’imagine Sarko président et je vois un éléphant dans un magasin de porcelaine…
Et puis, comme me dit un ami très introduit dans le marécage politique : « il ne faut pas se faire d’illusion. Chirac, et une partie de l’UMP, feront tout pour le flinguer et lui faucher les 2% qui font toute la différence… »
J’avoue, j’ai presque failli succomber, aussi, à la séduction de notre Ségolène Royal.
Une femme d’abord, quelle magnifique révolution ce serait dans ce pays de politiciens machistes. Une femme avec cette erotisme discret de la bourgeoise en plus, ce coté distante, déterminée, élégante, sans failles…
Et puis, en dehors de ces délires masculin, il parait que Ségolène serait « Blairiste », qu’elle incarnerait enfin, cette autre gauche, pragmatique, réaliste, moderne.
Le problème, c’est que Ségolène ne dit rien. On ne sait pas ce qu’elle veut, ce qu’elle pense réellement, sur qui elle s’appuierait pour gouverner. Elle ne dit rien ou presque sur les grande questions du moment.
Et voilà qu’on la trouverait presque Sarkozyste, elle aussi. De l’ambition, du talent, de la volonté, de l’énergie, mais pas cette chose essentielle, ce surplus d’âme politique et de vision qui en ferait une vraie femme d’Etat.
Villepin lui est carbonisé sur les deux tranches. CPE, CNE, Affaire Clearstream… Le chevalier s’est fait descendre en rase campagne.
Je ne vous parle pas des extrêmes droitistes ou gauchistes. Je ne vous parle de Le Pen vermoulu dans le grand âge et les idées facho qui croit son heure enfin arrivée. Je ne vous parle pas de Bayrou, de Lang, de Fabius ou de Strauss Kahn, avec leurs petits rêves de grandeurs… passées.
Et je me dis finalement, presque à contre coeur, que le seul homme politique d’envergure que la France possède en portefeuille, c’est Lionel Jospin. Je sais, c’est de l’ancien, je ne suis pas un fan, mais franchement, je ne sais pas si on a beaucoup mieux.
Allez Lionel, on sait que tu y penses. Revient dans l’arène.
Revue de presse aérienne
Je suis à Tunis.
Il fait moche, il pleut, c’est le monde à l’envers.
Dans l’avion hier, comme d’habitude, j’ai fais ma cure média, des magazines, des quotidiens, des revues… De la lecture terrestre dans les nuages, agrémentée de deux ou trois coupes de champagnes, je trouve cela éminemment paradoxal et enivrant.
Les Inrockuptibles (hebdo culturel bobo parisien de grande qualité) évoque les 50 blogs incontournables.
Je n’y suis pas.
Damned. Va falloir que je m’occupe de ma promo, si un jour je veux faire partie des blogs incontournables.
Et /ou peut-être aussi que je trouve le moyen d’accorder plus de temps à mon « changement d’air »…
Un grand quotidien, je crois que c’est Le Monde, fait remarquer que la question nucléaire a réussi à fédérer une grande majorité des iraniens autour du régime. Alors que sur tout le reste, l’économie, les moeurs, la liberté, le statut des femmes, les Mollahs et le président Ahmadinejad prêchent littéralement dans le désert. Voilà donc un remarquable effet de la politique américaine en Iran : le renforcement des « durs ».
En parlant d’Amérique, The Economist évoque l’effondrement dans les sondages des républicains et du président G.W Bush. Selon toutes évidences le « grand old party » (le vieux grand parti) devrait perdre les « mid-term » élections de novembre prochain au Congrès. Seul petit problème, les Démocrates sont nuls, inaudibles, divisés par une terrible guerre des chefs. Et ils n’ont rien à dire sur les grande questions qui divisent les Américains : l’Irak, le terrorisme, la sécurité, le prix du pétrole…
On regretterait presque Bill Clinton, ses qualités, ses défauts, ses magnifiques conneries (« I swear, I didn’t have sex with that woman ») et son équipe.
Ce matin, en regardant la télévision, je vois Ayman El Zawahiri, le numéro deux d’El Qaida, qui annonce dans une vidéo, les pires catastrophes pour les Etats-Unis. En moins de dix jours, on a donc découvert que Ben Laden, Zarkaoui et Zawahiri sont toujours vivants.
La guerre contre le terrorisme progresse à pas de géant…
Paix des braves, un jour…
Comme de temps en temps, voici en avance de deux jours sur Jeune Afrique, qui a retrouvé son nom original, un édito de myself.
Sur un sujet qui me touche vraiment et qui me tient à coeur.
Parce qu’au fond tu es un arabe, m’a dit un jour un de mes meilleurs amis.
Je ne crois pas. C’est l’injustice qui me touche.
Donc:
17 avril 2006.
Attentat sanglant à Tel-Aviv, 11 morts, des dizaines de blessés, la terreur et l’horreur.
Un gosse d’à peine 21 ans, le cerveau lavé par les radicaux du Djihad Islamique, a réussi à passer tous les barrages, y compris ce mur infâme, pour aller se faire sauter et mourir et tuer…
Bombardement quotidien de Gaza par l’artillerie israélienne….
Vivre à Gaza, à l’époque de l’administration militaire israélienne, c’était déjà l’enfer. Aujourd’hui, c’est mieux, c’est un enfer libéré…
En Cisjordanie, il y a ce mur gris, en béton, stupéfiant qui coupe en deux les cours d’écoles, les villages, les champs d’oliviers…
Ehud Olmert, futur Premier Ministre d’Israël, est content. Lui, son parti Kadima et le fantôme d’Ariel Sharon ont gagné les élections. Très laborieusement.
Olmert annonce qu’il va tracer au couteau les futures frontières d’Israël. Et donc elle d’une Palestine sous format bantoustan, encerclé, morte avant d’être née.
Le Hamas aussi a gagné les élections. Démocratiques. Mais c’est le Hamas, les islamistes, donc que la démocratie ne vaut plus. Pas d’argent pour le Hamas. Le Hamas s’en f… d’ailleurs. Ils vont gouverner en martyr, sans un rond, sans perspectives. Juste pour la gloire.
Nous sommes en 2006, cela fait plus de soixante ans que dure ce drame, que meurent les gens, que meurent enfants, femmes et soldats, et tout cela est consternant.
Des deux cotés du mur, les peuples sont épuisés. La peur et la haine de l’autre est devenue consubstantielle à l’identité de soi.
On ne me fera pas croire que tous les Palestiniens sont tous des terroristes, qu’ils sont tous islamistes et anti-sémites.
Comme on ne me fera pas croire que tous les Israéliens sont des juifs extrémistes, des colons ou des occupants. Beaucoup d’entre eux sont contre l’occupation. Beaucoup d’entre eux aussi ont peur, se sentent encerclés, menacés dans leur identité et dans leur foi.
Mais tout cela n’empêche pas de reposer sur la table certaines vérités.
Les Palestiniens vivent, d’une manière ou d’une autre, sous occupation militaire depuis près de 60 ans. Plus de trois millions d’entre eux sont des réfugiés, jetés dans des camps et dont le sort n’intéresse personne ou presque (y compris les Arabes). Les résolutions des Nations Unis qui protègent l’idée Palestinienne sont constamment ignorées ou bafouées. La colonisation des terres palestiniennes est vérifiable, sur le terrain, chaque jour que Dieu fait.
Les projets d’Israël visent à la création d’un espace palestinien, morcelé, invivable, sur tous les plans. Ce qui ne fera que faire durer la guerre, longtemps encore, sous d’autres formes.
Les Palestiniens ont majoritairement et publiquement reconnu le doit à l’existence d’Israël.
On attend toujours une déclaration solennelle d’Israël sur le droit à
l’auto - détermination des Palestiniens.
Une paix réelle est possible si les plus forts, Israël et les Etats-Unis, reconnaissent le droit du plus faible, le droit de ceux qui sont victimes d’une formidable injustice historique.
C’est le principe de la paix des braves et de l’égalité des rêves.
Un jour, le printemps
Il y a toujours ce moment particulier, ce jour où la lumière du ciel rejoint les premiers parfums de fleurs, ce moment ou les arbres ont, comme d’un seul coup, en une seule nuit, retrouvés leurs feuilles.
Aujourd’hui, 20 avril, le printemps est arrivé à Paris.
Le ciel était plus bleu, et les parfums enfin là. Un petit vent doux nous a réveillé. Les gens, parisiens, visiteurs, se sont mis à sourire, à déambuler. Les femmes, ces Parisiennes incontournables, retrouvent cette incroyable légèreté, cette séduction intelligente et irrésistible. Quelque chose de gai, de vital, traverse notre vieille capitale endolorie par l’hiver.
J’ai envie de choses douces, agréables, de secouer les contraintes, les pesanteurs.
Je sors d’une belle réception, en l’honneur de la médaille que la République Française a remis à une amie, Denise Époté Durand, directrice Afrique de TV5.
Denise mérite. Elle a un superbe parcours.
L ’air, les amis, quelques coupes de champagne, un peu à jeun.
La musique un peu fort dans la voiture pour fëter ce printemps tant attendu.
Hier soir, une lectrice a lu mes cartes, mon jeu, mon avenir, avec un tarot.
Je vous passe le détail de ses « lectures ».
J’avais beaucoup de question et je suis sensible aux voyances.
Juste à un moment, elle me dit : « il faut faire table rase du passé ».
Pas facile, mais j’aime cette idée. Le renouvellement. Les nouvelles vies, les changements.
Ca va avec cette journée de printemps retrouvé.
Appel d’offres
Je ne suis pas contre, au contraire, faire participer les lecteurs au contenu d’AM. Mais pour des raisons qui tiennent à la fois de la logistique, du réalisme, des contraintes techniques et commerciales, de mon emploi du temps et de ma stabilité mentale, un numéro 100% lecteurs (proposé par Dali) est impossible.
Par contre, tous ceux d’entre vous qui ont des envies d’écrire, des sujets à proposer, des portraits à nous faire partager, tous ceux qui auraient envie de devenir auteur ou journaliste, un moment, un jour, une semaine, (plus ?), alors welcome. Vous savez ou me joindre, proposez et si c’est bon, on roule.
Le « si c’est bon » n’est pas qu’une formule de langage ou de politesse. Écrire un article, une opinion, une enquête, une nouvelle, c’est pas de la tarte ( pour reprendre une expression savoyarde)
Le drame de l’écran blanc, l’arrachage de cheveux, les mots qui ne s’enroulent pas comme on voudrait, les idées confuses, la révision des règles d’orthographe (et ce n’est pas un spécialiste qui vous le dit) deviendront votre pain (noir) quotidien.
Écrire, c’est aussi prendre le risque d’être rejeté, pas compris, ou mal lu par un rédacteur en chef pas réveillé…
À une époque assez lointaine, AM a également publié des textes littéraires, des nouvelles, des histoires courtes. On pourrait reprendre cette tradition.
Peut-être qu’un chemin plus facile, plus convivial, plus adapté à l’époque, serait d’utiliser le site Internet d’AM et le principe du blog.
On pourrait imaginer un espace ou les lecteurs deviendrait auteurs.
On aurait alors le « blog des bloglecteurs ».
Les textes ne seraient pas des commentaires, mais des vrais posts qui visent à être publié.
Il faudrait trouver un système de monitoring et de sélection pour privilégier les meilleurs posts. Créer de la concurrence.
Faudrait aussi quelqu’un pour relire les textes, les toiletter.
Et on pourrait alors un obtenir un drôle de regard, multiple, diversifié et quand même cohérent, sur notre monde.
Évidemment, comme toujours en matière de presse et de media, faut voir si c’est faisable.
Ou pas.
Si c’est une vraie bonne idée ou pas.
Faut que j’en parle avec moi-même, Avec les gens d’AM, les gens du service Internet (Sebastien, si tu lis ce texte, please call me), etc, etc…
Mais, en attendant, dites-moi vous, ce que vous en pensez.
Avant d’aller à la télévision.
Retour de myself sur Kiosque (TV5) tout à l’heure (17 heures, Paris).
J’ai cru, un moment, qu’ils m’avaient oublié.
Pas mécontent d’y revenir.
J’aime le concept de cette émission.
Et j’aime faire de la télévision, communiquer par la parole et par l’image.
Et puis, il faut être sincère. Je reconnais, la télé flatte mon égo, je passe bien, pas trop mal, quand je maîtrise bien mon trac, quand je prépare aussi l’émission. Il faut lire, s’imprégner des sujets, laisser la digestion intellectuelle se faire, pour qu’au bon moment, face à la caméra, le propos soit construit, pensé, tout en donnant l’impression qu’il est spontané.
La télé, c’est du boulot.
Un style personnel, une manière de bouger, de prendre la lumière.
Mais aussi peu d’expérience aussi.
J’ai appris.
Faire des phrases courtes, pas plus d’une minute d’affilée, pour que les gens « catchent » l’essentiel. Faire des phrases courtes, mais fortes, avec un mot clé, une expression qui frappe, pour que les mots atteignent un téléspectateur déjà suralimenté en information.
Je bloque ma veste sous mes fesses, pour qu’elle ne gondole pas.
J’essaye de bloquer mes bras, pour ne pas trop bouger, pour ne pas m’enflammer, et au passage pour ne pas couper l’axe de la caméra sur mon voisin.
J’essaye de contrôler juste ce qu’il faut les mains, en particulier pour ne pas me toucher les lèvres (révélation inconsciente de mon stress).
J’essaye de ne pas être fasciné par ma propre image en fixant un peu trop les écrans retours, installés dans le studio.
Je fixe l’animateur ou les autres invités pour éviter l’oeil noir et inquiétant des caméras.
Et puis quand je peux, un petit coup d’audace, d’humour.
On devrait parler, entre autres, d’Italie aujourd’hui.
Berlusconi ne manque pas d’air, c’est un bagarreur.
Mais tout cela est consternant pour la démocratie. Un Premier ministre en poste qui déclare que les élections sont « magouillées », on aura tout entendu. Un Premier ministre qui refuse de concéder avec élégance sa défaite, qui jette le doute sur tout le processus démocratique, qui refuse de perdre, qui tente de s’acheter une survie, tout cela est minable et déprimant.
Au passage, l’Europe se retrouve avec trois grands pays profondément divisés, ingouvernables et impossible à réformer : la France, l’Allemagne et l’Italie.
Carte postale (de retour)
Voilà, je suis rentré.
Depuis 48 heures d’ailleurs. Mais depuis 48 heures, je n’ai pas vu le jour ou presque.
De l’avion au bureau, direct…
Et depuis, je trimballe ma tête de vacancier bronzé de bureaux en bureaux et de réunions en réunions.
Sensation toujours étonnante : dès que l’on pose les pieds à Paris, le cerveau reconnecte d’un coup, il oublie tout, la légèreté, la plage, le soleil. Ce qu’il veut, cet écheveau, c’est des problèmes, des défis, des questions, des solutions, des trucs à décortiquer. Sinon, il s’ennuie.
L’émotion, elle, heureusement, reste suspendue, à mi-parcours, au-dessus des mers, plus tout à fait en liberté ni en vacances. Mais pas encore vraiment contrôlée et parisienne.
Après un passage au Caire (pour ceux qui n’ont pas reconnu la ville évoquée dans mon dernier post), je suis parti dans le Sinaï, à Sharm el Cheikh.
Shaaaaaarm, comme disent les Egyptiens.
Le voyage en voiture (du Caire à la pointe sud du Sinaï) est spectaculaire, une petite odyssée dans un monde minéral, désertique, des montagnes découpées par une érosion multimillénaire et cette mer Rouge, si bleue, si douce, qui vient toucher ce monde extrêmement sauvage.
On passe le canal de Suez avec un tunnel. On ne voit pas les bateaux. On voit juste du béton, des murailles, des soldats. On pense à la guerre d’octobre 1973, avec des noms qui me disent quelque chose, Arich, je crois, on se rappelle qu’il y a eu là, quelque part au milieu de cet immense désert l’une des plus grandes batailles de chars de l’histoire.
On voit la côte défiler, avec les plates-formes pétrolières plantées là, au milieu de la mer, et la grande silhouette des cargos géants qui remontent vers le canal.
Et le désert toujours, la rocaille, le sable, à perte de vue. L’immensité d’un monde qui paraît immobile depuis la nuit des temps.
Et parfois des barrages de militaires, de policiers, des trucs un peu bringuebalants, une tentative qui semble dérisoire d’échapper à la violence de notre temps, à l’aveuglement sanglant des terroristes.
Enfin, il y a Shaaaarm….
Je n’ai pas beaucoup aimé. Trop de béton, pas d’arbres, trop de sécheresse, l’absence de cette douceur de l’air propre à la Méditerranée. Et puis dans cette ville sans âme, il n’y a pas d’histoire, pas d’architecture, pas de sensualité. On est loin du Caire…
Mais il y a les Égyptiens, drôles, touchants, arrondis, souriants, sympas, accueillants, baba cool, relax.
Et puis, il y a N… évidemment. Mais ça, c’est une autre histoire.
En vacances avec Veronika
Je ne suis pas tout à fait à la plage.
Mais déjà à mi-chemin. Une ville lointaine, immense et chaotique, et moi comme dans un transit hors norme. Un hôtel au bord d’un grand fleuve, en attendant de prendre la route pour le Sud et la mer. Une piscine avec les bruits de la mégalopole qui parviennent un peu étouffé. Le soleil tape, et moi qui vire couleur homard…
J’essaye de me détendre, de faire tomber petit à petit la pression qui s’est accumulée aux cours des mois d’hiver. La pression résiste…
Comme souvent, je suis un peu trop sur moi-même.
C’est la période qui veut ça, celle des anniversaires, du temps qui passe.
N… m’a donné un livre à lire.
J’ai changé d’avis sur Paulo Coelho, l’écrivain brésilien. J’ai toujours pensé qu’il avait été l’auteur d’un livre unique, l’Alchimiste, un joli texte un peu surévalué, pétri de bonnes intentions, et de remarques intelligentes sur la vie, l’amour tout ça…
Et donc j’ai lu, au bord de ma piscine, en quelques heures, « Veronica decides to die », (Veronica décide de mourir, mais je ne suis pas sûr du titre en français).
C’est un petit livre magnifique et perturbant et encourageant sur la folie, la normalité, l’excès et la liberté.
C’est l’histoire de Veronika qui décide de mourir. Et qui se suicide. Et qui se rate. Et qui découvre, en se réveillant, que de toutes façons, elle n’a que quelques jours à vivre.
C’est l’histoire d’un drôle d’asile, ou des fous ont été contraints et des moins fous ont décidé de vivre, à l’abri de la vie et du courage qu’elle impose.
C’est l’histoire du Docteur Igor, médecin complètement cintré décidé à vaincre la folie des hommes, et à la recherche du médicament miracle.
Il y a dans ce livre des infirmières psycho-rigides ou à l’ouest, des médicaments qui tuent, des vrais-fous et des faux-fous, des vrais-fausses crises cardiaques, des vrais-vrais crises de paniques terrifiantes, des orgasmes sauvages et libérateurs, des femmes qui changent de vie, un garçon qui tente de sortir de la prison de ses rêves…
Finalement, Veronika ne meurt pas et trouve son chemin vers la sortie
Finalement, le docteur Igor trouve le médicament miracle.
Finalement, toute notre existence est le résultat de choix que nous faisons entre vivre et mourir.
Comme le dit le docteur Igor ( en anglais dans la traduction) : « An awareness of death encourages us to live more intensely. »
Voilà, je retourne à la piscine, écouter les bruits de la ville et me préparer à voyager vers la mer…
