Bienvenue a Moscou.

le 27 mai 2006

L’Internet dans les chambres de l’hôtel est down. Et l’ordi du business center me propose un étrange mélange de clavier anglo-saxon et cyrillique. Ingérable…
Impossible de trouver les accents, entre autres…
On corrigera à Paris.

Donc, je suis à Moscou.
Une ville immense, étrange, outrageusement chère, impossible à déchiffrer, ou tout est écrit en cyrillique, une ville comme suspendue dans des temps différents. Parfois on croise la Russie impériale et ses palais. Puis on croise Staline, incarné dans ces sept tours néo-gothique, sensés, à l’époque, concurrencer les gratte-ciel de New York. On marche sur la place rouge, à l’ombre du mystérieux Kremlin.Et du mausolée de Lénine. Ou devant la Loubianka, l’ancien siège du KGB. Les années 60 sont partout, dans les immeubles fatigués, dans les costumes et les robes surannées. On s’attend presque à croiser Nikita Kroutchev. Dieu est la aussi, omniprésent, les églises orthodoxes rythment le paysage. Et puis souvent, on rencontre cette Russie post-soviétique, déstructurée, envahie par la publicité des produits d’ailleurs.
Un ami me le confirme : « à part le pétrole, l’énergie et quelques armes, le made in russia n’existe pas ».
C’est le Royaume des oligarques, des nouveaux Russes, des nouveaux milliardaires.
Et aussi des dizaines de millions de modestes, pris dans cette contre-révolution capitaliste au destin trés incertain.
Moscou est une ville d’hommes, de mecs. Le coeur d’une nation que l’on sent bien macho.
Les mecs,donc, ont des drôles de têtes, pas très avenantes, un air un peu facho, ils picolent sec, sans complexe.
Ici, on titube avec bonne conscience.
Les filles ne sont pas spécialement plus belles qu’ailleurs, enfin, si quand même, mais elles ont quelque chose de franchement sexe, de libérées, de pas compliquées. Vulgaires ou pas, chic ou pas, elles ont quelque chose de naturellement sensuelle. C’est troublant.
Commentaire d’une amie moscovite : « la liberté sexuelle est un héritage du communisme. Pendant toutes ces années, le sexe a été la seule véritable liberté des citoyens soviétiques. Résultat, il n’y a rien de tabou ou presque ».
Quand on est hétéro bien sur. Pour les homosexuels, la Russie c’est un peu l’enfer. Ici, on leur casse la gueule à la sortie des boîtes.
Quand on est noir, basané, météque, aussi c’est l’enfer.

Virée dans la boîte chic hier soir.
Les jolies, sexy, moscovites sont nombreuses, plus nombreuses que les hommes, souvent très entamés. Elles s’éclatent. Ambiance débridée. On est loin de Paris et de son insupportable côté coincé-chic-blasé. Sur un canapé, une brune en pull marin mime une lap dance hot à son boy friend, qui a du mal à tenir sa bière. Musique américaine a fond. Des danseuses pro en maillot string se bougent sur les podiums. Je ne parle pas russe, le bruit est assourdissant, j’ai un peu trop bu, ça ne facilite pas la communication…
Retour vers l’hôtel, dans l’aube grise.
Dans le hall, une très jolie Nikita, professionnelle et payante celle-la, essaye, avec un sourire à damner un pope, de me détourner du droit chemin. Tentation fugitive.
Niet, mais spassiba Bolchoï* quand même, Mademoiselle.
Voilà, dazividania…

* Spassiba Bolchoï veut dire littéralement « merci grand », c’est à dire merci beaucoup. Donc le théâtre Bolchoï, c’est tout simplement le
«grand théâtre ».

Sarko ne comprend rien à l’Afrique

le 24 mai 2006

Je n’ai pas réagi tout de suite au voyage, la semaine dernière, de Sarkozy en Afrique. Mais cette escapade « politico médiatique » du ministre de l’intérieur français en terre d’Afrique ne m’a pas trop rassuré.
D’abord ce ton, décidément exaspérant, sur le mode « je sais tout, j’ai tout compris et je vais vous expliquer comment le monde fonctionne… ». Évitons le mot de paternalisme. Et parlons, au moins, d’un manque de modestie de la part de quelqu’un qui connaît peu l’Afrique et ces problèmes.
Passons aussi sur les polémiques sur l’immigration choisie, et les vraies fausses manifestations habilement organisées à Bamako ou à Cotonou.

Et revenons sur une phrase prononcée par Sarko lors du débat avec la société civile, assez houleux d’ailleurs, organisé à Bamako.
À une interlocutrice qui accusait la France d’exploiter l’Afrique, notre ministre a cru faire preuve de réalisme en énonçant une vérité très partielle : » La France économiquement n’a pas besoin de l’Afrique. Les flux entre la France et l’Afrique ne représente que 2% de notre économie » a-t-il dit.
Consternation dans la salle.
Et consternation de l’auteur de ces lignes.

Raisonner en pourcentage de l’économie nationale française est absurde.Les flux avec l’Allemagne doivent représenter, au pif, 4% à 5% de l’économie française, et pourtant l’Allemagne, c’est très, très important pour les Gaulois….

Si mes rapides recherches sont justes (n’hésitez pas à me corriger), la France exporte plus de 30 milliards d’euros vers l’Afrique (Maghreb inclus) et importe près de 25 milliards d’euros. Elle dégage donc un solde positif de 5 milliards d’euros par an, ce qui n’est pas si mal
en cette période d’ultra disette budgétaire.

30 milliards d’euros d’exportations, c’est un peu plus que ce que la France exporte aux Etats-unis.

Pour mieux comprendre, disons aussi que l’Afrique est plus rentable que la toute-puissante Chine (inclus Hong kong). La France y exporte pour 8 à 9 milliards d’euros et importe pour plus 19 milliards. Solde net négatif pour la France : disons 10 milliards d’euros. C’est pas mal…

De ce point de vue, l’Afrique est aussi beaucoup plus importante que les pays du Mercosur (Amérique latine), ou la France perd net par an demi-milliard d’euros sur 2, 5 milliards d’exportations…

Mais bon, passons.

Passons sur les nombreuses entreprises françaises qui font de très bonnes affaires en Afrique, dans les télécoms, dans le transport aérien, dans le pétrole, dans les matières premières… Je suis sûr qu’elles ont apprécié la remarque du ministre de l’Intérieur.

Et insistons sur un dernier point fondamental. L’Afrique n’est pas qu’une question de flux, de commerce ou d’argent. L’Afrique c’est malgré tout, la seule aire d’expansion du français et de la francophonie. C’est la frontière sud de la France. Le seul territoire, hors l’Europe, qui permet à la France d’exister sur un plan stratégique, qui lui donne une profondeur internationale. L’Afrique c’est aussi un partenaire incontournable sur les questions de sécurité, d’émigration de coopération.

En ramenant l’Afrique à « 2% de l’économie française », Sarko tourne le dos à toutes ces réalités.

Il a tort. Sans l’Afrique, la France, c’est juste un pays un peu plus petit et nettement moins riche que l’Allemagne.

Le plus vieux métier du monde

le 19 mai 2006

Perturbant petit reportage hier soir sur France 2.
Sujet : la prostitution en Allemagne.
C’est une activité légale depuis 2002.
C’est-à-dire qu’une travailleuse du sexe est une travailleuse comme une autre. Elle n’exerce pas une activité illégale. Elle déclare ses revenus, cotise aux caisses de sécurité sociale, peut obtenir la protection de l’Etat…
Évidemment, la traite reste, officiellement, interdite.
Ce qui ne nous empêche pas de découvrir, dans le reportage, des salopards, des trafiquants de femmes.
Exemple de l’un d’entre eux parlant avec un faux proxénète - vrai journaliste :
-Vous voulez trois Ukrainiennes, ok, je vous les livre pour 5000 euros, la semaine prochaine.

Un grand patron de la police, une femme, commente et corrige : « La situation est meilleure aujourd’hui. Les filles sont protégées. Elles ont un statut. Le trafic diminue. On s’adapte en quelque sorte de la réalité. Et l’on sort de l’hypocrisie. »
Le capitalisme a suivi…
Découverte de l’industrie : des Eros center, des grands clubs de luxe, des petits bordels populo un peu partout, des artisans et des industriels…
Toutes sortes de filles qui « bossent »…`
Des émigrés, des pauvres, des femmes du mauvais côté de l’existence.
Mais aussi, ces deux jolies blondes, allemandes, visiblement étudiantes, sans complexes et sans tabous : « 70 euros la demi-heure. Aucun job ne paye ce salaire. Alors, vous savez, on arrondit nos fins de mois facilement. Avec la Coupe du monde, on va presque devenir riche… »
Nous y sommes. La Coupe du monde et la fameuse polémique. L’Allemagne serait en passe « d’importer » des travailleuses répondre aux attentes des centaines de milliers de visiteurs.
Du cul capitaliste, tarifié, à grande échelle, un vrai malaise.
Un chiffre surréaliste circule : 40 000 filles…
Un autre policier relativise : « Ce chiffre, c’est n’importe quoi. Les lois restent les lois. Cette histoire d’importation a été montée en épingle par le lobby des abolitionnistes… »

Donc, oui ou non à la légalisation ?
Banalisation du sexe payant ?
Ou alors liberté des femmes à disposer de leur corps ?

La légalisation apparaît probablement comme le moins pire des systèmes. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que tout ce business, le plus vieux du monde et l’un des plus rentables, est basé, d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre, sur la souffrance des femmes.

Les galères d’Abdou Diouf au Canada.

le 15 mai 2006

Abdou Diouf, ancien chef d’État du Sénégal, secrétaire général de l’OIF, Organisation internationale de la Francophonie, homme de qualité, d’un âge tout de même respectable et porteur d’un passeport diplomatique, a été soumis à un interrogatoire et à une fouille lors de son arrivée à l’aéroport de Toronto, au Canada, il y a quelques jours.

Ça peut paraître stupéfiant. Ça ne l’est pas tant que cela.
L’accès à l’Amérique du Nord est devenu dantesque. Les incidents aux frontières américaines et canadiennes sont nombreux. À Toronto beaucoup plus qu’a Montréal, mais c’est normal, Toronto, c’est déjà un peu les Etats-Unis.
D’autres pays, en général ceux de « l’axe du bien », se sont fait une réputation d’accueil particulièrement désagréable, l’Australie en particulier. Et dans une moindre mesure, la Grande-Bretagne. Et tous ce qui n’est pas loin des États-Unis. Mon frère m’a parlé d’une arrivée surréaliste aux iles Vierges, aux Caraïbes.
Il n’y a pas si longtemps, Azouz Begag, ministre de la République française, a été soumis à un interrogatoire humiliant à son arrivée à Miami.
Moi-même, qui ne suis pas ministre, j’ai eu droit à un traitement « de faveur » à New York et à Washington, que j’ai raconté en son temps dans AM.
Les excès de zèle peuvent toucher tout le monde, mais surtout et en particulier les bougnoules, les métèques, les « arabos » quelque chose, les musulmans de tous ordres et tous ceux qui sont nés de Casablanca à Islamabad. Tous peuvent être soumis à l’arbitraire. Quels que soient leurs passeports. Surtout d’ailleurs s’ils sont porteurs de passeports européens.
Je comprends parfaitement les impératifs de sécurité. Mais je ne vois pas l’utilité d’humilier ou de singulariser toute une catégorie de voyageurs. Ce qui est clairement le cas. Zyad Limam et Jean Pierre Dupont, tous deux citoyens français n’ont pas le même accès en Amérique du Nord.
Je comprends qu’il puisse y avoir des incidents, surtout dans une période aussi troublée. Mais ces incidents devraient donner lieu à des enquêtes et à des sanctions, ce qui n’est pas le cas. Les Canadiens n’ont fait qu’exprimer, du bout des lèvres, des « regrets ». Il faut dire que la nouvelle équipe au pouvoir à Ottawa est d’inspiration très « bushienne ». avec un Premier ministre bien à droite, bien blanc, bien anglo-saxon qui n’a pas eu l’élégance d’adresser un petit message personnel à Abdou Diouf.
Je serais curieux de connaître la réaction de nos amis canadiens, ou américains, si un de leur ministre se faisait interroger à l’aéroport de Dakar…
Bref, des incidents aussi multiples, c’est suspect.
La fouille et l’interrogatoire d’un personnage comme Abdou Diouf, ça dépasse tout de même l’erreur d’un fonctionnaire borné.
Laissons de côté le racisme ordinaire exacerbé par l’après 11 septembre et la guerre en Irak.
Ces « incidents » relèvent aussi et surtout d’un « pattern », d’un système, d’une pratique : un, l’impératif sécuritaire prime sur tout le reste et personne, vraiment personne, n’est à l’abri d’un contrôle. Deux, ces contrôles visent plus particulièrement la masse plus ou moins définissable des « sudo-arabo-muslulmano », des né là-bas…

Exactement d’ailleurs les gens, des cadres, des journalistes, des ministres, des hommes d’affaires, des universitaires que Washington aimerait séduire et convertir aux idées du monde selon George W. Bush… Le mieux, semble-il, c’est donc de les mettre au parfum dès l’aéroport…

Ceci étant dit, et compte tenu de l’accueil particulièrement désagréable des Canadiens (contrôle à l’aéroport, entretien avec un ministre «oublié », silence du Premier ministre…), je me demande si notre ami Abdou n’aurait pas dû, tout simplement, faire demi-tour et rentrer chez lui. Laisser tomber la diplomatie et juste dire ce qu’il avait sur le coeur.

Message d’une amie

le 10 mai 2006

J’ai une amie d’enfance qui se bat contre un cancer du sein.
C’est une jeune maman quarantenaire, belle comme un soleil et on était tous un peu amoureux d’elle, il y a quelques années.
J’ai eu cette amie hier, longtemps au téléphone.
Elle m’a raconté le choc du diagnostic, le traumatisme de l’opération, les mauvaises nouvelles et les bonnes nouvelles, le bon pronostique des médecins, son espoir de bien guérir, l’importance du médecin, dans ce cas-là, une femme, ce qui semble-t-il facilite la « gestion » de la maladie par la patiente. Nous avons parlé du regard de ses enfants et de son mari.
Je l’ai trouvé en forme, combattante. J’ai fait ce que j’ai pu pour être à ses cotés.
En tous les cas, je vais mobiliser mes ondes positives. Le cancer a déjà frappé des gens, dans ma famille, des gens très proches, des amis. Et des gens que j’aime.
On peut aider. Même si on peut difficilement comprendre l’importance et la complexité de la douleur pour le malade. Comprendre ce que veut dire un « pronostic vital » quand on est en relative bonne santé.

On a parlé aussi de la fréquence de cette maladie.
En France, 10% des femmes seront un jour victime de ce cancer. Les risques augmentent avec l’age, mais on peut développer un cancer du sein jeune.
Mon amie a été d’autant mieux soignée qu’elle a été repérée à un stade relativement précoce par dépistage. Elle m’a dit : « le plus souvent même une palpation est insuffisante. Les cancers jeunes se cachent profondément. Il faut des mammographies ou des IRM réguliers. Il faut que tu le dises à tes amies. Ce genre de choses arrive. Plus souvent qu’on le croit. À tous les ages. Le seul moyen de se défendre, c’est le dépistage. Une fois par an. ».

Donc, lectrices et bloggeuses, je vous transmets le message de mon amie.
Allez-y . Prenez rendez-vous, si vous ne l’avez pas déjà fait.

Zizou, fais nous croire aux miracles

le 8 mai 2006

Hier soir, Zinedine Zidane (je n’ai jamais réussi à écrire son prénom du premier coup…) a joué son dernier match pour le Real de Madrid.
Et il a marqué son dernier but pour le club.
Il est sorti de l’arène, le stade mythique Santiago Bernabeu, sans en faire trop, à la limite presque pas assez.
Une ou deux larmes, un geste retenu de la main pour saluer les 80 000 socios du club. Un maillot porté sur l’épaule. Ses équipiers qui l’étreignent rapidement. Un stade saisi par l’émotion. Des dizaines de milliers de personnes qui rendent les honneurs au héros. Avec cette sorte d’émotion à l’Espagnole, collective, masculine et tragique.
Olé pour le goleador…

Reste bien sur, l’ultime sortie, le show ultime, la coupe du monde, sous le maillot de l’équipe de France, dans quelques semaines, en Allemagne.
Et fin de carrière pour un footballeur à part.

Quinze ans de foot (je crois). Et pas une fausse note. Et même les erreurs, ces rares emportements, ces moments de colère brutale, ça l’a rendu presque fragile, juste un peu comme nous. Quel étrange bonhomme, souvent silencieux, les yeux clairs, et le crâne dégarni, qui choisit les grands moments, les bonnes causes, les bons combats. Une star improbable, mais aussi un homme d’affaire discret, efficace. Un extra-terrestre sur le toit de ce monde bourré de vanité, roi de son sport, milliardaire, que l’on voit pourtant peu dans la presse people, qui ne parle pas pour rien dire, qui ne s’affiche pas, entouré d’une famille forte et discrète. Aucun scandale, aucun dérapage, rien…
Étonnant maître discret et timide d’un sport d’un sport excessif, hypermédiatisé et planétaire. Zizou, constamment soucieux d’échapper aux déchirements des origines multiples, que l’on aurait aimé plus et mieux entendre sur les questions d’intégration, d’émigration, mais qui finalement aura rendu plus de service à sa communauté d’origine que n’importe quel activiste ou militant.
Un type révéré dans sa ville d’origine, cette Marseille, orgueilleuse et possessive, ou il n’a pourtant jamais joué.
Bref, pas un révolutionnaire, pas un aventurier, mais un homme bien qui a survécu à la démesure.
Donc, merci Zizou.
Pour la nonchalance classieuse, pour les coups de tête et les coups de pattes, et les passements de jambes, et les missiles dans la lucarne.
Pour cette coupe du monde que tu as presque, à toi tout seul, donné à la France.
On te souhaite d’en gagner encore une, en Allemagne.
Même si pour cela il faut croire aux miracles…

Sarko ne comprend rien à l’amour

le 2 mai 2006

Je crois que le plus frappant de la nouvelle loi Sarkozy sur l’immigration, c’est sont les magnifiques propositions qu’elle contient sur le droit du mariage.
Que l’Etat français choisisse de durcir les conditions d’admission des immigrants, soit. Cela relève de la politique. Et du mensonge. Les immigrés ne sont pas la cause des malheurs de la France. Au contraire, ils sont dans leurs très grande majorité facteur de richesse. Mais, bon, les immigrés ont le dos large. Ils endossent, le chômage, la criminalité, la faillite du système de sécurité sociale, les règlements de compte à droite, et à l’extrême droite…
Que l’Etat français décide de favoriser l’immigration les talents étrangers (l’immigration choisie) en leur donnant des vrais-fausses cartes de séjour de trois ans, piocher dans le tas en quelque sorte, soit. C’est probablement immoral, probablement dévastateur pour les économies du tiers-monde, mais bon, c’est de la politique.
Si Sarko pense que cela empêchera les pauvres de traverser le Sahara à pieds, il se trompe lourdement. Mais, bon, c’est encore de la politique.
Que l’État français décide d’accentuer la précarité des immigrés en limitant les conditions du regroupement familial, soit, again. Ou en refusant les régularisations de plein droit au bout de dix ans de présence ininterrompue, soit encore. C’est probablement inefficace, cruel, mais c’est de la politique.
Que Nicolas Sarkozy fasse de la politique sur le dos des français et des immigrés, soit encore. L’histoire, ou le peuple on l’espère, un jour, jugera.
Tout cela est nul, rétrograde et inutile. La France n’a pas besoin de se fermer. Elle a besoin de réformes, de croissance, de travail, d’ouverture sur le monde et de compétitivité.
Que personne ne parle d’intégration, de luttes contre les discriminations, des banlieues, c’est consternant, mais c’est de la politique.
Faut pas inquiéter le citoyen à un an des élections présidentielles.

Mais me dire à moi, citoyen français, quasiment qui je dois épouser et comment elle doit se comporter l’épouse, c’est too much.
Mais de me dire à moi, citoyen français, que la loi impose à mon épouse de parler français, qu’elle doit faire la preuve de son intégration, qu’elle doit d’abord demander un visa longue durée dans son pays d’origine. (qui décide, le consul ?) c’est ubuesque et probablement illégal.

Désolé, Monsieur le Ministre, si ma femme est guatémaltèque, qu’elle ne veut pas apprendre le français, qu’elle ne sente pas concernée par la culture gauloise, cela ne concerne que moi, que nous. Et pas l’État.

Sarko, évidemment, on le savait, ne comprend rien à l’amour.
Il fait de la politique.