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Désolé bloglecteurs d’avoir disparu quelques jours.
Je m’étais légèrement égaré entre un bouclage laborieux d’Am daté de juillet, un voyage au fond de la province gauloise, et puis pour tout dire une panne générale d’inspiration, une fatigue, une petite lassitude.
Rien à dire.
Rien à dire sur ce Moyen-Orient déprimant, enfermé sur ces cycles de la violence récurrente, rien à dire sur cette politique israélienne de la répression collective et disproportionnée.
Rien à dire sur la baisse du chômage en France, probablement plus le résultat de la mise à retraite progressive des générations nombreuses du baby boom.
Rien à dire sur le sommet de l’Union Africaine, qui s’ouvre à Banjul et dont on attend inutilement des résultats concrets.
Rien à dire sur l’étrange dérive nationaliste / anti-french d’un Bouteflika qui s’en prend maintenant aux double nationaux, décrits comme des véritables traites à la patrie…
Rien à dire sur ce monde qui s’agite autour de moi et qui me fatigue.
Qui me fatigue aujourd’hui.
Parce que ceci étant dit, il fait beau, les filles sont plus que séduisantes, la France attend son match contre le Brésil, le week-end s’annonce plutôt bien, en pente douce, en terrasse. La Rochelle ne manque pas de charme (c’est là ou j’étais 48 heures), mon esprit vagabonde de manière relativement productive entre les grands projets, le bureau et les rêves de vacances. Je suis plutôt en bonne santé (pas suffisamment dormi ces derniers jours), plutôt privilégié et faudrait juste parfois que j’arrête de râler.
Que je finisse ce texte par exemple sur quelque chose de positif.
Sur le visage de Zizou, éclatant.
Sur ce match de foot magique de nos papys français contre les jeunes espagnols, un peu trop sûr d’eux. Sur la fête énorme, qui suivit, une fête comme on n’en avait pas vu depuis longtemps chez les Gaulois.
Sur Zizou Zidane, réellement magnétique, talentueux, chanceux, incarnation d’une France probablement en voie de disparition, d’une France intégré et ambitieuse.
du foot, sorry, encore du foot
Je sais, y’en a marre du ballon rond, de l’Allemagne, et de l’équipe de France cacochyme.
Mais bon, le Ghana s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la coupe du monde….
Franchement, woaou !
Chapo les blacks stars !
Et maintenant j’attends avec impatience le match du siècle Brésil-Ghana.
Un fameux huitième de finale, et sur 90 mn, tout est possible…
Et j’attends aussi avec impatience, les tunisiens demain soir, contre l’Ukraine.
Ca n’a rien à voir avec mon passeport, mais ces gars-là méritent un exploit.
Désolé, on va parler foot encore un peu.
Disons une dizaine de jours…
Halte aux robots !
Ce blog est victime de « robots » spammeurs.
Ces robots ( des serveurs automatisés) inondent la zone commentaires de faux commentaires, destinés à (vous) vendre du viagra, du levitra du trucmuch pour pas dormir ou pour avoir des érections de plusieurs heures, des orgasmes d’une magnitude inégalée pour nos amies, des dessins animés porno japonais, des films sex blacks, et je vous passe les produits franchement illégaux….
C’est ce que l’on appelle un spam : une proposition commerciale massive non autorisée.
Entre samedi dernier et lundi, j’en ai reçu plus de 900… Et ça continue. Je ne retrouve plus les vrais commentaires. Notre ami Sébastien devient fou. Il faut nettoyer la base régulièrement. Le serveur est trop chargé.
Bref, il fallait agir. On risquait le crash ou la crise de nerf, ou les deux…
D’où le petit bidule que vous devez remplir dorénavant pour valider votre message. Cela prouve à notre système que vous êtes un être humain.
Parce que « les robots » pour le moment, ils ne savent pas lire trois lettres et les retaper sur un clavier.
Les fleurs de la différence
Comme presque d’habitude, en avant première mon Post Scriptum de Jeune Afrique qui paraitra lundi prochain.
Inspiré par la découverte d’un étonnant musée parisien;
Donc:
C’est une étrange maison, sur les bords de la Seine, sur un des quais les plus célèbres de la capitale gauloise. Le Quai Branly (fameux physicien français, né le 23 octobre 1844, mort quasi centenaire le 25 mars 1940, et à l’origine des premiers travaux sur la radio). Et c’est donc là qu’est né ce musée, étonnant, particulier qui rassemble des oeuvres d’Asie, d’Afrique, d’Océanie et des Amériques. Des oeuvres venus de « cultures autres ». Des objets magnifiques, souvent étranges, inquiétants, produit de cultures où la mort, la magie, le sacré, l’invisible gouvernaient la vie des hommes. Prés de 3500 objets uniques disposés tout le long d’un seul plateau, au coeur dans un immeuble hybride tout à la fois moderne et inspiré des formes les plus anciennes. C’est, dit-on, Jacques Kerchache, un grand marchand d’art, à la réputation néanmoins trouble, qui un jour de vacances, le long d’une belle plage de l’Océan Indien, persuada Jacques Chirac, alors maire de Paris, de s’investir dans le projet d’un espace pour les arts primitifs à Paris.
Les arts comment ?
Primitif avec dit Kerchache évoquant l’idée que tous les arts « naissent libres et égaux » … Mais le mot justement pouvait choquer. Primitif égal bon sauvage, non ? Pas vraiment, puisque l’étymologie renvoie à la notion « d’originel ». D’autres proposèrent la très cérébrale notion « d’arts premiers ». Premiers, donc mais de quelle liste, chronologique, qualitative, géographique… ? Finalement, les créateurs du musée s’en remettèrent à notre ami Edouard Branly, dont l’immense avantage reste qu’il n’a rien à voir avec les arts premiers, originels ou primitifs d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques…
Passons aussi sur toutes les batailles bureaucratique qui jalonnèrent le vie du projet pendant dix ans. Et disons, pour simplifier que ce musée aura coûté prés 230 millions d’Euros et qu’il restera comme l’un des rares témoignages architectural et culturel de la présidence de Jacques Chirac.
Disons aussi que c’est un musée qui est à l’honneur de la France et de sa tradition universaliste, Un musée à l’honneur d’un peuple qui a donné naissance à des voyageurs uniques comme Theodore Monon ou Claude Lévi-Strauss. Un musée à l’honneur d’une France, qui refuse, plus que d’autres, les ravages de l’euro-ethnocentrisme, de « cette prétention déraisonnable de l’occident à porter en lui seul le destin de l’humanité » (dixit jacques Chirac, décidément nettement plus inspiré par les affaires du monde que par les affaires de l’hexagone).
Bref, je me suis promené, le jour de l’ouverture, au gré des coins et des recoins de ce musée. J’ai comme voyagé dans des mondes presque inconnus, ou dans l’ombre, s’élevaient les immenses, magnifiques et immortelles statues Dogon.
Et j’ai repensé à la phrase de Claude Lévi-Strauss justement, 96 ans, évoquant les « fleurs fragiles de la différence ».
La différence, les différences qui font l’essence de notre humanité.
Faudrait que j’en parle à George W….
Frustration footballistique.
Je suis devant le match Cote d’Ivoire / Pays-Bas.
Au bureau
(oui, oui, j’ai une télé au bureau. Elle était là avant la Coupe du monde. Pour voir les infos…).
Mes amis ivoiriens sont menés 2-1. Ils jouent bien. Ils campent dans le camp orange, ils donnent le tournis à la défense batave. Ils sont bons ces Éléphants, comme ils ont été bons face à l’Argentine, ils ont fait jeu égal avec deux des meilleures équipes du tournoi, mais voilà, ils ne s’imposent pas. Ils ne gagnent pas, p… !
Au foot, c’est comme dans tous le reste. Il faut gagner.
Les loosers magnifique sont vite oubliés.
Il reste moins de dix minutes à jouer…
Ils tirent, ils frôlent les montants, ils dribblent, ils tentent, mais ils ne passent pas….
C’est frustrant, énervant…
Ce petit manque de réussite, ce brin de chance, ce petit coup de pouce du destin qui ne vient pas.
Cinq minutes…
La Côte d’Ivoire est une des meilleures équipes africaines que j’ai vues en Coupe du monde Et pourtant, elle va perdre, et sortir de la compétition.
Sauf miracle.
Il faudrait une intervention divine …
Deux minutes.
Les choeurs hollandais se déchaînent. Comme soulagés. Ils chantent, les braillards, dans les tribunes. Ils méritent de prendre un but, ces grandes gueules… Les passes ivoiriennes se font imprécises, ils sont fatigués, mes favoris, le chrono tourne, immense, affiché sur les grands écrans du stade…
Moins d’une minute. Allez, juste un but pour l’honneur, pour la gloire, pour égaliser.
M…, ce serait mérité, non.
Trois minutes de temps additionnel. Pour rêver encore un peu, pour que la Côte d’Ivoire reste dans la Coupe du monde. Coup franc face au but de Van der Sar, le goal hollandais, immense, arachnéen.
Ils perdent du temps les petits gars, ils sont épuisés. Ballon dans le paquet devant. Corner.
Dans le décor.
Encore un corner.
Allez, faut que ça rentre, faut que ça rentre…
Les Hollandais n’en peuvent plus.
Encore un corner.
Mal tiré. C’est fini. Pas encore, une poignée de seconde…
L’ultime des ultimes coups francs…
Ils sont tous là devant le but. Le coup franc est tiré n’importe comment.
Les Hollandais s’embrassent. Nous, on pleure. La loi du plus fort.
Comme d’hab.
Match magnifique.
Rêve brisé.
La Côte d’Ivoire n’entre pas dans l’histoire… du football.
Et je me dis que pour la première fois depuis longtemps, je ne sais plus très bien quand, il risque de n’y avoir aucune équipe africaine en huitième finale de la Coupe du monde.
Paris, un dîner en blanc.
Il fait beau, il fait beau, il fait beau…
Soleil magnifique sur Paris.
Paris qui se réveille littéralement avec l’été. Sous un ciel chaud et bleu, c’est la plus belle ville du monde.
Et les Parisiennes, les femmes les plus attirantes. Les corps se dévoilent un peu, les cheveux se lâchent et elles ont ce côté élégamment sexy, assurées, un peu effrontées, un peu chic et provo à la fois, un truc irrésistible.
Énorme soirée hier soir au coeur de la capitale.
C’était le fameux dîner en blanc annuel. Une tradition qui dure depuis une vingtaine d’année. Les organisateurs (aussi mystérieux qu’efficaces) invitent, au dernier moment, des centaines de gens à pique-niquer, tous en blanc, dans un endroit public. Tout fonctionne avec le secret et les sms et les messages téléphoniques. Le lieu du rendez-vous final est communiqué à la dernière minute. Chacun amène ses tables, ses chaises, les chandeliers, la vaisselle et le champagne…
Résultat, on s’est retrouvé à plus de 5000 hier, sur l’esplanade des Invalides. À faire la bringue en plein coeur de la capitale, de manière parfaitement illégale. On a dîné aux bougies. Un DJ est venu avec son combi Wolkswagen, il a sorti les platines et les amplis et a transformé une partie de l’esplanade en boîte de nuit en plein air. On tangue, on danse, on envahit l’avenue, on grimpe aux lampadaires, on offre à boire aux passants, la tour Eiffel s’illumine, le pont Alexandre III brille dans la nuit, les regards brillent aussi et les femmes sont belles.
Ambiance énorme. Surréelle.
Comme dans un film, une parenthèse. On est loin de tout.
La police passe, ils sourient, ils nous saluent et nous, on picole sur la pelouse…
Je me retourne, lyrique, vers la plus jolie brune du monde, assise en face de moi.
- Il n’y a qu’ici, à Paris, que ce genre de délire peut être possible
- Peut-être. Mais c’est surtout la fête des privilèges, des gens riches et introduits.
Effectivement, j’imagine des jeunes Beurs de banlieue qui voudraient pique-niquer sur l’esplanade…
J’imagine, mais-là, ce soir, je me laisse aller à la superficialité, aux bulles de champagne, aux délices du privilège. Et au sourire des femmes en blanc.
PS 1 : ceux qui veulent se faire une idée peuvent aller faire un tour sur le site www.photofor.com/index.php et cliquer en bas à droite sur white dinner 2006.
PS 2 : Étonnant la manière dont s’écrit pique-nique en français…
Le foot du temps qui passe
Du foot, du foot, du foot.
On y est…
Dans deux heures, c’est la Coupe du monde.
La télé dans le bureau est prête.
Je suis prêt.
La pression monte.
La nostalgie aussi.
J’étais où, il y a quatre ans ?
Et en 1998, cette fête folle et immense à Paris. Et les deux têtes du grand Zidane contre le Brésil humilié…
Un souvenir très lointain, l’Argentine en 1978, et la première victoire d’une équipe africaine en Coupe du monde. Et la silhouette de Mario Kempes, le buteur argentin, et les généraux qui étaient là, dans l’ombre.
Et la victoire de l’Algérie contre l’Allemagne, je ne sais plus très bien quand.
Et la main de Dieu, la main de Maradona, qui terrasse l’Angleterre.
Et Milla et le Cameroun qui dansent.
Et ce le Sénégal inattendu, il y a quatre ans.
Et ce terrible match France-Allemagne de Séville en 1982, cette douleur et cette injustice qu’aucun amateur de ma génération ne peut oublier.
Et le temps qui passe, les gens de notre vie, les rencontres, les lieux et les endroits, tout cela étrangement associé au foot, ce sport de notre vie.
Mort d’un tueur.
C’était inscrit dans son destin.
La mort violente. Par bombardement, par missile, par trahison, par snipper, par rafales multiples de M16…
Poursuivi dans le désert par l’armée la plus puissante du monde, et tous ses alliés, on ne tient pas longtemps…
Finalement, cela aura été un bombardement aérien. Mercredi soir, hier donc.
Abou Moussab El Zarkaoui a été ratatiné du ciel par les forces américaines. Lui et une dizaine de ses lieutenants.
Ce sont, semble-t-il, des agents jordaniens qui ont réussi à le localiser. Et qui l’ont donné.
La Jordanie avait un compte sérieux à régler avec Zarkaoui…
Et puis, il y a avait la prime américaine, 25 millions de dollars, pour sa capture, quel que soit l’état du corps… Un véritable arrêt de mort. N’importe qui a pu le donner, un ennemi, y compris, pourquoi pas, des gens d’El-Qaïda, en désaccord avec sa stratégie. Et, plus certainement, un proche… Un salopard est devenu riche…
Sur CNN ce matin, un journaliste parlait d’un texte qui aurait été par signé par Zarkaoui lui-même : « Le futur est terrifiant, disait-il. Je vois tous ces regards posés sur moi… ».
Son image tourne en boucle sur les écrans de télé et je ne ressens rien.
Sauf peut-être une forme de soulagement.
Zarkaoui était un tueur illuminé qui a entraîné une partie de la résistance dans l’impasse d’une guerre civile. Sa stratégie du chaos consistait à rendre l’Irak ingouvernable en dressant les sunnites contre les chiites.
Il a dressé les frères contre des frères.
Son action sanglante et destructrice a ralenti l’émergence d‘un front politique irakien uni contre l’occupation américaine.
Et ses mains sont pleines du sang des otages occidentaux exécutés à l’arme blanche, du sang des innocents irakiens, hommes, femmes et enfants qui se trouvaient sur le chemin de ses bombes.
Un tueur est mort. Tant mieux.
C’est une toute petite victoire pour l’Amérique. Un joli coup, mais qui ne change rien à la violence quotidienne, à l’état de déliquescence de l’Irak et à la responsabilité américaine dans ce désastre. Les hommes de Zarkaoui sont toujours là, identifiés, donc condamnés, prêts à se battre jusqu’au bout.
C’est probablement une vraie victoire pour le nouveau Premier ministre Irakien, Nouri al Maliki. Qui peut affirmer très symboliquement son autorité. Je ne connais pas ce monsieur, mais je sens un vrai patron, un pragmatique dont on va entendre parler.
Zarkaoui mort, c’est peut-être aussi le début d’une évolution politique de la résistance sunnite. C’est peut-être, devant le gouffre de la guerre civile, le début d’une convergence d’intérêts entre Sunnites et Chiites.
Peut-être que quelque chose va bouger.
Un tout petit espoir, une lueur dans le chaos et la violence.
Jours de guerre en Irak.
En avant-première, la version brute de mon Post scriptum/ Jeune Afrique qui paraît lundi prochain.
Je dis brut, parce qu’on ne sait jamais ce que vont faire, corriger, les redacteurs en chef (j’en sais quelque chose).
Donc voilà le texte de Jours de guerre en Irak:
C’était, il y a quelques mois, le 19 novembre 2005. Des soldats en patrouille de la compagnie Kilo (1re division des marines) sont touchés par l’explosion d’une mine placée au bord de la route à Haditha, petite ville située à 250 km au nord-ouest de Bagdad. Le caporal Miguel Terrazas est tué sur le coup. Selon le rapport d’opération, quinze civils auraient aussi succombé à l’explosion. Quant à la riposte de la compagnie, elle aurait entraîné la mort de huit « combattants ennemis».
Fin d’un acte de guerre parmi tant d’autres, en Irak.
Début du mensonge.
Retour à Washington, 31 mai 2006. Les morts de Haditha ne veulent pas disparaître.
George W. Bush, face aux journalistes, se contorsionne, mal à l’aise, dans son grand bureau de maître du monde.
Je suis « troublé », dit le président, par « les premières informations ».
Ah, évidemment, il est troublé…
Il y aura enquête, ajoute le chef de l’axe du bien. Et des sanctions s’il y a lieu…
Ah, des sanctions…
Pour punir les marines qui ont, semblent-ils, assassiné de sang-froid et par pure vengeance des civils innocents, hommes, femmes et enfants, dans le village de Haditha, en Irak, le 19 novembre 2005. 24 personnes qui ont été abattues d’une balle dans la tête ou dans la poitrine…
Un massacre parmi d’autres probablement. Mais personne ne sait, personne ne peut faire le compte des victimes colatérales de l’armée américaine.
Une armée désorientée, mal dirigée, impuissante, rongée par la frustration, et surtout par la haine de l’autre, de l’ennemi, de l’Arabe et du musulman, de ces gens tous fondus dans une même image du bougnoule terroriste.
Pour les Etats-Unis, l’occupation et l’invasion de l’Irak sont un échec absolu. Un désastre moral qui couvre Haditha, mais aussi Abu Graïb, les mensonges sur les prétendues armes de destruction massive, les prisonniers au secret, les disparitions, les actes de vengeances, la faillite de l’idée démocratique.
Un désastre politique et militaire aussi. L’Irak a implosé sur des bases confessionnelles, ethniques, claniques, mafieuses. C’est un pays à terre, en proie à une quasi-guerre civile. Chaque jour, oui, chaque jour, on compte les victimes par dizaines.
Lisez bien ce que disent dorénavant de plus en plus d’experts, militaires et stratèges américains : « Notre défaite est déjà inscrite. Le retrait des troupes est une question de mois. La guerre civile est inéluctable, elle est nécessaire pour fonder un nouvel ordre politique en Irak… ».
Toute cette souffrance, toute cette souffrance à venir, toutes ces victimes, tout cela est consternant.
Et je me rappelle de ce que m’a dit un jour un de mes profs d’histoire :
« Dans l’histoire de l’humanité, les occupants finissent toujours, un jour ou l’autre, ou bout d’un jour ou d’un siècle, par être battus, rejetés et repoussés. L’occupation est un échec inscrit dès le départ. »
Les noirs inexistants de l’Académie française…
Daniel Picouly est un écrivain de talent, à succès et à la mode. Ce qui ne l’empêche pas, au contraire d’ailleurs, de dire ce qu’il a sur le coeur.
Exemple, l’extrait ci-dessous, assez percutant sur la France dite plurielle. Picouly se trouvait à l’île Maurice pour une réunion de l’Alliance française et il n’a pas mâché ses mots.
Dixit donc:
À l’Académie française, il n’y a pas de Noirs. Le siège de Senghor est maintenant occupé par le mec des diamants de Bokassa… C’est la plus grosse injure symbolique qu’on ait pu faire. Aujourd’hui, la culture française est à ce point si peu irriguée qu’on n’a aucun représentant de la littérature caribéenne ou autre à l’Académie française. C’est une obscénité, et pourtant cela se perpétue sans dommage. Il n’y a pas un seul juré de couleur dans les grands prix littéraires. Quand j’ai envie de provoquer, je dis que comme on est dans une société au mérite, ça veut dire que les Noirs sont des cons. Pas foutus d’être jurés, pas foutus d’être à l’Académie française, c’est ça que vous voulez dire ? Ils sont nuls, puisqu’ils ne sont pas là, sinon, s’ils étaient bons, ils y seraient ! On vous écoute, on proteste et on baisse la tête.
J’ai trouvé cet extrait sur le blog de Pierre Assouline consacré aux livres et au monde de l’édition. C’est un des meilleurs du genre.
http://passouline.blog.lemonde.fr/
