Un regard sur l’Iran:supprimé !

le 20 décembre 2006

Invité de ce jour sur changement d’air notre ami Franck, de retour d’un voyage en Iran. Ce qu’il raconte sur Téhéran et sur la communauté juive iranienne surprendra la plupart d’entre vous…

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Désolé, mais vous ne pouvez plus lire ce post, j’ai dû effacer ce texte de Franck, très, très, très largement inspiré d’un article écrit par quelqu’un d’autre (voir les commentaires pour plus d’explications. Un lecteur de changement d’air a lu le texte original et l’a mis en lien).

Cette histoire est regrettable, vraiment. Quelles que soient les intentions, le plagiat reste du plagiat.

Evidemment si Franck veut s’expliquer, il y est plus qu’encouragé, dans la section commentaires.

J’ai été aussi obligé de supprimer un commentaire à la limite du révisionnisme (interdit par la loi française, historiquement faux, moralement indéfendable). Le révisionnisme est un délit qui consiste à nier la réalité de l’Holocauste.

Bref, tout cela est consternant.

Goodby Mister Annan

le 15 décembre 2006

Kofi Annan va quitter les Nations unies.

Ces toutes dernières interventions publiques n’ont pas été tendres vis-à-vis des Etats-Unis. Remise en cause du bushisme, de l’unilatéralisme, de la politique post 11 septembre, de la guerre contre l’Empire du mal. Plaidoyer aussi pour une globalisation mieux maîtrisée, pour un monde moins violemment ségréguépar la richesse, pour une lutte plus active contre le sida…

Tout cela est assez fort, plutôt bien dit, avec sincérité, justesse et intelligence. Mais tout cela est un peu tardif. Et pour être franc, je ne sais pas si Kofi Annan laissera une grande place dans l’Histoire. Sous son mandat, les Américains ont fait ce qu’ils ont voulu et sa critique in extremis de l’hyper-puissance washingtonienne apparaît plus comme un exercice de gestion de la frustration que comme un véritable testament politique.
On ne pourra pas dire non plus, que sous son mandat, Kofi Annan aura fait beaucoup pour son continent d’origine, l’Afrique. Sauf peut-être, il y a un peu plus d’un an, une critique des régimes despotiques. C’est peu, et c’est en paroles…

D’un autre côté, on se demande quelle est la marge de manoeuvre réelle d’un secrétaire général des Nations unies, véritable préposé des puissances du Conseil de sécurité. Probablement aucune. Il faut tenir compte des intérêts divergents et des ordres contradictoires des Américains (tout d’abord), des Russes, des Français, des Anglais, des Chinois… Il faut faire avec une bureaucratie assoupie, faire tourner la machine et pacifier le monde avec une caisse quasiment à sec en permanence. Même l’immeuble de New York tombe en ruine…

Kofi Annan n’aura pas fait de révolution, mais il aura tenu le rôle du préposé avec élégance et souvent sincérité. Au fond, c’est déjà pas si mal.

Quelque part en Chine, fin 2006

le 11 décembre 2006

Pour la première fois, ce n’est pas moi qui écrit.
J’inaugure la rubrique Le blog de Zyad par ses lecteurs. Voici un post envoyé par notre lectrice la Pause, qui se trouve en ce moment quelque part en Chine…
Le blog par les lecteurs : une évolution à laquelle je crois. Je suis sûr que vous avez tous quelque chose à raconter.
Allez-y, écrivez. Racontez vos voyages, vos expériences, faites du journalisme et réagissons les uns par rapport aux autres.

Titre: le convoi de la mort.
Par La Pause….

Pays : Chine, Sud-oOuest, 1000 mètres d’altitude, petite préfecture autonome. Bref, trou paumé…
Année : 2006.
Mois : Décembre

Jour de marché, les villageois descendent en ville, ça grouille de monde…
C’est moche ici, très moche, comme les Chinois savent si bien faire : les vieux quartiers ont pratiquement tous disparus et laissé la place à des immeubles « modernes » recouverts de « carrelage de salle de bain » blanc, rose et bleu ciel pour les plus récents…
Le temps n’arrange rien : 4 degrés, ciel gris (comme toujours), bruine persistante (comme toujours), boue partout (comme toujours !).
Le seul avantage de cette petite ville, mise à part la gentillesse de ses habitants, c’est la bouffe, excellente : plus le bouiboui est petit, meilleur sera le repas, épicé à souhait. J’en trouve un, m’y installe…

Dans cette ville, on trouve toujours, ça et là, quelques hauts-parleurs de rue, muets la plupart du temps. Mais là, tout d’un coup, ils se mettent à « baragouiner »… Je n’arrive pas à comprendre ce qu’ils hurlent, trop de grésillement : de la pub, sans doute, pas les info du jour, ça ne se fait plus ici…
Des personnes se lèvent de table pour aller dans la rue. En digne mouton de Panurge, je suis cette foule. Mais je reste un peu en retrait.

Au loin, des camions s’approchent, lentement, je ne les distingue toujours pas bien, ne comprends toujours pas ce qui se trame. Pourtant, ce n’est malheureusement pas la première fois…

Et voilà, ça recommence, encore et toujours… Les condamnées à morts passent…
Trois camions, environ trois condamnés par camion, entourés d’une ribambelle de militaires.
Les camions ? Ils ressemblent à de vulgaires camions de transport de marchandises, bleus, hauts, sans toit.
Les condamnées ? Des hommes, certains ont la tête rasée, d’autres non, mais tous portent autour du coup une pancarte blanche sur laquelle leur « crime » est décrit. Ils se tiennent debout, tête baissée : «des voleurs» me dit un homme. Des voleurs ?! « Oui, la fraude, le gaz… ». Il n’en dira pas plus…
J’ai du mal à regarder ces condamnés, alors j’observe la foule qui est là : aucune émotion visible, aucune colère, aucune tristesse, aucun étonnement, rien… Elle n’est même pas silencieuse, cette foule… Elle est juste là, présente, mais… indifférente… C’est troublant…

Les camions sont passés. La foule se disperse, sans encombre. Tout redevient normal, banal.

Je retourne moi aussi à table : les gens reprennent leurs conversations, les cuisiniers s’activent, ça recommence à cracher de tous côtés (sport national chinois)…
Et moi je me mets à penser à ces « voleurs », « fraudeurs », à leur dernière parade en ville avant d’aller dans un coin éloigné de la campagne. Je pense à la trouille qui doit leur tenailler le ventre. Je pense à l’humiliation que les autorités leurs font subir, cette horrible et long tour de ville. Peut-être pensent-ils à leur famille, peut être sont-elles là ? Sont-ils tous originaires de la ville ? Leurs proches les verront peut-être passer, eux non, leurs têtes restent baissées…
Je les imagine ensuite, descendant de leur camion au milieu de nulle part, se mettre à genoux les uns à côté des autres. Attendre encore un peu, attendre qu’un militaire (ou policier, je ne sais pas, ce n’est jamais très clair en Chine) se poste derrière eux et tire… enfin… dans leur nuque….
La balle et la lanière (qui aura servi à leur attacher les mains dans le dos), seront envoyées et facturées à leur famille. Une somme modique, mais symbolique, HORRIBLEMENT symbolique…
J’en viens presque à regretter d’avoir maudit les propos hypocrites de cet avocat chinois, interviewé pour la 5 et qui disait : « la Chine s’humanise, on exécute surtout par injection, maintenant, c’est mieux pour le condamné. » Oui, mais c’est surtout mieux et plus facile pour prélever les organes…

Puis tout d’un coup, je réalise que durant toute cette scène macabre, ce convoi de la mort, le magasin de chaussure d’à coté n’a pas arrêté de passer et passe toujours, en boucle et à tue-tête « jingle bells, jingle bells… jingle all the way…»

… Nothing else to say…. No comment…

Quelques dîners en ville…

le 9 décembre 2006

Ségolène Royal, elle dit tout et son contraire, ça en devient troublant. Exemple, son voyage au Moyen-Orient. À Beyrouth, la candidate socialiste nous dit ça. À Tel-Aviv, carrément autre chose, voir l’inverse. Un jour, les survols du Liban par l’aviation israélienne sont inacceptables. Le lendemain, ils sont compréhensibles…
D’ailleurs Ségolène pense aussi que les Iraniens n’ont pas le droit de développer un programme nucléaire civil… Une position contraire au droit international, aux règles de l’AIEA, et que d’ailleurs même les Américains ne demandent pas officiellement…
Hier à Lisbonne au congrès des socialistes européens, elle a fait une sortie remarquée sur la banque centrale européenne : « ce n’est pas eux de gérer, c’est à nous, élus du peuple de le faire… », une antienne que l’on n’avait pas entendu depuis des lustres, sauf chez les anti-européens convaincus.

Un peu inquiétant, tout de même cette manière de s’adapter à tous les auditoires, de vouloir plaire à toutes les oreilles, inquiétant aussi ce coté aussi populiste : « je vous dis ce que vous voulez entendre… ». Où est la colonne vertébrale de la non moins séduisante Ségolène ?

Dans un dîner récent, j’ai rencontre quelqu’un qui a travaillé un temps avec la candidate socialiste : « cette femme est une ambitieuse pure. Autoritaire, cassante, sectaire, elle se fiche des gens et des idées. Ce qu’elle veut, c’est gravir. Elle a instrumentalisé son compagnon
(François Hollande) et elle ne pardonnera jamais à Laurent Fabius et surtout à Dominique Strauss Khan d’avoir fait campagne contre elle… ».

Autre dîner en ville. Une belle quarantenaire nous parle de Nicolas Sarkozy, qui tenta il n’y a pas si longtemps de la séduire, un peu à la hussarde : « Nicolas est attachant. Il a de vrais
sincérités, il a du coeur, il croit qu’il peut changer la France, il croit que la volonté résout tous les problèmes. Le hic, justement c’est qu’il le surestime, il est en hyperactivité. Le hic, surtout, c’est que ses convictions sont successives. Il change d’avis souvent, comme de chemises. Sa colonne vertébrale n’est pas très droite… ». Mais il travaille sur lui même rajoute-t-elle avec un sourire. (un psy, un coach, sa femme… ?).

Autre affaire parisienne : le consternant animateur de télévision Pascal Sevran, grand défenseur de la françitude de la chanson gauloise (sur France 2), a écrit dans son dernier livre que « la bite » des noirs est responsable de la famine en Afrique… On reste confondu et presque muet devant tant de bêtise, de racisme, de fantasme(s) refoulé(s)… J’aimerai bien le rencontrer et lui demander à lui, de quoi « sa bite » est responsable…

Retour aux mondanités.
Soirée très chic, avant-hier soir, pour le lancement de la nouvelle chaîne internationale France 24. Aux Tuileries. Champagne à volonté, petits-fours, jolies femmes et beau messieurs, tous très importants, élégants, détachés, sur le toit du monde. L’idée, imposé par jacques Chirac, est séduisante. Faire la concurrence à CNN, BC, Al Jazzera, apporter un autre ton… On se demande juste ce que peut être un « regard français » sur l’actualité… Et avec quel argent tout cela va se faire. Aux tuileries, sous la grande verrière en verre, tout ce beau monde parle de cosmopolitisme, de globalisation, d’enjeux planétaires. Mais parmi les invités présents, on compte les africains, les asiatiques, les Arabes sur les doigts des deux mains… On baigne dans le parisianisme bon teint.

En sortant, face aux Champs Elysée illuminés, face à cette ville magnifique, bien que comme immobilisée dans son passé, j’ai une pensée pour mon ami Serge Adda, qui voulait faire de TV5 une vraie chaîne mondiale en français.

Je remonte à pied le long des avenues et des vitrines éclairées. Les gens se bousculent, comme consumés par le besoin d’acheter. C’est Noël. Et, moi, comme souvent quand Paris m’étouffe, je rêve de pays lointains, de grandes villes d’ailleurs, d’île déserte et de plage sans fin…

Titanic Bush

le 7 décembre 2006

Pour reprendre une bonne habitude, voici en avant-première, le Post Scriptum de votre serviteur, à paraître dans le prochain numéro de JA.
Donc:

Bush, Churchill et le Titanic.

Je ne veux pas faire, pour la énième fois, le procès de G. W Bush, mais le rapport sur l’Irak, publié cette semaine, constitue une humiliation sans précédent pour un président « in office ».
L’auteur, « chairman » de la commission qui a préparé ce texte, s’appelle James Baker, un proche et un allié de la famille Bush. Secrétaire d’Etat de Bush père, fortuné, membre éminent de la mouvance modérée du parti Républicain, remarquable représentant de ces grandes familles patriciennes qui gouvernent l’Amérique… Bref, un homme d’expérience, soucieux de l’aura de sa nation, loin, très loin d’être un aventurier, ou un « gauchiste » ou un « défaitiste ».
Et pourtant ce qu’il écrit est impitoyable pour le président et ses proches.
Que dit en substance son rapport ?
Mr. le président, vous êtes mon ami, mais la politique de votre administration au Moyen Orient mène au désastre. Il faut faire un virage à 180° pour ne pas sombrer.
Un, l’Irak est plein chaos. Appelez cela comme vous voulez, guerre civile, conflit ethnique, lutte de clans, mais la situation est devenu ingérable.
Deux, les troupes américaines n’arriveront jamais à vaincre les résistances et à calmer la situation. Au contraire, elles ne font que l’empirer. Il est donc urgent, très urgent de partir (d’ici début 2008), et de reconnaître la défaite…..
Trois, il est impossible de stabiliser l’Irak sans négocier avec ses voisins, c’est-à-dire l’Iran et la Syrie. L’axe du mal ne veut rien dire. C’est un délire d’idéologue. Seul compte, comme d’habitude, les rapports de force.
Quatre, il est impératif que les Etats-Unis reprennent leur rôle traditionnel de médiateur dans le conflit Israélo-palestinien. L’alignement systématique de Washington sur
Tel-Aviv n’a fait que renforcer le clan des jusqu’au-boutiste dans les deux camps. Et la détresse immense des palestiniens.
Il y a aussi ce que Baker ne dit pas explicitement, et que tout le monde pense très fort :
Tout d’abord, mais cela on s’en doutait, que les Irakiens se débrouillent et qu’ils s’entretuent. On n’y peut rien… Ensuite, la politique, ou plutôt la réaction américaine post 11 septembre (inclus la guerre d’Irak) n’a fait qu’aggraver les déséquilibres du monde, en particulier au Moyen Orient. Les ennemis de l’Amérique sont tous ou presque debout. Les extrémistes s’en donnent à coeur joie. Une déstabilisation générale de Beyrouth à Téhéran n’est pas exclue. L’hyper puissance américaine est isolée, rejetée, en Irak, mais aussi en Amérique du Sud, en Asie, en Afrique et par une grande partie des Européens.

Nous avons besoin de l’Amérique. D’une Amérique libérée des idéologies et des peurs, qui ne soit pas obsédé par la revanche et la vengeance, une Amérique démocratique, ouverte sur les réalités de notre époque. Avec des hommes et des femmes de talents pour la diriger.
Le problème c’est que G.W Bush se voit encore comme le dernier Winston Churchill d’un occident égaré, aveugle et sourd face au menaces. Le voilà incompris, seul face à la tempête, debout à la barre…
À la barre d’un bateau qui ressemble fort au Titanic.