juin 2018

3 questions à : Amina Abdi Aden
« Répondre à la demande »

Par Cherif Ouazani
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AM : Quelle est la stratégie adoptée par le gouvernement pour résorber la crise du logement ?
Amina Abdi Aden : Après avoir concentré ses efforts sur l’éducation et la santé, alors sources d’inquiétudes, le président Ismaïl Omar Guelleh a érigé la question du logement en priorité nationale. Avec le développement spectaculaire de notre économie et la réalisation de mégaprojets, l’habitat s’est imposé comme critère d’intégration sociale pour une croissance inclusive. Notre politique se base sur quatre axes : augmenter la production de logements sociaux qui représentent 60 % des besoins, accroître le nombre de parcelles viabilisées pour éviter que les gens ne s’installent n’importe où, trouver des sources de financement pour la réalisation de notre programme de construction de logement et enfin, résorber l’habitat précaire avec l’opération « Zéro bidonville », lancée en 2016 par le chef de l’État. Cette stratégie est appuyée par des réformes institutionnelles et législatives réglementant l’activité de la promotion immobilière privée, l’adoption d’un code de l’urbanisme, et la création d’une banque de l’habitat spécialisée dans le financement de l’activité immobilière. Notre objectif est de parvenir à la construction de 2 500 logements par an.
 
Comment envisagez-vous de financer ce programme ?
Le budget national n’est pas en mesure de faire face à de telles dépenses. Les opérations de construction de logement sont généralement financées par des prêts octroyés par des institutions financières arabes des pays du Golfe à des taux concessionnels ou par des prêts accordés par des banques de la place, également à des taux intéressants. Il y a aussi des dons, notamment chinois.
 
Qu’en est-il du programme de résorption de l’habitat précaire ?
Le programme présidentiel « Zéro bidonville » est une réponse appropriée pour l’amélioration des conditions de vie urbaines et d’accès à un logement pour tous. Grâce à une enveloppe de 15 millions de dollars de la Banque mondiale, nous avons lancé une opération pilote de restructuration du quartier de Balbala ancien. Il s’agit d’une mise à niveau des habitations. Nous ne réhabilitons pas les maisons. Les occupants sont appelés à le faire grâce à un système de microfinance et de crédit matériaux. En revanche, l’État participera avec la construction d’équipements sociaux, école, centre de santé, voies d’accès pour désenclaver les quartiers.
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