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Afia Mala

Chanteuse

Publié en juin 2020
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En ces temps hors normes, AM prend de vos nouvelles en 4 questions et une photo de votre choix.

Afia Mala
Styliste 
 

Comment ça se passe pour vous à Lomé ?

Le couvre feu a enfin été levé le 9 juin. Même s’il n’y avait pas de confinement obligatoire en vigueur au Togo, je me suis « auto-confinée » comme la plupart de mes connaissances. J’ai dû stopper la sortie de mon nouvel album, Identité, et tous mes concerts ont été repoussés. J’espère que l’on va enfin voir le bout du tunnel…J’ai appris à me recentrer sur l’essentiel : l’écriture, la musique. C’est tout. Et je me suis mise à nager tous les jours dans ma piscine. Une première. En bonne africaine, l’eau et la natation n’avaient jamais été des options pour moi !

Qu’est-ce que vous faites aujourd’hui que vous n’aviez pas le temps de faire avant ?

J’ai appris à me recentrer sur l’essentiel : l’écriture, la musique. C’est tout. Et je me suis mise à nager tous les jours dans ma piscine. Une première. En bonne africaine, l’eau et la natation n’avaient jamais été des options pour moi !

Un conseil pour nos lecteurs ?

Écouter et réécouter nos classiques, Myriam Makeba ou Ray Lema. Lire aussi. Je suis fan des romans de Paulo Coelho ! Je conseille aussi d’en profiter pour se rapprocher de la nature. Je me suis mise aux plantations dans mon jardin ! Et j’ai aussi créé un poulailler, avec des dindes, des poules, des canards et des pintades.

Un message à faire passer ?

Que garderons-nous de cette période hors normes ? Peut-être le port du masque ! Avant, on se moquait des asiatiques qui en portaient dans les aéroports. Mais si on gardait cette pratique, nous éviterions pas mal de virus et d’épidémies chez nous. En revanche, je souhaite à tous de pouvoir vite se serrer dans les bras de ceux qu’on aime. Parce que ça, ça nous aura drôlement manqué…

Afia Mala est en train de sortir un nouvel album, Identité, dont le titre "Lead" est à découvrir sur Youtube.com

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Comment ça se passe pour vous aux Pays-Bas ? Je m'inscris toujours dans l'action. En mars dernier, je préparais plusieurs défilés à Paris, à Amsterdam et au Nigeria, et je lançais de nouvelles collaborations avec un musée. Mais tout a été annulé. Après un temps de réflexion, j'ai décidé de proposer des projets afin de rapprocher les gens et de continuer à être créatif. J'ai commencé un projet de « distanciation sociale » fait de centaines de visages dessinés sur un tissu, que j’ai envoyé à des participants du monde entier pour qu’ils le brodent chez eux. Une fois fini, ils me l'ont renvoyé et nous l'avons assemblé afin d'en faire une œuvre d'art monumentale. C'est un symbole d'unité, je voulais que les gens soient à l'aise en participant à cette œuvre car pour moi, la créativité a toujours été salvatrice.

Publié en juin 2020

Comment ça se passe pour vous à New York ? Depuis le 8 juin dernier, les commerces, les cafés et les restaurants sont à nouveau ouverts et doivent observer des mesures de distanciation sociale. La contrainte immédiate, c'est la circulation très dense car les gens évitent les transports en commun, on passe d'une ville fantôme aux embouteillages. La mise à l'arrêt a été basée sur le volontariat, je l'ai suivie avec rigueur depuis mon retour de Dakar en mars, où je comptais rester plus longtemps étant en année sabbatique. Les New-Yorkais ont respecté les mesures de confinement avec discipline : on est passé de 800 cas par jour à 250. L'assassinat de Georges Floyd a profondément marqué cette période, deux nuits de couvre-feu ont suivi, les autorités nous ont informés sur nos portables en lançant l'alerte à 23 heures. L'inculpation des quatre policiers a calmé les émeutes et marqué la fin des manifestations. Grâce à la vidéo d'une jeune fille de 17 ans, l'indignation a fait le tour le monde : c'est un message d'espoir, les mouvements de protestation rassemblaient des Noirs et des Blancs, largement majoritaires.

Publié en juin 2020

Comment ça se passe pour vous à Libreville ? Après avoir subi un confinement obligatoire, nous sommes dorénavant plus ou moins libres. Mais sans avoir le droit de sortir de son quartier. On doit donc demeurer vigilant. Qu’est-ce que vous faites aujourd’hui que vous n’aviez pas le temps de faire avant ? Je visionne beaucoup de films et je lis pas mal de scénarios qui étaient en stand by. J’ai aussi repris l’écriture et la lecture. Et tous les soirs, je fais un concours de danse avec ma fille !

Publié en mai 2020