janvier 2018

COUPE DU MONDE JUSQU’AU BOUT DU RÊVE

Par Hedi DAHMANI
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Passionnant, passionnel, parfois irrationnel… Le football a ceci de réconfortant qu’il arrive encore à incarner la survivance d’un panafricanisme Nord-Sud réel : le temps d’une Coupe du monde, des Algériens peuvent supporter l’équipe du Nigeria, et des Congolais celle du Maroc. Au fur et à mesure qu’avance la compétition, c’est tout un continent qui chante, hurle, s’enflamme, se choisit un champion en espérant secrètement qu’au moins une sélection parviendra à transformer l’aventure en réalité. Nous avons tous vibré à la première victoire africaine (Tunisie, 1978), hurlé notre joie de voir Madjer et Belloumi se jouer de l’Allemagne (1982) et le Maroc de 1986 finir premier de son groupe devant l’Angleterre et le Portugal. Nous avons été camerounais en 1990 en battant l’Argentine de Maradona, puis en échouant d’un rien, à peine, aux portes des demi-finales. Nous avons tous été nigérians en 1990, sénégalais en 2002. Nous avons pleuré de rage de voir le Ghana de 2010 rater, face à l’Uruguay, à la dernière seconde de la prolongation, son penalty : le malheureux Asamoah Gyan avait envoyé le ballon sur la transversale. Chaque édition comporte ainsi son lot de souvenirs, à partager au bistro du coin ou sous l’arbre à palabres, à refaire les matchs à coups de « et si l’arbitre avait sifflé hors-jeu » et autres « si seulement Untel n’avait pas pris un carton rouge ».
Alors, pour la Coupe du monde en Russie, en dépit des pronostics qui prophétisent un parcours difficile pour l’Égypte, le Sénégal et le Nigeria, et une mission impossible pour le Maroc et la Tunisie*, rêvons un peu. Rêvons d’exploits pendant les six mois qui viennent. Rêvons qu’au moins deux équipes sortent des groupes qualificatifs et qu’elles aillent le plus loin possible. Et qu’en cas d’échec, elles perdent au moins avec panache. Car c’est dans les défaites épiques que se construisent aussi les légendes. Une fois la compétition achevée, le 15 juillet 2018 au soir, au stade Loujniki de Moscou, il sera toujours temps de redevenir bien chauvins : deux mois plus tard, les qualifications pour la CAN 2019 reprennent.
* Dans leur groupe, les Marocains affronteront le Portugal, l’Espagne et l’Iran.
Les Tunisiens, eux, rencontreront l’Angleterre, la Belgique et le Panama.
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