mai 2018

En avant les « makers » !

Par Cherif Ouazani
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Le plus jeune a 23 ans, le plus âgé 40. Pour la plupart, ils ou elles ont quitté leur pays pour étudier ou enrichir un CV. Et sont revenus pour faire la Guinée de demain. 
 
Mariam Kaloga : Directrice générale de Maria Service Events, 26 ans
Une organisation au top
Née à Conakry, elle a 20 ans quand elle quitte sa ville natale pour Casablanca, où elle s’inscrit à l’Institut marocain de management et décroche, en 2015, un diplôme en gestion des entreprises. Après une première expérience professionnelle comme assistance du directeur marketing chez un opérateur de téléphonie, elle décide de voler de ses propres ailes. Elle crée, en novembre 2016, Maria Services Events, spécialisé dans l’événementiel. Avec 10 millions de GNF (1 000 euros) elle achète un ordinateur, une imprimante pour produire ses outils de communication et organise son premier casting pour élaborer son écurie d’hôtesses et de stewards. Trois mois après la naissance de MSE, Mariam décroche son premier contrat avec Total pour un montant de 60 millions de GNF. Le sérieux de sa prestation fait le tour de la ville. Banques, ministères, ambassades et Nations unies lui confient l’organisation de leurs événements. Après un chiffre d’affaires de 600 millions de GNF en 2017, Mariam espère atteindre le milliard de GNF en 2018. Pas mal pour une mise initiale de 10 millions. 
 
 
Mamoudou Diallo: Développeur Android, 23 ans
Petit génie des applis 
Il n’a pas achevé son cursus d’ingénieur informatique (spécialité génie de logiciels) qu’il décroche, en 2016, le premier prix des applications innovantes qu’organise chaque année le gouvernement guinéen. Mieux : il réussit la performance de gagner l’année suivante, le même prix avec une autre application. La première, Quiz 224, est opérationnelle avec plus de 9 000 téléchargements et 1 000 utilisateurs actifs par mois. La seconde, Afia, est destinée au suivi de la grossesse des femmes et à l’aide pour trouver l’officine qui propose le médicament prescrit. L’algorithme identifie les pharmacies ayant en stock le produit recherché. Cela permet d’éviter les déplacements inutiles. L’application Afia est en phase de test avec le suivi de 15 femmes enceintes et la collecte des informations sur les stocks en médicaments des officines. 
 
 
 
Mamadou Lamarana Souaré : Créateur de Diwal, incubateur d’entreprises, 27 ans
Le « grand frère » 
Enfant, il envisageait son futur en exploitant les terres familiales. Handicapé après une banale chute et une erreur médicale ayant provoqué l’amputation de son bras droit, il suit des études « pour devenir quelqu’un ». Quand il achève, en 2014, sa formation universitaire au Maroc, avec un diplôme en audit financier, il décide d’aider les autres à réussir. Il crée Diwal, une société assistant les jeunes développeurs d’applications à monter leur projet. À son actif, un logiciel pour la numérisation du domaine des biens de l’État, une application pour le contrôle de la présence des élèves dans les écoles et une autre pour la géolocalisation des taxis, sorte d’Uber à la guinéenne. 
 
 
 
Aguibou Barry : Serial entrepreneure, 27 ans
Madame bons plans 
Après un séjour de 5 ans en Algérie, elle revient, en 2014, en Guinée, une maîtrise en Sociologie en poche. Elle est recrutée par le ministère des Affaires étrangères, mais décide très vite de créer Guinée Facilities, une société de services. Elle devient « Madame bons plans » pour les hommes d’affaires étrangers de passage à Conakry : accueil à l’aéroport, réservation d’hôtels, assistance juridique et déplacements pour les rendez-vous. Ce dernier aspect lui donne l’idée de créer une deuxième entreprise : ZJ Transport, des taxis haut de gamme dédiés à la clientèle d’affaires. Elle acquiert sur fonds propres 4 véhicules pour 200 millions de GNF. Sa boulimie d’entreprise ne s’arrête là, elle crée Zoe Market, pour commercialiser des produits agricoles. Elle a débuté avec une secrétaire, elle emploie aujourd’hui dix permanents et une vingtaine d’intérimaires. Aguibou a été élue, en novembre 2017, jeune entrepreneur de l’année. 
 
 
 
Malick Ndiaye: Président de la Chambre des mines, 39 ans
Un surdiplômé au charbon 
Après un cursus universitaire à Paris avec une licence en Sciences politiques et une autre en Affaires internationales, Malick décroche, en 1999, un master en Finances et Marchés des capitaux. L’année suivante, il revient dans son pays pour intégrer le cabinet d’audit Ernst and Young, où il devient directeur audit spécialisé dans les questions minières. Approché par le groupe Emirates Global Aluminium (EGA), il devient directeur général finance de sa filiale guinéenne, GAC. C’est à ce titre qu’il est élu, en novembre 2017, président de la Chambre des mines. Il a alors 38 ans. 
 
 
 
Mountaga Keïta : Inventeur, 40 ans
L’anti-bureaucrate 
Après un MBA en gestion des affaires et négociations de contrat, à l’université américaine de Harvard, il revient dans son pays natal en 2013. Lors de la constitution d’un dossier administratif, il prend conscience des affres de la bureaucratie, notamment pour les analphabètes. Le juriste s’intéresse aux logiciels et au dessin en 3D. S’inspirant des terminaux d’enregistrement dans les aéroports, il crée une borne dotée d’un ordinateur tactile qui guide, par des messages sonores, l’usager pour l’obtention d’un document d’état civil. Il élabore le prototype et le soumet au gouvernement pour équiper les 330 municipalités du pays. Coût unitaire : 3 000 euros, soit un marché d’un million pour faire entrer l’administration guinéenne dans une nouvelle dimension. Les autorités rwandaises lui ont proposé une exonération fiscale sur 5 ans et un financement s’il localise la production de sa borne au Rwanda. Mountaga a décliné l’offre, privilégiant son pays. 
 
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