Fais nous peur Deon Meyer !

Par Alexandra Fisch - Publié en
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A. Fisch

Conseiller aux lecteurs de relire ou découvrir Fever [L’année du lion, titre français, ndlr], du maître du polar sud-africain Deon Meyer, est un peu risqué. Ce roman prémonitoire publié en 2016 (2017 pour sa version française) raconte un monde dévasté par une pandémie.

L’histoire commence « aujourd’hui », le 20 mars. Le narrateur Nico Storm, 13 ans, tient le journal de la vie qu'il mène avec son père depuis qu’un virus, appelé La Fièvre (un coronavirus), a décimé 95 % de la population mondiale. Les premières pages font penser à La Route de Cormac McCarthy, deux êtres seuls dans un monde post-apocalyptique, en proie à tous les dangers. La ressemblance avec notre actualité angoisse à certains moments. Heureusement, le lecteur se laisse vite entraîner par l’élan de vie qui se dégage du livre, notamment grâce au personnage du père, Willem Storm. Ce juriste ancien géographe, idéaliste et humaniste qui cite Platon ou Spinoza, imagine un nouveau modèle de société et emmène son fils fonder une colonie, Amanzi. Il ramasse pour cela tout ce qu’il trouve sur sa route : livres, médicaments, boîte de conserve, armes, etc. et va trouver le lieu adéquat pour cette vie de l’après. Les membres de la communauté, arrivés petit à petit, sont attachants. Le meurtre de Willem Storm – clé de l’intrigue – intervient un peu tard, mais c'est pour laisser plus de place à cette humanité qui se recrée, dont Deon Meyer s’attache à décrire les comportements d’hommes et de femmes, dans ce qu’ils ont de pire mais surtout de meilleur.

Deon Meyer, L'Année du lion, Éditions du Seuil, 2017.