octobre 2016
LÉGENDE

Il était une fois les Lions indomptables

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Malgré une baisse de régime ces dernières années, l’équipe nationale reste redoutée par ses adversaires. Car elle affiche un palmarès qui force encore le respect.  

Elu footballeur africain du siècle par la Confédération africaine de football (CAF), Roger Milla est vénéré au Cameroun. Tout comme Samuel Eto’o, quatre fois « Joueur africain de l’année » (2003, 2004, 2005, 2010) et meilleur buteur de toute l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations (18 buts). Deux héros considérés comme des demi-dieux pour avoir contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire du football camerounais et hissé le pays parmi les nations sportives les plus cotées du continent. Vainqueurs de la CAN à quatre reprises (1984, 1988, 2000, 2002), les Lions indomptables ont été vice-champions deux autres fois (1986, 2008). Des trophées souvent remportés dans des conditions rudes comme en 1984 en Côte d’Ivoire lorsqu’après avoir battu le pays hôte (2-0), puis l’Algérie aux tirs au but, la sélection défait le Nigeria en finale 3-1. À l’époque, les Lions sont redoutables dans tous les compartiments de jeu, l’équipe comprenant des pépites telles Roger Milla, Théophile Abega, Thomas N’Kono, Joseph-Antoine Bell, Ernest Ebongué ou encore René Ndjéya. C’est donc tout logiquement que l’exploit est réédité en 1988. Après avoir battu le Maroc, pays organisateur, en demi-finales, le Cameroun croise à nouveau la route du Nigeria. La finale sera âprement disputée, mais la victoire reviendra une nouvelle fois aux Lions grâce à un penalty transformé par le défenseur Emmanuel Kundé. Entre-Temps, quelques jeunes tels que Stephen Tataw, Émile Mbouh ou encore Louis-Paul Mfédé ont intégré la sélection, lui apportant un nouveau souffle.

C’est sur cette lancée que le Cameroun amorce sa participation à la phase finale de  la Coupe du monde 1990 (Italie). Personne, alors, ne donne cher de la peau des Lions qui héritent de l’URSS, de la Roumanie de Hagi et, surtout d’un épouvantail : l’Argentine de Diego Maradona, championne du monde en titre ! Pour beaucoup, une humiliation se profile à l’horizon. D’autant que le coach des Lions, le Russe Valeri Nepomniachi, ne parle pas un mot de français et bredouille à peine l’anglais. Parmi les 73 000 spectateurs du stade Giuseppe Meazza (Milan), Paul Biya s’est déplacé pour encourager ses compatriotes. Mais les commentateurs ne spéculent que sur le nombre de buts que le Cameroun pourrait encaisser. Surprise : en première mi-temps, les Lions parviennent à neutraliser les Argentins. Un quart d’heure après le retour des vestiaires, André Kana- Biyik est expulsé par le Français Michel Vautrot. La fin semble proche… Sauf que six minutes plus tard, François Omam-Biyik propulse le ballon dans les filets argentins. Malgré l’expulsion par la suite du défenseur  Benjamin Massing, le Cameroun ne cède pas et l’emporte ! Six jours plus tard, face à la Roumanie, c’est le vétéran Roger Milla qui qualifie le Cameroun en huitièmes de finale. Réalisée à la 58e minute alors que le score est de 0-0, l’attaque marque un doublé dans le dernier quart d’heure. Enfin, contre l’URSS déjà éliminée, le Cameroun, peu concentré, encaisse un 0-4.

JUSQU’AU BOUT DU RÊVE

Face à la Colombie, au tour suivant, Roger Milla refait parler de lui. L’attaquant de 38 ans inscrit un nouveau doublé : 2-1 et le Cameroun devient la première équipe africaine à se qualifier pour les quarts de finale d’une Coupe du monde. Cette fois, c’est au tour de l’Angleterre. Alors que les hommes de Nepomniachi mènent 2-1 à sept minutes de la fin, un penalty de Gary Lineker – puis un second lors des prolongations – stoppent cette fantastique épopée. Contre toute attente, le Cameroun va dès lors enchaîner déboires et contre-performances, jusqu’en 1999 lorsqu’il renoue avec la victoire en remportant les Jeux africains. L’année suivante, l’équipe nationale entre-temps renouvelée par le sélectionneur français Pierre Lechantre, retrouve sa renommée en remportant la CAN 2000. L’équipe, composée de jeunes et brillants  internationaux tels Joseph-Désiré Job, Samuel Eto’o ou encore Patrick Mboma Ndem, survole le tournoi qui se joue au Nigeria. Une victoire historique car, selon le règlement de la compétition, le pays qui le gagne trois fois conserve à jamais le trophée.

UN NOUVEAU SOUFFLE

La même année, les Jeux olympiques de Sydney donnent l’occasion à cette nouvelle génération, conduite cette fois par l’entraîneur du cru Jean-Paul Akono, de prouver que le football camerounais a résolument renoué avec la gloire. Les jeunes Lions emportent la médaille d’or en battant en finale l’Espagne aux tirs aux buts après avoir pris le dessus sur l’équipe du Brésil.

Deux ans plus tard, en 2002, le Cameroun, conduit par le technicien allemand Winfried Schäfer, rafle à nouveau la mise en Coupe d’Afrique en battant le Sénégal aux tirs aux buts. Ce nouveau cycle glorieux s’achève une année plus tard après que l’équipe s’est hissée à la finale de la Coupe des confédérations, perdue 1-0 durant les prolongations face à… la France de Desailly, Henry et Cissé. Depuis, les Lions indomptables sont à la recherche d’un nouveau souffle. Et cette CAN 2019 leur offrira sans doute l’opportunité de rugir…  

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