Élue de la chambre des représentants, États-Unis

Ilhan Omar

Par Zyad Limam - Publié en
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BALKIS PRESS/ABACA

SON PARCOURS est une histoire de survie, de résilience et d’ambition. Ilhan Omar est née le 4 octobre 1981, en pleine guerre civile à Mogadiscio, capitale de la Somalie. Sa famille fuit le pays pour se retrouver dans un camp de réfugiés à Garissa, au Kenya, durant quatre longues années. Petite dernière d’une fratrie de sept, elle arrive aux États-Unis à l’âge de 14 ans. Son enfance est nourrie à la fois de l’american dream et des préjugés violemment antimusulmans qui traversent l’Amérique. Elle est élue en novembre 2018 à la chambre des représentants du Congrès, devenant ainsi la première représentante d’origine africaine de l’histoire. Elle représente le 5e district du Minnesota, un bastion du parti démocrate, où vivent par ailleurs près de 25 000 Américains d’origine somalienne. Ilhan Omar porte le foulard et l’assume, soulignant que c’est un droit protégé par le premier amendement de la Constitution. Elle incarne l’aile gauche du parti et défend un agenda très progressiste, qu’elle partage avec trois autres députées « de couleur » : Alexandria Ocasio- Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley, avec lesquelles elle forme une alliance baptisée « The Squad » (« l’équipe »). Des « communistes », pour l’inénarrable sénateur républicain Lindsey Graham. Elle critique Israël, s’attirant de multiples accusations d’antisémitisme, et est la cible favorite des populistes, de la droite et du président Donald Trump, qui lui a demandé de retourner « dans son pays ». Menacée de mort et insultée sur les réseaux sociaux, elle vit sous protection policière permanente. Ilhan Omar a obtenu la nationalité américaine en 2000, soit six ans tout de même avant la première dame des États-Unis, Melania Trump. Et sa fille Isra Hirsi, 16 ans, est l’une des fondatrices du mouvement Youth Climate Strike.