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Récit

L’ermite, l’empire et le sabre de l’histoire

Par Cédric Gouverneur - Publié en septembre 2020
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Touaregs simulant un combat à l’épée, sous les yeux du Père de Foucauld.

Charles de Foucauld pourrait être bientôt canonisé par le Vatican. Le projet suscite une vive polémique, alors que se multiplient les déboulonnages de statues de personnages controversés de l’ère coloniale. « L’ermite du Hoggar » était-il réellement l’ami des Touaregs ? Ou le traître qui précipita leur mise au pas ?

Militaire ayant troqué l’uniforme pour la soutane à 40 ans passés, le vicomte Charles de Foucauld (1858-1916) fut tour à tour explorateur, ermite et linguiste, avant de mourir assassiné à Tamanrasset lors de la révolte touarègue de l’Aïr. La France en a aussitôt fait un héros et un martyr : dès 1921, une première biographie hagiographique, signée par l’académicien René Bazin, connaissait un grand succès populaire. Depuis, l’aura de Charles de Foucauld n’a jamais pâli dans les milieux catholiques conservateurs, et la décolonisation n’y a rien changé : « l’ermite du Hoggar » a été déclaré vénérable en 2001 et béatifié en 2005. Le 26 mai dernier, le pape François a ouvert la voie à sa canonisation. L’Église attribue deux miracles à Foucauld : la guérison, en 1984, d’une Italienne souffrant d’un cancer des os, et la réussite de l’opération d’un charpentier français blessé sur le chantier d’une...

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