Côte d’Ivoire

L’impératif de l’unité nationale

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Le 1er Congrès ordinaire du RHDP, au stade Félix HouphouëtBoigny, à Abidjan, le 26 janvier 2019. THIERRY GOUEGNON/REUTERS

Le dialogue entre tous, l’échange et le renforcement des valeurs communes s’imposent comme l’un des paramètres essentiels du progrès à long terme.

Pour la Côte d’Ivoire, rien ne sera possible sans consolider l’unité nationale, sans développer plus encore le sentiment d’appartenance à une nation commune. L’objectif est de dépasser les prismes traditionnels du politique ainsi que les clivages du passé, qui ont fait tant de mal au pays. Le dialogue entre tous, l’échange, le renforcement des valeurs, la construction d’un récit à la fois national et métissé sont au cœur du projet d’avenir. La réconciliation s’inscrit aussi dans une démarche dynamique, L’impératif L’impératif de l’unité nationale de l’unité nationale Le dialogue entre tous, l’échange et le renforcement des valeurs communes s’imposent comme l’un des paramètres essentiels du progrès à long terme. celle de la définition de buts partagés. Tous les efforts engagés dans la croissance économique, dans l’inclusivité, dans les infrastructures, dans ces paramètres essentiels de l’émergence ne peuvent réussir que si la nation est en cohésion. L’État doit être plus que jamais l’État de tous les Ivoiriens. Faire en sorte d’œuvrer pour tous, d’assurer les citoyens sur la transparence et le bon déroulement des élections, continuer à promouvoir un récit national, tout en défendant les identités régionales et les territoires. Être Ivoirien correspond aujourd’hui à une réalité.

Le projet du RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) va dans ce sens. Créée le 18 mai 2005 comme une alliance électorale, puis transformée en parti le 16 juillet 2018, la formation s’inspire des idéaux et des principes défendus tout au long de sa vie par le fondateur de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny. À la tête du parti, Alassane Ouattara incarne cette ambition de rassembler les forces politiques dans un même creuset, d’aller au-delà des affinités régionales ethniques et culturelles, de dépasser le « paradigme régional ». L’objectif est de proposer une véritable ambition de gouvernement et de gouvernance, et de rassembler les femmes et les hommes qui peuvent porter sur le long terme l’ambition d’émergence du pays. Le RHDP se veut le parti d’une Côte d’Ivoire « une et multiple », qui protège la culture et les traditions de chacun, tout en œuvrant pour un objectif commun : le développement et une croissance inclusive et durable.

Une capacité mobilisatrice

Si l’on prend en compte les résultats du premier tour des élections présidentielles depuis 2010, on voit bien que l’influence et la force de chaque formation politique recoupent encore des données régionales. Au cours des derniers scrutins, le RHDP a montré sa capacité mobilisatrice et sa vocation largement majoritaire. Mais le parti souhaite être davantage qu’une machine électorale à l’efficacité avérée. L’idée reste de construire un parti unifié, à vocation nationale, qui transcende les habituels repères ethno-régionalistes et leurs « quatre points cardinaux », au nord, au sud, à l’est et à l’ouest. D’où l’importance du programme porté par le parti, pour transcender ses « frontières » intérieures paralysantes, pour que les Ivoiriens, quelles que soient leurs origines et quelles que soient leurs différences ethniques, religieuses et autres, se retrouvent ensemble, sur un véritable projet de gouvernement, sur un véritable projet d’avenir, tangible, construit, pensé. D’où aussi l’importance pour le RHDP de s’ouvrir toujours plus, d’intégrer jeunes et femmes, d’intégrer régions et communes, de construire en permanence cette assise nationale.

Malgré les blessures du passé et les différences, malgré aussi les instrumentalisations politiques, la Côte d’Ivoire pratique chaque jour un peu plus un vivre ensemble sincère et durable. Dans la vie quotidienne, le travail, l’entreprise, la vie sociale, les mariages, la famille, les déplacements, dans les grandes villes et les provinces, les Ivoiriens sont « ensemble ». Pour l’immense majorité d’entre eux, la stabilité et la paix sont le seul chemin d’avenir, pour faire face aux exigences économiques et sociales, loin, très loin des violences stériles du passé.

Consolider les acquis démocratiques

La Côte d’Ivoire a besoin d’accélérer son développement. Elle a besoin de rassembler les compétences et les énergies dans un but commun. Et de mobiliser son appareil administratif, le service public, pour qu’il agisse au bénéfice de tous. Ces mécanismes impliquent un travail institutionnel de l’État. Le but : inscrire cette exigence de transparence dans la durée, dans les pratiques quotidiennes. Le travail de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (créée en septembre 2013) assure une mission de prévention et de lutte contre la corruption. La Cour des comptes est quant à elle chargée du contrôle des finances publiques. Les deux organismes participent ainsi, dans leur domaine respectif, à la consolidation des acquis démocratiques.

Il s’agit aussi de maintenir une vie constitutionnelle équilibrée, gage d’un débat politique vivant et apaisé. La nouvelle Constitution, adoptée le 30 octobre 2016 par référendum, fait entrer la Côte d’Ivoire dans la Troisième République. Le texte élimine en particulier les « clauses identitaires » (l’ivoirité), à l’origine des crises et des divisions qui ont marqué le pays depuis la fin des années 1990. Le texte vise aussi à introduire un équilibre des pouvoirs et à ouvrir le nombre des très hautes fonctions au sommet de l’État. Comme tous les textes constitutionnels, en particulier dans les démocraties en construction, il est appelé à s’adapter, à évoluer.