Écrivaine, France

Leïla Slimani

Par Zyad Limam - Publié en
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PATRICE NORMAND/LEEXTRA/LEEMAGE

EN CENT SEIZE ANS, le prix Goncourt a été décerné à seulement 12 femmes et... trois Africains. Après Tahar Ben Jelloun en 1987 (La Nuit sacrée) et Marie Ndiaye en 2009 (Trois femmes puissantes), c’est Leïla Slimani qui l’a remporté en 2016, à 35 ans, avec Chanson douce. Née à Rabat, diplômée de Sciences Po, apprentie comédienne puis journaliste, la Franco-Marocaine signe un deuxième roman glaçant tiré d’un fait divers : la chronique du déraillement meurtrier d’une nounou en charge de deux enfants. L’auteure n’hésite pas à franchir les lignes, à bousculer les préséances narratives et à prendre des risques. Ses premières tentatives littéraires l’avaient poussée à suivre un stage d’écriture chez Gallimard. Avec, à la sortie, un premier roman publié, Dans le jardin de l’ogre, texte stupéfiant sur l’addiction sexuelle et les fantômes du passé. L’écrivaine voyage, cumule les honneurs et les nominations (elle est la représentante personnelle du président Macron pour la francophonie). Un film a été adapté du roman Chanson douce. Mais ce qui fait sa force et sa singularité, c’est surtout sa liberté de parole, son engagement sur des sujets coupants, l’identité, l’islamisme, la marocanité, la liberté et l’égalité sexuelle, le droit des femmes, l’émancipation. Leïla Slimani ne se tait pas, et ça fait du bien.