Les femmes sont l’avenir des hommes

Par Zyad Limam - Publié en
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La chanteuse béninoise Angélique Kidjo interprète Blewu, un hommage aux troupes coloniales ayant combattu en France, devant un parterre de chefs d’État lors du centenaire de l’armistice du 11 novembre, à Paris, en 2018. FRANÇOIS MORI/POOL VIA REUTERS

C’est un chiffre connu et retentissant : 80 % des denrées alimentaires consommées en Afrique subsaharienne sont produites par les femmes, alors même que les régimes traditionnels de propriété foncière les excluent largement. Elles sont souvent au cœur du combat politique, de l’action de la société civile, et pourtant elles sont si peu représentées dans les structures réelles du pouvoir ! Elles sont députées, rarement ministres encore moins chefs d’État. Le décalage se fait souvent dès l’école, en particulier en Afrique subsaharienne. En 2018, le taux d’alphabétisation était de 73 % pour les garçons et de 59 % pour les filles. Pourtant, du nord au sud du Sahara, les Africaines tiennent à bras-le-corps la cohésion des sociétés, et sont au cœur des transformations du continent. Elles deviennent entrepreneures par volonté de sortir de la précarité. D’après le géant américain de la carte de paiement Mastercard, l’Afrique est la seule région du monde où l’activité entrepreneuriale est dominée par les femmes. Un nombre incalculable de petites entreprises et de commerces. En particulier dans les capitales ou les grandes villes, où les dogmes patriarcaux sont plus souples. Et avec de faibles investissements en capital. En tête de liste des pays champions de l’entrepreneuriat féminin : l’Ouganda, le Ghana, le Botswana, le Malawi, l’Angola, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, la Tunisie et l’Algérie. Pour aller plus vite, plus loin, l’Afrique doit s’appuyer sur sa moitié féminine, aller au-delà des discours officiels et des images d’Épinal de la Mama Benz. Les femmes émancipées sont bien l’avenir de l’Afrique.