Aller au contenu principal
Littérature

Max Lobe
Le carnaval de mots

Par CATHERINE FAYE - Publié en janvier 2021
Share
img
ROMAIN GUÉLAT - DR

L’originalité de l’écrivain camerounais n’est plus à démontrer. Il fait partie de cette NOUVELLE GÉNÉRATION d’auteurs, qui utilisent l’oralité, le rire et les sons pour partager leur vision du monde.

img
MAX LOBE, La Promesse de Sa Phall’Excellence, éditions ZOE, ROMAIN GUÉLAT - DR 144 pages, 16 €.

IL LA MALAXE, la triture, l’étire, l’assaisonne. Déliée, épicée, mijotée, la langue de Max Lobe atteint, dans ce septième roman, une saveur inattendue et décalée. Un goût corsé où les sonorités, l’oralité et la poésie s’entremêlent pour servir une intrigue cocasse, sensuelle, et un propos acéré, affranchi. Sa recette ? Une vision artisanale du métier d’écrivain et une intimité arrangeante avec la langue parlée. « Il suffit pas de rire de la langue. Je veux en sur-rire, moi », amorce-t-il, en exergue de son nouveau récit. Vingt chapitres, pétris de réalisme magique et de fables érotiques, où l’humour, la truculence et l’audace n’en finissent pas de surprendre. D’ailleurs, c’est justement l’histoire d’un conteur qu’il nous livre. Un pilier de bar, qui trompe l’espoir inassouvi d’un peuple opprimé, soumis à la tyrannie de Sa Phall’Excellence et de Sa Clith’Altesse, deux souverains tout-puissants, à la tête d’une république déliquescente portant le nom malodorant de Crevetterie. Là, ni justice ni partage des richesses. Quand on est au pouvoir, on l’exerce avec autorité. Et on s’y accroche ! Alors, autant écouter palabrer AcaDa-Writa, à la terrasse du bar d’Uncle Godblessyou, une bière à la main. « Que fais-tu là à calebasser au lieu de raconter une belle histoire à mes clients qui se meurent à cause qu’attendre ? », s’impatiente parfois le bistrotier. À la fois réjouissant et instructif, le one-man-show rythmé et percutant du conteur anticonformiste vient aussi servir le regard acéré que l’écrivain camerounais pose sur son époque. Sans faux-semblants

Dans la même rubrique

Le Musée du quai Branly examine le lien entre plus de 150 ŒUVRES CONTEMPORAINES et les arts africains anciens. «UN PATRIMOINE, cela se défait, cela se triture, cela se recompose, cela se réinvente continûment. ».Ces mots du philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne, dans un texte consacré à l’événement, résument le but que s’est fixé le commissaire de l’exposition, Philippe Dagen : proposer une scénographie conversationnelle mettant en lumière les relations entre la création actuelle et les arts africains anciens.

Publié en février 2021

Changer de vie non pas une, ni deux, mais trois fois. Se reconstruire entièrement pour aller de l’avant. Survivre à l’accident, à la maladie aussi. Pour Steves Hounkponou, « instapreneur », consultant, styliste, c’est une réalité. Et une attitude de vie qu’il partage dans sa biographie, récit cinglant des coulisses de la mode et précis de réussite individuelle.

Publié en février 2021

LE MAÎTRE MALIEN ACCORDE LA BEAUTÉ de sa kora aux harmonies d’autres cultures. Dans son dernier single « Frotter les mains », extrait de l’album Djourou, le virtuose dialogue avec le rappeur Oxmo Puccino.

Publié en février 2021