Côte d’Ivoire

Nouveaux paradigmes, nouvelles opportunités

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La société Zola est le premier fournisseur de kits solaires du pays. NABIL ZORKOT

Entrepreneuriat, technologies, tourisme, implication des diasporas, intégration régionale… Le logiciel de la croissance ivoirienne s’adapte aux temps qui viennent.

Dans les années à venir, la Côte d’Ivoire devra renforcer la compétitivité et le dynamisme de son économie. En accentuant les réformes et les investissements dans les secteurs clés : agriculture, agro-industrie, transformation industrielle – en particulier dans le secteur du cacao et de l’anacarde –, la construction, le logement, les télécommunications, les services financiers… Cette montée en puissance dans la durée devra aussi s’appuyer sur de nouvelles fenêtres d’opportunités et de nouveaux paradigmes. Et tenir compte de la nouvelle économie globale qui se crée tous les jours sous nos yeux.

Favoriser l’initiative et l’entreprise privée

Si l’État et la fonction publique ont un rôle majeur dans la stratégie, la régulation et l’encadrement de l’économie nationale, ainsi que la pérennisation de la croissance, le développement futur du pays passe avant tout par l’entrepreneuriat et la dynamisation du secteur privé. Chacun peut devenir artisan, commerçant, chef d’entreprise ! 14 812 sociétés ont été créées au guichet unique du Cepici en 2018. Le développement de l’entrepreneuriat doit pouvoir s’appuyer sur des infrastructures et un environnement compétitifs. C’est le sens de l’action gouvernementale depuis 2011, dans le domaine des transports, des télécommunications, de la réglementation, des services financiers. Autre objectif : la déconcentration de l’activité et l’élargissement des cercles d’activités au-delà d’Abidjan. Les principales villes secondaires doivent servir de nouveaux relais de croissance et offrir des opportunités aux populations résidentes.

Impliquer davantage la diaspora dans le projet national

Le gouvernement encourage fortement la diaspora à s’investir et à participer à l’effort de développement. La communauté ivoirienne à l’étranger, importante, représente 5,4 % de la population totale, soit 1,2 million de citoyens. Sa contribution à l’économie à travers les transferts d’argent est considérable, mais ce qui apporte une véritable valeur ajoutée, c’est le vivier de compétences, d’expériences et de savoir-faire. Le « second miracle ivoirien » de la croissance économique a déjà attiré de nombreux « repats », mais ce n’est qu’un début.

Investir dans les nouvelles technologies et (demain) le tourisme

Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), la Côte d’Ivoire occupe déjà le huitième rang en Afrique. Le potentiel est immense, et les autorités comptent doubler la part du secteur dans le PIB, pour passer à 15 %. Les défis sont bien présents, le secteur est encore naissant ; seulement 20 % des Ivoiriens sont bancarisés et 40 % utilisent Internet. Néanmoins, le contexte est porteur. On estime que le PIB digital africain sera multiplié par 10 d’ici à 2025. Le pays doit prendre le virage pour éviter de se laisser distancier par ses voisins et pour soutenir un secteur des services à la hauteur de ses ambitions. Parmi les priorités : la connectivité pour tous, la consolidation d’un écosystème qui favorise l’entrepreneuriat « tech » et la digitalisation des services de l’État.

Autre domaine porteur dans le secteur des services : le tourisme. Le pays a accueilli 3,4 millions de touristes en 2018, contre 2 millions l’année précédente. Le gouvernement a ainsi lancé le plan « Sublime Côte d’Ivoire ». Cette stratégie doit élargir l’offre au-delà du tourisme d’affaires en recentrant les investissements pour attirer une clientèle de loisirs et recevoir 5 millions de voyageurs d’ici à 2025. Ainsi que hisser le pays au rang de 5e puissance touristique du continent. Le programme est ambitieux et l’enveloppe consacrée importante : 3 200 milliards de francs CFA (4,9 milliards d’euros). Les investisseurs privés sont appelés à le soutenir. Le potentiel est phénoménal : Abidjan, Yamoussoukro, le grand Nord, la boucle du cacao, la diversité naturelle, des centaines de kilomètres de plages presque vierges… Tous les éléments phares d’une destination attractive sont présents, y compris les points d’accès aéroportuaires. La crise du Covid aura, de fait, reporté la réalisation de ces ambitions pour plusieurs mois. Mais le potentiel est là. Et en attendant des jours plus tranquilles, les Ivoiriens sont invités à redécouvrir leur pays !

Jouer un rôle majeur dans l’intégration régionale

La Côte d’Ivoire est la principale puissance économique de la zone UEMOA. Elle participe activement à la vie des organisations régionales et sous-régionales. Et est une force d’initiative au niveau de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La coopération et l’intégration régionale seront l’un des vecteurs de la croissance dans les années à venir. L’objectif est d’accentuer la stratégie et la position de « hub » du pays. Abidjan est le point d’entrée majeur de la région, soutenu par des infrastructures portuaire et aéroportuaire de qualité. Sur le plan des transports, il faudra aller rapidement vers l’interconnexion régionale, en reliant par la route Abidjan et Lagos. Sur le plan de l’énergie, la Côte d’Ivoire peut assurer un rôle de fournisseur pour de nombreux pays de la région : Burkina Faso, Mali, Togo, Bénin, Ghana… Et demain, la Sierra Leone, le Liberia, la Guinée. L’une des clés sera la coopération entre acteurs régionaux, entreprises privées et secteur public afin d’améliorer les capacités et le fonctionnement du marché commun, et d’accentuer les chaînes de valeurs régionales.