Placer l’école et l’éducation au cœur du débat

Par Zyad Limam - Publié en
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C’est la base du développement. La pierre centrale de l’émancipation et de la sortie de la pauvreté : une école pour tous, et de qualité. Pourtant, le débat public sur l’éducation africaine reste embryonnaire. On ne parle pas assez de moyens, de programmes, d’innovations. Or, si les statistiques démographiques ne mentent pas, il faudra scolariser près d’un demi-milliard d’enfants dans les trente ans à venir. Des chiffres qui soulignent la magnitude du défi africain en matière d’éducation et de formation. Et les potentialités d’un secteur sous-estimé. On ne part pas de rien. L’école postcoloniale existe. Les capacités d’accueil ont globalement doublé entre 2000 et 2015. Les taux d’alphabétisation progressent, avec évidemment de fortes disparités (l’Afrique de l’Ouest restant à la traîne). Aujourd’hui, les familles ont conscience de l’importance stratégique de la scolarité. Chaque année d’enseignement supplémentaire se traduit par de nouvelles opportunités de revenu. L’Afrique fait face à une double urgence. Garantir un accès universel et de qualité à l’éducation de base. Et former les cadres, les techniciens, les développeurs dont le continent aura besoin pour assurer son émergence. Les pistes sont nombreuses pour répondre à cette double exigence : formation massive et adaptée des maîtres, utilisation de nouvelles technologies, partenariat public privé, etc. Mais, pour que cela marche, il faut sortir la question de l’éducation du sous-sol des préoccupations politique, la sortir du tiroir des équilibres budgétaires pour la placer au centre du débat sociétal.