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Interview

Poundo
« Quand je marche, je danse ! »

Par Sophie Rosemont - Publié en janvier 2021
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HCAKKACH (2)

Son mélange de musiques traditionnelles et de trap fait de cette chanteuse aux multiples origines une ARTISTE À SUIVRE.

AM : En quoi vos origines africaines sont-elles importantes dans votre musique ?

Poundo : Mes origines définissent mon identité. Je suis aussi française que sénégalaise et bissau-guinéenne. Petite, je n’avais pas le droit de parler français à la maison. Mes parents tenaient à ce que leurs enfants soient en phase avec leur double culture… C’est important pour moi de créer en utilisant ses différentes racines, car c’est tout simplement qui je suis. Que ce soit à travers la musique, la danse, la direction artistique, ces informations ressortent naturellement !

Quelle a été votre éducation musicale ?

Mes parents écoutaient de la musique bissauguinéenne, celle d’Américo Gomes par exemple, mais aussi de la congolaise (Pepe Kalle, Pierre Belkos, Koffi Olomidé…) ou de la sénégalaise (Youssou N’Dour, Ismaël Lo, Thione Seck, Baaba Maal…). Ils aimaient aussi des artistes soul et funk, comme James Brown et Tina Turner. J’ai fait du solfège et du piano au conservatoire de Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne. J’ai suivi une formation pluridisciplinaire : danse, chant, théâtre. Et plus tard, je me suis essayée à la batterie, la basse et la guitare… Par manque de temps, je n’ai jamais poussé plus loin la pratique de ces instruments. Mais je viens de reprendre le piano !

En revanche, la danse est votre premier amour… En quoi nourrit-elle votre quotidien ?

Plus que me nourrir, elle fait partie de mon identité. Je me souviens que toute petite, j’ai enfermé ma mère sur le balcon en fermant la baie vitrée. La pauvre hurlait pour que je la réouvre ! Et moi, je dansais devant elle… Au quotidien, cette pratique a influencé ma manière de bouger dans l’espace, de vivre. Quand je marche, je danse !

La première chanson qui vous a émue ?
Sans hésitation, « Olé » de John Coltrane. Dès que je l’ai entendue, ça m’a fait quelque chose ! Ce morceau évoque en moi des souvenirs d’enfance, une nostalgie, une envie de danser, de bouger, de vivre.

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POUNDO, We Are More, Periscope

Comment définir votre musique, laquelle, dans We Are More, se nourrit du passé pour regarder vers l’avenir ?

J’aime l’appeler « West A Trap ». J’ajoute à la trap des instruments ouest-africains de ma culture, tels que le tama, le balafon ou la guitare mandingue. Cela n’a rien de nouveau : les grands musiciens africains des années 1960 et 1970, comme le Bembeya Jazz de Guinée, le Super Étoile de Dakar ou le Super Rail Band de Bamako, intégraient les instruments occidentaux aux rythmiques et instruments traditionnels. Les valeurs et le savoir transmis par mes parents définissent ma façon d’envisager mon avenir. We Are More va donc dans ce sens : savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va.

Vous avez été rédactrice en chef mode pour des magazines à New York. En quoi la mode est-elle une forme d’art ?

C’est l’expression d’une identité, au même titre qu’une chanson, un solo de danse ou un film. Avant même que vous parliez, la personne que vous rencontrez va se faire une idée de qui vous êtes à travers votre allure. On a toujours quelque chose à dire avec ses vêtements ! C’est donc important pour moi de collaborer avec des créateurs et créatrices que j’aime et respecte. 

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