Réinventer le développement et promouvoir le made in Africa

Par Cédric GOUVERNEUR - Publié en
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Le 7 juillet 2019, l’Union africaine, réunie à Niamey, lançait la phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continental africaine. TAGAZA DJIBO/REUTERS

L’AFRIQUE est riche en ressources, et en énergie… et en talents. Son sous-sol est un trésor et son sol aussi. Elle dispose encore de 50 % des réserves mondiales de terres non cultivées ! L’Afrique est riche, mais ses citoyens sont pauvres. Elle est riche, mais encore dépendante d’un système hérité largement du modèle colonial et de son intégration dans l’économiemonde. Elle exporte ce qu’elle ne consomme pas. Et elle importe ce qu’elle consomme – pour schématiser. Pour émerger, il faut sortir de cette dépendance économique, violemment mise en relief par la crise de Covid-19. « On aurait pu promouvoir l’offre locale, mais on a préféré tout importer », déplore l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui prône « des solutions endogènes de développement », comme la mise en place de circuits courts entre producteurs et consommateurs. L’essor du made in Africa est impératif pour casser les logiques anciennes. L’industrialisation telle qu’elle est encouragée par des États (les parcs industriels d’Éthiopie) ou des conglomérats (Dangote Group, au Nigeria) est l’une des clés. Certains domaines d’activité sont particulièrement porteurs, comme l’agro-industrie, la pêche ou les énergies renouvelables. Autre clé : accentuer les efforts d’intégration régionale et continentale, pour agrandir la taille des marchés et des opportunités pour les entrepreneurs. Et pour que les États africains commercent entre eux, plutôt qu’avec La Défense ou Guangzhou. La création de la Zlecaf, à Niamey, le 7 juillet 2019, montre le long chemin à suivre.