octobre 2016
BALLON ROND

Une passion nationale

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Des plus petits jusqu’aux anciens, tous les Camerounais (ou presque) jouent au foot ! Et chaque événement est prétexte à l’effervescence.  

«Je suis heureux de vous recevoir et fier de vous accueillir ici dans ce haut lieu de la République pour vous féliciter à nouveau directement, individuellement et collectivement. Ce titre, vous l’avez remporté de fort brillante manière : meilleure défense, aucun but encaissé ; meilleure attaque : 9 buts marqués. Que demander de plus ? » Ainsi s’extasiait Paul Biya, recevant les Lions indomptables au Palais de l’unité, après une de leurs équipées victorieuses hors des frontières. Un rituel attendu par le public sportif camerounais, souvent précédé par un bain de foule des héros dans les rues de Yaoundé, avant l’entrée en fanfare pour un banquet au palais présidentiel perché sur le toit de la colline. Des agapes sont également suivies de décorations décernées aux footballeurs par le président lui-même.

JOIES ET DÉBORDEMENTS

Ce faisant, Paul Biya, qui préside personnellement la finale nationale de la Coupe du Cameroun chaque année, ne s’y trompe pas. Il sait que tout ce qui touche au football est scruté par ses concitoyens, passionnés du ballon rond. La moindre querelle dans la tanière des Lions indomptables peut provoquer des débats sans fin, parfois jusqu’à  l’hystérie. À la télévision, les émissions sportives se résument généralement à un enchaînement de sujets sur le football. La moindre élection dans une sous-structure de gestion du football devient une affaire de sécurité publique, et les autorités doivent déployer les forces de l’ordre pour contenir les débordements. Et, régulièrement, certaines fédérations sportives jalousent ouvertement le traitement princier accordé aux footballeuses et footballeurs du pays. Le chef de l’État a même dû rappeler tout le monde au calme, en soulignant qu’« au Cameroun il n’y a pas de sports majeurs, de sports mineurs, ni de sports réservés », rien n’y fait.

DES CADRES AUX DÉFAVORISÉS

Et pour cause, au pays de Roger Milla, nommé ambassadeur itinérant depuis qu’il a pris sa retraite, tout le monde ou presque pratique le football. Pour fêter les vingt-cinq ans de son parti l’année dernière, l’opposant Ni John Fru Ndi, 74 ans, n’a pas hésité à chausser les crampons pour livrer un match de gala. Même dans les plus grandes entreprises, des championnats interservices existent et un séminaire de direction laisserait ses dirigeants sur leur faim si tout ne se concluait pas par une rencontre amicale de football. Pour un cadre de la classe moyenne, le clou du week-end est incontestablement la  séance dite de « 2-0 » : plusieurs équipes s’agglutinent autour d’un stade et s’échauffent en observant celles qui jouent. La première équipe qui encaisse un but cède aussitôt la place à une autre. Un rituel qui s’achève invariablement par une troisième mi-temps bien arrosée dans les bars du coin, occasion pour chacun de vanter alors ses prouesses. Bien sûr, dans les quartiers défavorisés aussi, la moindre parcelle déserte est aussitôt transformée en terrain de foot par les jeunes. Les politiciens l’ont si bien compris qu’ils organisent régulièrement des championnats de vacances fortement primés pour se faire connaître auprès des jeunes de toutes les contrées.

Introduit au Cameroun vers 1920 par l’instituteur Charles Lalanne à Douala, le football camerounais connaît sa première équipe en 1922, le Club athlétique du Cameroun (CAC), fondé par le Sierra-Léonais George Goethe. Ce sport s’est vite popularisé à l’intérieur du pays, conduisant les autorités à créer une fédération dès 1959 pour structurer les compétitions et harmoniser les pratiques. Aujourd’hui, la fédération camerounaise, de football dont la direction est particulièrement convoitée, anime une demi-douzaine de compétitions nationales et chapeaute une ligue professionnelle.

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